Ahurissant.
C'est le mot le plus juste pour décrire la situation politique du monde
occidental. Dans des chroniques précédentes, j'ai pu commenter les discours de
Mark Carney et de Paul St-Pierre Plamondon sur l'unité nationale canadienne et
nos relations avec les États-Unis. J'ai aussi témoigné de mes opinions quant au
départ du premier ministre Legault en m'efforçant de lui reconnaître un certain
mérite pour avoir créé un parti politique qu'il a niché dans le paradoxe bien
québécois de ni pour, ni contre, bien au contraire. Il reste que même en
puisant dans mon imagination, jamais je n'aurais pu concevoir le cirque actuel
sur la scène politique québécoise. Vivement des élections pour renouveler la
députation qui me semble incapable de diriger les destinées du Québec.
L'indécision c'est la plus mauvaise décision
Ce sous-titre
est une phrase prononcée la semaine dernière par le candidat à la course au
leadership Bernard Drainville. Ce personnage politique haut en couleur et au
verbe intarissable n'aurait pas pu mieux résumer ce qu'est devenu le
gouvernement de François Legault au fil des ans. Ses allers-retours sur le troisième
lien, son incapacité de prendre des décisions et de les tenir, ses discours
vaporeux sur l'immigration, son obsession pour les symboles nationaleux, autant
de raisons qui expliquent le désamour des Québécois envers la Coalition avenir
Québec. Ce n'est pas l'actuelle course au leadership qui va requinquer la CAQ
auprès de l'électorat. Oui, je sais la candidate Christine Fréchette est
inconnue pour la plupart d'entre nous. Nous ne détestons pas habituellement ce
que nous ne connaissons pas. Reste que malgré tout, madame Fréchette est membre
à part entière de ce gouvernement aujourd'hui mal aimé. À ce titre, elle a été
solidaire, à titre de membre du conseil des ministres, des décisions du
gouvernement Legault. Elle ne peut pas nous carneyniser puisqu'elle
était partie prenante aux décisions contrairement à Mark Carney qui n'était pas
un ministre de Justin Trudeau.
Il n'est pas
intéressant de s'intéresser à son parcours. Fille de Trois-Rivières qui a fait
carrière dans l'est de Montréal, elle a été une militante du PQ et a œuvré au
sein de cabinets politiques péquistes dont celui de Jean-François Lisée où elle
a démissionné parce qu'elle s'opposait à la Charte des valeurs du gouvernement
Marois piloté par Bernard Drainville. Tiens, tiens, pas d'amour perdu entre ces
deux personnalités politiques. Depuis qu'elle est ministre du gouvernement
Legault, elle s'est distinguée par son approche plus inclusive à l'immigration.
Elle avait une vision plus libérale de la question que celle étroitement
nationaliste du gouvernement caquiste qui voulait en prendre moins et en
prendre soin. La rumeur veut qu'elle ait réussi à faire triompher son point de
vue auprès de monsieur Legault. Cela témoigne de son habileté politique, mais
rend dubitatif de retrouver dans ses appuis l'actuel ministre de l'Immigration,
Jean-François Roberge. Nous n'en sommes pas à un paradoxe près dans cette
course et dans l'examen des appuis de l'un ou l'autre des candidats.
La
candidature de Bernard Drainville soulève plus de questions encore que celle de
Christine Fréchette. Outre le fait qu'il donne l'impression de vouloir devenir
le premier ministre de la région Chaudière-Appalaches avec son obsession pour
le troisième lien, il serait intéressant de le voir revêtir les habits de
Capitaine Canada si jamais il y avait un référendum et qu'il se retrouverait
chef de l'opposition. Ses plaidoyers puissants pour le pays du Québec que l'on
peut trouver facilement sur le Web viendront le hanter à coup sûr. Mais cela ne
se limite pas à la CAQ. Les libéraux et les solidaires ont aussi leurs propres
casseroles.
