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Amour, politique, confiance et vidanges…

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Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau
Mercredi 8 avril 2026

La lecture du titre de cette chronique doit vous laisser perplexe. Voyons donc, quel est le rapport ? Je vous l'explique. Jean-Marc Léger lorsqu'il nous livre ses commentaires sur le sondage de sa firme et qu'il discute des résultats en regard des intentions de vote pour l'un ou l'autre des partis et des chefs en présence, dit souvent que les Québécois veulent tomber en amour avec le politicien de leur choix. Ce qui explique selon lui les brusques variations des appuis de la population envers des partis et des chefs. Il cite volontiers le cas de Jack Layton ou encore celui de François Legault au lendemain de la pandémie. Or, pour que nous puissions tomber en amour avec un personnage politique, il faut tout comme nous dans nos relations amoureuses qu'il existe la confiance. La confiance est la clé du chemin qui mène à l'amour véritable. Ainsi, lorsqu'un politicien brise le lien de confiance avec la population, l'amour s'évanouit et la déchéance est à ses portes. C'est ce qui est arrivé au premier ministre François Legault par le biais du dossier du troisième lien à Québec.

Parfois, l'amour n'est pas un coup de foudre, mais une relation soigneusement choisie pour des raisons rationnelles. Cela est souvent l'occasion d'un amour durable qui est basé sur l'intelligence des choses et le respect des personnes. Je suis d'avis que c'est ce type de relations qu'a noué la mairesse de Sherbrooke, Marie-Claude Bibeau avec les citoyennes et citoyens de Sherbrooke. Dans une campagne électorale rondement menée, Marie Claude Bibeau a promis de rétablir la décence au conseil municipal et de prendre des décisions courageuses en fonction des intérêts supérieurs de tous même si cela nécessitait du courage. Après cinq mois de mandat, madame Bibeau a tenu parole. Dans une chronique antérieure, celle du 14 janvier, j'ai écrit que madame Bibeau avait de nombreux défis à relever, donc celui de la gestion des finances de la Ville mises à mal par divers problèmes provoqués ou non par les élus de l'ancien conseil. Elle le prouve une fois de plus avec la décision du conseil municipal sur le compostage.

Le compostage et ses enjeux

La gestion des matières résiduelles est un enjeu majeur pour toutes les municipalités, notamment dans un contexte où la pression sur les filières d'enfouissement augmente. À Sherbrooke, le coût d'enfouissement est très élevé, les divers conseils municipaux ces dernières décennies ont pris des mesures pour encourager le tri et la valorisation des déchets avec un succès assez significatif. C'est dans ce contexte que la récente décision du conseil municipal de Marie-Claude Bibeau d'espacer la collecte du compost soulève des inquiétudes. Il faut rappeler que l'objectif de la décision est d'abord et avant tout d'inclure le multilogement dans la cueillette du compost, mais à coût nul. Projet évalué à plus de 480 000 $, cela avait un impact non négligeable sur l'équilibre des finances de la Ville de Sherbrooke. Interrogée par le quotidien La Tribune, Marie-Claude Bibeau a déclaré que si la Ville avait choisi de maintenir la collecte toutes les semaines, en plus de desservir les multilogements, Sherbrooke aurait dû payer 480 000 $ supplémentaires. L'intégration de l'ensemble des multilogements aurait également dû attendre en 2028, par manque de ressources à l'heure actuelle. Madame Bibeau reconnaît que cela représente un changement dans les habitudes des gens. En politique, s'attaquer aux habitudes des gens est toujours un pari risqué et cela demande de puiser dans sa réserve de courage.

 

Le danger est que les citoyennes et les citoyens se désengagent du compostage et que cela vienne affecter les grands objectifs de la Ville en matière de gestion de ses matières résiduelles sur son territoire. La conseillère Danielle Berthold a déjà senti du mécontentement de la population et elle appelle à la mise en œuvre d'un plan de communication pour expliquer les motifs de cette décision à la population. D'autres s'inquiètent de la réaction des propriétaires des multilogements. Bref, une décision qui fera du bruit cet été et qui pourrait entraîner des répercussions sur le taux de popularité de la mairesse Bibeau. Derrière de petites décisions se cache parfois dans le flou des opinions un loup.

Bien comprendre les enjeux

Le conseil municipal a pris une décision afin de minimiser les impacts sur les équilibres budgétaires tout en assumant ses ambitions pour la gestion des matières résiduelles. L'un des principaux risques associés à l'espacement de la collecte du compost est le désengagement des citoyennes et des citoyens. Lorsque la collecte est moins fréquente, de nombreuses personnes peuvent être moins disposées à conserver leurs déchets organiques dans leur cuisine pendant de longues périodes. Cela peut aboutir dans la poubelle et devenir une matière à enfouir plutôt qu'à composter. Ce qui viendra annuler les efforts de nombreuses années pour inciter les citoyennes et les citoyens à de meilleures habitudes en matière de gestion des matières résiduelles.

Un autre aspect à considérer est le potentiel d'augmentation des nuisances liées à la conservation des déchets organiques. Avec des collectes moins fréquentes, les résidants risquent de se retrouver avec des bacs à compost débordants, attirant ainsi des insectes nuisibles tels que rongeurs et les vers blancs. Cela peut engendrer des problèmes de salubrité publique et nuire à la qualité de vie des membres de la communauté.

Nous sommes la solution...

J'arrive à la partie la plus intéressante de cette chronique, celle où je vous propose des solutions. En fait, la solution, c'est chacun d'entre nous. Nous sommes les premiers à critiquer les divers gouvernements pour les taxes et les impôts que nous payons, disant que cela est trop lourd. Nous sommes aussi les premiers à demander plus de services. Bref, souvent on veut le beurre et l'argent du beurre. Ne culpabilisez pas, nous sommes tous coupables. Or, la décision actuelle du conseil municipal nous place devant le choix de collaborer plus étroitement avec comme promesse que nous ne verrons pas nos taxes s'alourdir davantage. Par de petits gestes simples de notre quotidien, nous pouvons contribuer au mieux-être collectif. Le premier geste, c'est de continuer à composter comme nous le faisions avant et même d'améliorer nos pratiques pour réduire les matières à enfouir. Comment, me direz-vous ? Des petits trucs simples : mettre les aliments à composter dans un sac au congélateur et le sortir le jour de la collecte, vaporiser le bac avec du vinaigre à 20 % par volume pour éviter la naissance de petits vers blancs. Par ces petits gestes, vous ne serez pas importunés par des rongeurs et des insectes et vous contribuerez au mieux-être de nos finances publiques. Pas beau cela ?

La confiance au rendez-vous

L'espacement de la collecte de compost à Sherbrooke m'a amené à une réflexion politique mettant en vedette l'amour, la confiance et les vidanges. Drôle de prétexte, ne trouvez-vous pas, pour vous dire que je suis satisfait de la décision du conseil municipal parce qu'il me fait la preuve qu'il veut gérer nos taxes le plus optimalement possible. Il aurait été plus facile pour le conseil municipal de faire une fuite en avant ou pour retarder une fois de plus ce défi que constitue le compostage pour les immeubles multilogements. Ce n'est pas le choix qui a été fait. Le choix nécessite de notre part une solidarité réelle avec les objectifs financiers de notre ville. Nous avons l'occasion de faire quelque chose plus grand que nous, soit de faire communauté et corps avec nos pairs dans notre ville. C'est à cela que mène ma réflexion sur l'amour, la politique, la confiance et les vidanges... 

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