La religion repose sur des croyances. Il faut avoir la foi
pour croire. La phrase semble ironique, mais non. Des millions de personnes ont
la foi sur notre planète. Ils ont pris la décision (influencée, imposée ou non)
de croire en un dieu créateur du ciel et de la terre. La récompense ultime de
cette croyance : la vie éternelle.
Est-il bon ou mal de croire ? La réponse vous revient. Ce
serait immensément prétentieux d'imposer une réponse globale à quelque chose
qui relève, à la base, de chaque individu.
Jipé Dalpé apporte un questionnement et une réflexion dans
sa chanson La vie après la vie.
J'aime ben l'idée d'un paradis
La vie après la vie
Est-ce que c'est mieux qu'ici ?
Moi, j'en attends gros du paradis
Mais ça a besoin d'être beau, as-tu vu l'prix ?
Le prix? Il faut d'abord mourir. Quand même assez
dispendieux et, surtout, impliquant !
Le philosophe Blaise Pascal y allait de façon toute
rationnelle dans sa théorie des jeux, il prend la question comme un pari : soit
on croit, soit on ne croit pas. Il fait le pari qu'il vaut mieux croire. Après
tout, si c'est vrai qu'il y a une vie après, il vaut mieux y croire et se
rassurer tout au cours de notre vie avec cette notion. De l'autre côté, si on y
croit et qu'il n'y a rien après, eh bien, on aura vécu le potentiel réconfort
de l'esprit pendant notre vie et après? Aucune conséquence, puisqu'il n'y aura
rien d'après cette hypothèse
Donc, rationnellement, il vaut mieux croire, dit-il.
Mais tout ça témoigne du fait que croire repose sur une
décision. Et plus les générations de croyants se suivent et plus le choix
devient automatique, voire imposé.
Je me dis tout ça, cette semaine, en constatant que Pâques,
au Québec, ne revêt plus le caractère religieux qu'il a eu jadis. Je dis jadis
(c'est un peu fort), mais du haut des mes presque 65 ans, je me souviens des
années où on nous racontait la passion et la crucifixion de Jésus, puis on
célébrait sa résurrection. Mais dès mon adolescence, la lumière faiblissait !
J'avoue que ce n'était pas clair pour moi, toute cette notion
du fils sacrifié pour nous nettoyer d'un péché originel qui nous punissait
d'une faute basée sur le désir il y a si longtemps...
Remarquez que rien n'est évident dans le concept global de
Pâques! Les poussins de Pâques d'un côté, et de l'autre, le fait que les œufs
de Pâques semblent être pondus par des lapins. Pas simple...
La pyramide
Au-delà de la croyance personnelle, de la vie éternelle et
de ce qu'elle apporte de réconfort, de l'application des valeurs de partage qui
sont prônées par les religions, il faut bien voir le spectaculaire et très
efficace outil d'organisation de la société.
Parce qu'il y a ce côté de la religion qui devient moins
brillant sous la lumière du soleil quotidien : le fait que tout est basé sur
une sorte de menace. Si on ne veut pas agir en conformité avec les écrits, nous
serons punis.
C'est là que la pyramide s'installe. Chaque religion dispose
de son chef, peu importe son titre. Un chef qui est le messager ultime du dieu
qu'on vénère et qui transmet sa parole. Tout ça peut mener à des formes d'excès
et de contrôle sur des milliers, voire des millions de personnes.
Et la personne en tête a raison. Elle incarne une sagesse
inspirée en ligne directe de la volonté d'un dieu.
Mais quand on va à la guerre et qu'on tue au nom d'un dieu,
je décroche.
Je décroche parce que tout ça sonne faux. Il ne peut être
prescrit quelque part de tuer celle ou celui qui ne croit pas comme nous. C'est
une absurdité.
Quand le système qui se base sur la foi des commettants se
met à abuser de son pouvoir, la crainte de Dieu crée un état d'assouvissement
par rapport à ses représentants sur terre.
Je regarde nos sociétés s'entretuer. J'entends les
dirigeants référer à leur dieu à la fin de leurs allocutions et je baisse la
tête d'incompréhension.
La vie en société est difficile. J'en conviens. Vivre en
côtoyant les différences des autres n'est déjà pas si simple. Mais quand on
coiffe le tout du chapeau de la religion, ça ne fait que créer des clivages;
que séparer les gens; que semer une haine pour qui ne prie pas comme nous.
Et c'est là, devant cette absurdité que je me demande où
peut bien se tenir l'arbitre du match. Dit autrement : puisqu'il y a
visiblement plusieurs dieux, bien, ces dieux, eux, ils sont redevables à qui?
Insoluble, je disais.
Clin d'œil de la semaine
« Tu ne tueras point » demeure un des 10
commandements de Dieu pour les chrétiens. Alors qui a ajouté les mots « sauf
si... »