La filière acéricole québécoise traverse une période
critique. À court terme, l'approvisionnement en sirop d'érable pourrait être
compromis si les 2 500 hectares de terres publiques promis par le ministère des
Ressources naturelles et des Forêts (MRNF) ne sont pas attribués rapidement aux
producteurs et productrices acéricoles en Estrie.
Ces superficies, déjà identifiées par des producteurs
voisins et en grande partie inventoriées par des ingénieurs forestiers, restent
pourtant inaccessibles. Les raisons évoquées demeurent floues et difficilement
justifiables selon les acteurs du milieu acéricole.
Des retards qui inquiètent les producteurs acéricoles
Alors que le MRNF a su agir rapidement pour soutenir
l'industrie forestière sur les terres publiques, la situation est bien
différente pour les entreprises acéricoles. Le ministère tarde à concrétiser
des engagements pourtant clairement annoncés.
Selon les producteurs et productrices acéricoles de l'Estrie
(PPAE), tout laisse croire qu'un ralentissement volontaire freine la mise en
production de ces hectares essentiels. Cette situation soulève des questions
sur la gestion des ressources publiques et sur la capacité du ministère à
répondre aux besoins du secteur acéricole.
Une industrie enracinée et stratégique pour le Québec
Le président des PPAE, Jonathan Blais, rappelle que
l'industrie acéricole est profondément enracinée au Québec et qu'elle ne
réclame ni traitement de faveur ni investissements massifs.
Il souligne que cette activité, centrée sur le sirop
d'érable « de l'érable jusqu'à la table », contribue directement à l'économie
régionale. Les revenus, les investissements et les bénéfices générés par les
entreprises acéricoles dynamisent les régions, notamment en Estrie.
Dans ce contexte, les retards actuels apparaissent d'autant
plus préoccupants qu'ils touchent une filière étroitement liée à l'identité
économique du Québec.
Des demandes claires adressées aux élus
Face à l'impasse, les PPAE interpellent directement le
député de Mégantic et whip en chef de la CAQ, François Jacques, afin qu'il
intervienne auprès du MRNF ou du ministre Jean-François Simard pour accélérer
le dossier.
L'enjeu est de taille : ces 2 500 hectares représentent
environ 80 millions de dollars en investissements locaux. Les producteurs
espèrent également une intervention du ministre de l'Agriculture, Donald
Martel, pour rappeler l'importance de l'acériculture dans la croissance du
nombre d'entreprises agricoles au Québec.
Les PPAE sollicitent en parallèle l'appui des MRC du Granit,
du Haut-Saint-François et des Sources, pour qui l'accès aux terres publiques
constitue un levier économique majeur.
Une communauté prête, mais en attente
Sur le terrain, la mobilisation est déjà bien réelle. Les
producteurs acéricoles sont prêts à mettre en valeur ces terres et à contribuer
à la croissance de la production de sirop d'érable.
Cependant, selon les PPAE, il ne manque qu'un élément
essentiel : une volonté politique claire pour respecter les engagements pris et
débloquer rapidement la situation.
Une filière clé à préserver
Les producteurs et productrices acéricoles de l'Estrie
représentent plus de 2 000 acériculteurs et acéricultrices, répartis au sein de
1 085 entreprises. À l'échelle mondiale, le Québec assure en moyenne 72 % de la
production de sirop d'érable et exporte vers plus de 70 pays.
Source : Valéry Martin, Fédération de l'UPA-Estrie