Par Geneviève St-Denis
Frédéric Niemeyer est assurément une personnalité sportive « tendance » des dernières semaines. En 1995, personne ne pouvait prédire que ce jeune joueur de tennis sherbrookois réussirait à mener une chaude lutte au numéro un mondial Roger Federer lors de son dernier match à la Coupe Rogers de Montréal en 2009.
À l'approche de la retraite de Frédéric Niemeyer, j'ai eu envie de replonger dans mes souvenirs d'une rencontre avec ce sportif alors qu'il était âgé de 19 ans et que je faisais mes débuts en tant que journaliste à 15 ans. À l'époque, ce jeune homme très calme avait les deux pieds sur terre malgré une ascension qui laissait présager le meilleur. Mais déjà, il avait cette détermination et cette attitude positive qui caractérisent les gagnants. Frédéric Niemeyer était à ce moment le seul joueur de tennis canadien de la Middle Tennessee State University parmi 10 000 étudiants du monde entier.
Celui qui s'est initié à ce sport à 4 ans en Afrique avec son père m'avait confié que de se priver de sorties à l'adolescence afin de se consacrer à l'entraînement avait été un sacrifice difficile. « C'est surtout à ce moment-là que je me demandais si je devais continuer ou non parce que c'était très exigeant, mais ma passion pour le tennis reprenait toujours le dessus », avait-il expliqué.
Lorsqu'il a reçu une bourse d'une université américaine, il ne connaissait pas le calibre des joueurs de ce circuit alors il ne s'attendait pas nécessairement à ce que ses performances soient remarquées. Malgré quelques blessures, la pression et la forte compétition, il a atteint le 19e rang chez les joueurs universitaires américains en 1995. Bien contrôler ses émotions et ne pas se laisser dominer par ses craintes faisaient partie des secrets de son succès.
Quel était son plus grand rêve à 19 ans? « Terminer mes études, faire le circuit professionnel et bien me classer », avait-il répondu. Après 9 ans en Coupe Davis, deux participations aux Jeux olympiques et des matchs époustouflants à la Coupe Rogers la semaine dernière, Frédéric Niemeyer peut accrocher sa raquette à 33 ans avec le sentiment du devoir accompli.
Lors de notre entretien, il disait souhaiter entraîner des athlètes qui rêveraient de suivre ses traces après son parcours professionnel. Il a certainement l'étoffe d'un excellent professeur puisqu'il m'avait alors encouragée à pratiquer le tennis alors que je venais de jouer mon premier match à vie contre... ce champion sherbrookois! Oubliez le match revanche, je ne voudrais quand même pas ternir la fin de sa carrière. Bonne retraite bien méritée Frédéric!