Société Arts & culture Sports Chroniqueurs Concours Annonces Classées

  CHRONIQUEURS / L'Agora

Les maudits gauchistes

 Imprimer   Envoyer 
Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau
Mercredi le 24 avril 2024

Le dernier discours du budget du gouvernement de Justin Trudeau, présenté à la Chambre des communes mardi dernier, a comme prévu, été plutôt mal accueilli par les experts et les adversaires politiques de Justin Trudeau. Il faut dire que la myriade d'annonces prébudgétaires laissait peu de place à des commentaires novateurs. Le dernier retranchement des experts était de critiquer le niveau de déficit faisant suite aux annonces de Justin des semaines précédentes. Ils auront été déçus puisque le déficit était pile ce qui avait été prévu lors de la mise à jour budgétaire de l'automne dernier. Il ne reste plus qu'à critiquer l'orientation générale du gouvernement qui privilégie les gens plutôt que les colonnes de chiffres alignés pour le bon plaisir des adeptes inconditionnels du néo-libéralisme. C'est ce qu'on fait analystes, experts et adversaires de Justin Trudeau en le clouant au pilori pour son virage à gauche toute. Quel virage en fait ? Réflexion libre sur la gauche et la droite au Canada.

Trudeau, le vil gauchiste

Dès son arrivée à la tête du Parti libéral du Québec, Justin Trudeau a voulu que son leadership soit tout entier dévoué aux gens. Il disait alors qu'il voulait travailler à améliorer les conditions de vie et les chances de toutes les Canadiennes et de tous les Canadiens de la classe moyenne qui travaillent fort. Plus que tout autre chef avant lui, Justin Trudeau a voulu se faire un leader transformationnel pour aider les Canadiennes et les Canadiens. La crise de la pandémie n'a qu'accentué cette tendance de Justin Trudeau à se faire l'avocat des conditions de vie des personnes de la classe moyenne. D'ailleurs, n'a-t-il pas en pleine campagne électorale promis de faire des déficits ?

On ne peut pas aujourd'hui s'étonner que le gouvernement Trudeau ne fasse pas de boutons sur les fesses avec la question du déficit. Dans cette perspective, le dernier budget du gouvernement Trudeau s'inscrit pleinement dans le registre habituel de ses actions en matière budgétaire. Bien sûr, de nombreuses voix se font entendre pour réclamer un plan de retour à l'équilibre budgétaire. Elles notent que le paiement des intérêts de la prochaine année sera équivalent aux revenus de la TPS. Par ailleurs, dans le dernier budget, le gouvernement Trudeau emprunte au programme du NPD et décide de taxer davantage les plus riches et le capital. Cette taxation des ultra-riches comme ils le disent touche peu de gens en fait, mais elle touche des gens puissants qui ont des moyens disproportionnés pour se faire entendre. Cela ne peut pas passer comme une lettre à la poste. Le néo-libéralisme a encore de nombreux adeptes chez nous comme ailleurs dans le monde.

Un bon ou un mauvais budget ?

Pour ma part, je considère le dernier discours du budget comme un budget conjoncturel qui prend en compte à la fois les besoins de la population canadienne, se positionne dans la lutte à venir avec les conservateurs de Pierre, - mini-Trump, - Poilievre et qui tient compte de la nécessaire adhésion du NPD pour se maintenir en poste comme gouvernement. C'est un budget dépensier qui fait une large place à la satisfaction des besoins de la population canadienne avec des dépenses structurelles qui ne vont qu'augmenter dans le temps et qui de façon responsable vient taxer davantage les plus riches notamment par la hausse de 16 % de l'imposition du gain en capital pour les montants supérieurs à 250 000 $. Les entreprises casqueront aussi. Pour ce qui des autres mesures, il est à noter que des sommes sont prévues pour l'innovation, l'intelligence artificielle, le logement et l'accès à la propriété. Il est vrai que l'utilisation du pouvoir de dépenser fédéral dans des champs de compétences des provinces vient alourdir les déficits. Cet aspect des choses est un frein au retour à l'équilibre budgétaire et est une menace pour l'avenir du fédéralisme canadien. Justin Trudeau a beau dire que les gens ne s'intéressent pas aux querelles de juridiction, mais il sous-estime l'importance de l'équilibre des pouvoirs entre les divers gouvernements dans le cadre d'un régime fédéral en santé. Qui plus est, les dépenses dans les champs de juridiction des provinces pavent la voie à l'élection de Pierre - mini-Trump - Poilievre. Comment me direz-vous ? La stratégie des libéraux est de créer un climat politique de campagne qui va obliger Poilievre à dire quels services il va couper pour réduire le déficit et les taxes. C'est du moins le plan de match libéral. Or, Poilievre peut très bien se délester du problème en décidant de hausser substantiellement les transferts fédéraux en santé et services sociaux et laisser aux provinces l'odieux de décider ce qu'elles conserveront comme services. Ainsi, Poilièvre réduira à néant la stratégie électorale que lui ont concoctée Justin Trudeau et ses sbires.

