Le projet de transfert de gestion des résidences de
l'université de Sherbrooke vers une entreprise privée suscite de vives
réactions. Le Regroupement étudiant de maîtrise, diplôme et doctorat de
l'Université de Sherbrooke (REMDUS) et la Fédération étudiante de l'Université
de Sherbrooke (FEUS) dénoncent cette décision, qu'ils jugent préoccupante pour
l'avenir des résidences étudiantes.
Une gestion confiée au privé contestée
À la suite d'un appel d'intérêt lancé l'an dernier par
l'université, la gestion des résidences du campus principal doit être
transférée au Groupe Custeau, une entreprise privée. Cette annonce a provoqué
des inquiétudes au sein de la communauté étudiante de Sherbrooke.
Plusieurs étudiants, associations étudiantes et locataires
des résidences ont contacté le REMDUS et la FEUS pour exprimer leurs craintes
face à cette décision. En réponse, les deux organisations ont pris position
contre la génération de profits supplémentaires liée à la gestion des
résidences. Elles soutiennent que cette responsabilité devrait rester entre les
mains de l'université ou être confiée à un organisme à but non lucratif.
Des doutes sur l'abordabilité des résidences
Lors du processus d'appel à projets, le REMDUS et la FEUS
ont été consultés. Ils ont alors défendu l'importance de maintenir des
résidences accessibles et abordables pour les étudiants de Sherbrooke.
Cependant, malgré ces échanges, les deux associations
affirment qu'il est difficile de garantir que le transfert vers le privé
permettra de préserver des loyers abordables. Contrairement aux affirmations de
l'Université de Sherbrooke, aucune projection des coûts de loyers n'a été
présentée lors des discussions entourant le projet de rénovation et de
modernisation des résidences.
Marc-Olivier Jacob, responsable des affaires politiques et
externes du REMDUS, souligne que l'absence d'estimation des loyers après les
travaux est préoccupante. Selon lui, le fait de céder la gestion sans connaître
les impacts financiers revient à prendre un risque important pour la communauté
étudiante.
Transparence réclamée à l'Université de Sherbrooke
Dans un contexte marqué par une crise du logement et une
précarité étudiante croissante, la FEUS estime que cette décision soulève des
enjeux majeurs. Sa représentante, Fatou Ramatoulaye Kante, insiste sur la
nécessité d'une transparence complète de la part de l'université.
Elle affirme qu'il est essentiel de rendre publics les
impacts réels du projet, notamment sur les loyers, l'accessibilité des
résidences et la qualité de vie des étudiants. Selon la FEUS, les intérêts
financiers ne doivent pas l'emporter sur les besoins de la communauté étudiante
de Sherbrooke.
Une annonce qui suscite des inquiétudes
Le REMDUS et la FEUS reconnaissent l'importance d'offrir des
milieux de vie sécuritaires et favorables à la réussite. Toutefois, ils
estiment que ce projet de privatisation des résidences arrive dans un contexte
difficile pour les étudiants.
Source : Marc-Olivier Jacob, étudiant à la maîtrise en
politique appliquée, direction aux affaires politiques et externes