Le spectre de Marwah Rizqy
Le départ de Pablo Rodriguez laisse des traces énormes au
Parti libéral du Québec. L'entrevue qu'il a accordée à la revue L'actualité
dans laquelle il se dit victime d'un push et les déclarations de
mesdames Hinse et Rizqy par avocats interposés ne viennent en rien éclaircir
les mystères et les enquêtes du DGEQ et de l'UPAC. Le dépôt du rapport commandé
par le PLQ lui-même ne vient pas aider à clarifier les choses. J'ai écrit au
moment de cette crise que cela me semblait une dispute et des querelles d'égos
entre deux femmes qui avaient pourtant la confiance de Pablo Rodriguez.
Aujourd'hui, j'en suis convaincu plus que jamais. Cela dit, la terre continue
de tourner. Et dans un avenir prochain, le Parti libéral du Québec aura un
nouveau chef, Charles Milliard. Cela fera un bien énorme tant au PLQ qu'au
Québec. Enfin, il y aura un adulte dans la pièce. Reste que le futur nouveau
chef, si je me permets de lui prodiguer un conseil, ne devrait pas se laisser
entraîner dans la spirale des querelles du passé. À aucun prix, il ne doit
réintégrer Marwah Rizqy dans le caucus libéral. De toute manière, elle quitte
la vie politique dans la prochaine année et elle a choisi de se retrouver dans
la situation là où elle se trouve. Ce n'est pas important de savoir si elle a
eu raison ou tort, si le congédiement de madame Hinse était abusif ou non, ce
que nous devons savoir c'est la nature des politiques que le Parti libéral du
Québec proposera au Québec au cours des prochaines élections afin de nous
épargner de vivre un drame référendaire inutile avec l'affaiblissement du
Québec qui en résultera. Le Québec doit se concentrer sur les vraies affaires
comme le disait Philippe Couillard dans le bon vieux temps : l'économie,
les impôts et la remise en forme de nos systèmes de santé et d'éducation.
Chez les bleus :
souverainistes et conservateurs
Je ne veux
pas réécrire ma chronique de la semaine dernière, mais je trouve que le projet
du bellâtre St-Pierre Plamondon de nous pousser un référendum à tout prix au
travers de la gorge même si deux tiers d'entre nous n'en veulent pas témoigne
d'un jusqu'au-boutisme politique qui le perdra le jour de l'élection. Je sais
que les sondages récents donnent encore le Parti québécois gagnant, mais je
doute fortement que ces sondages se réalisent dans l'urne le jour de
l'élection. J'ai peine à croire que nous élirons un gouvernement avec lequel
nous ne partageons pas les orientations fondamentales. Mais, comme le dit
souvent le premier ministre Legault, on verra...
Chez les
solidaires, le départ de Marissal pour se retrouver au Parti québécois le jour
du vote ne fait qu'affaiblir davantage cette voie de gauche originale et
essentielle au Québec. Il faut dire que les départs de plusieurs ténors de ce
parti laissent de grandes chaussures à remplir pour la sympathique Ruba Ghazal.
Il s'agit d'écouter la voix de Françoise David afin de se rappeler le chemin à
parcourir pour les solidaires.
Puis, il y a l'ineffable
Éric Duhaime et ses conservateurs. On peut penser qu'il fera bonne figure dans
la région de Québec dans la mesure où le troisième lien ne vient pas occulter
tout le reste. Il serait bénéfique pour la démocratie québécoise que la voix
des conservateurs trouve une place dans notre assemblée nationale.
Tout ce qui est exagéré devient insignifiant...
Les enjeux de
la prochaine élection seront clairs et cette élection est importante parce
qu'elle permettra de renouveler la députation à l'Assemblée nationale.
L'actuelle législature est au bout de son rouleau. Le gouvernement de la CAQ
est usé à la corde. Nous avons besoin d'un nouveau gouvernement à Québec pour
faire face aux menaces de notre voisin du Sud et pour permettre à l'économie du
Québec de progresser dans ce nouvel environnement. Nos systèmes de santé et
d'éducation ont besoin d'une attention soutenue et énergique. Nous avons
surtout besoin de repartir à zéro sur de nouvelles bases. Pour le moment, le
Québec est en berne...