Le budget et ses suites

Une chose est certaine c'est que le dernier budget Trudeau ne passera pas à l'histoire. Je l'ai écrit plus tôt, c'est un budget situationnel qui répond aux exigences du temps politique actuel. Certes, ce budget sera la matière première principale des discours de positionnement électoraux de chacune des formations politiques. Le NPD est à cet égard le moins bien positionné puisque les libéraux lui ont ravi sa place à la gauche de l'échiquier politique. La prochaine campagne électorale aura donc des thèmes qui s'opposeront, les centralisateurs versus les provincialismes, les néo-libéraux versus les progressistes. Le budget du gouvernement Trudeau sera l'amplificateur de son discours progressiste pour aider les citoyennes et les citoyens du Canada.

J'ai déjà écrit dans cette chronique l'idée que les budgets des États ne sont pas l'équivalent des budgets personnels. Il ne faut pas voir les déficits d'un État comme les personnes regardent leurs passifs personnels dans leurs bilans financiers. Ce qui importe c'est de mesurer si les dépenses qui mènent à un déficit sont de bonnes ou de mauvaises dépenses. Dans le dernier budget Trudeau, qu'importe ce que peuvent en dire certains experts, les dépenses sont de bonnes dépenses et elles visent à améliorer les conditions de vie des gens au Canada. Les discours néo-libéraux que nous sert l'ex-chef du NPD, Thomas Mulcair, sont indignes d'un ancien leader de gauche. A-t-il déjà été à gauche ? C'est la question à se poser en écoutant ses commentaires à la radio et à la télévision.

Venir en aide aux Canadiennes et aux Canadiens en ce temps de crise et chercher à aider l'accès à la propriété pour les plus jeunes est une cause noble qu'enfourche le gouvernement libéral de Justin Trudeau. Celles et ceux qui ne croient pas que les classes sociales et la pauvreté existent au Canada n'ont qu'à lire le récit coup de poing de Jean-Philippe Pleau sur son enfance Rue Duplessis, ma petite noirceur, publié chez Lux tout récemment. Ils constateront que la pauvreté et la culture de la pauvreté existent bel et bien chez nous même en 2024. Ils seront moins virulents contre les maudits gauchistes...


  A LIRE AUSSI ...

L’infantilisme de la gauche québécoise

Mercredi le 8 mai 2024
L’infantilisme de la gauche québécoise
Un constat d’échec

Mercredi le 15 mai 2024
Un constat d’échec
Se raconter des histoires…

Mercredi le 1 mai 2024
Se raconter des histoires…
NOS RECOMMANDATIONS
Le Groupe Beaucage décroche l’or au  palmarès des Sociétés les mieux gérées au Canada

Mardi le 14 mai 2024
Le Groupe Beaucage décroche l’or au palmarès des Sociétés les mieux gérées au Canada
Les policiers de Sherbrooke enquêtent sur un incendie d'origine criminelle

Mardi le 14 mai 2024
Les policiers de Sherbrooke enquêtent sur un incendie d'origine criminelle
Un partenariat radiophonique unique entre Sherbrooke et la France

Mardi le 14 mai 2024
Un partenariat radiophonique unique entre Sherbrooke et la France
PLUS... | CONSULTEZ LA SECTION COMPLÈTE...

 
François Fouquet
Mardi, 21 mai 2024
Rien de plus important… que le cellulaire

Daniel Nadeau
Mercredi, 15 mai 2024
Un constat d’échec

inscription infolettre 600
Grève possible à la Société de transport de Sherbrooke Par Julie Meese Lundi, 13 mai 2024
Grève possible à la Société de transport de Sherbrooke
Un constat d’échec Par Daniel Nadeau Mercredi, 15 mai 2024
Un constat d’échec
Un partenariat radiophonique unique entre Sherbrooke et la France Par Julie Meese Mardi, 14 mai 2024
Un partenariat radiophonique unique entre Sherbrooke et la France
ACHETEZ EstriePlus.com
bannières | concours | répertoire web | publireportage | texte de référencement | site web | vidéos | chroniqueur vedette
2024 © EstriePlus.com, tous droits réservés | Contactez-nous