« Épouvantable guerre ! »
J'ai eu cette réflexion à voix haute cette semaine. La
réaction m'a surpris : « Ouin, mais c'est inévitable. Il y en aura toujours.
Regarde à travers l'histoire! » Puis, devant ma non-réaction : « Dis-toi qu'on
est nés du bon côté du monde! »
Ça me roule dans la tête depuis quelques jours.
Et même si je ne ressens pas le danger de voir mon quartier
attaqué alors que je suis au bureau; même si je ne crains pas que mes proches
partent pour la guerre; même si je ne me stresse pas quand j'entends le bruit
d'un avion dans le ciel, je n'arrive pas à trouver un peu de zénitude quand il
est question de guerre.
Un proche disait, cette semaine : « Les États-Unis sont
probablement la place la plus sécuritaire pour voyager! »
J'aimerais le croire. Mais il est difficile de croire que ce
pays peut aller se mêler des affaires d'autres pays sans même en parler à ses
collègues du Congrès sans qu'un jour quelqu'un ne passe à l'attaque contre lui.
C'est aussi sans compter que la paix sociale est compromise
au sud de nos frontières.
Mais revenons à la guerre directe.
La Russie devait battre l'Ukraine en quelques jours. Israël
devait anéantir la bande de Gaza en quelques jours. Les États-Unis devraient
nettoyer les forces au pouvoir en Iran en quatre ou cinq semaines.
Je remarque que l'unité de mesure quant à l'efficacité d'une
guerre est le temps. Le nombre de civils tués? On s'en fout. Complètement.
C'est le prix pour faire le « ménage » et, de toute façon, c'est la faute de
celui qui est attaqué. Attaquer un hôpital est un scandale? Pas de la faute de
l'assaillant : suffit de prétendre que le sous-sol est occupé par des gens du
pouvoir. Une fois cela dit, pas besoin de preuves. On les attaque à l'endroit
où on prétend qu'ils se terrent...
Si je n'avais pas peur de mettre en péril ma santé mentale,
j'aimerais entrer dans la tête d'un de ces dirigeants. Juste voir comment c'est
de vivre avec le détachement de ces gens imbus du pouvoir ultime, celui de
tuer.
J'aimerais comprendre comment on peut tuer autant de civils
et réclamer ensuite un prix Nobel de la Paix.
L'histoire
L'histoire se répète. Mon hypothèse est qu'elle se répète ad
nauseam parce qu'on n'apprend pas.
« Savoir d'où on vient pour savoir où on va! » C'est
exactement ce qu'on fait quand on dit « Que veux-tu, c'est comme ça. Il y aura
toujours la guerre. L'histoire en témoigne. »
On sait où on s'en va : en guerre. C'est presque banal.
Surtout quand nous ne sommes pas touchés.
Je me dis que si on tirait un minimal apprentissage de tout
ça, on dirait plutôt : « Savoir d'où on vient pour éviter que les gestes se
répètent toujours ».
Ce serait probablement trop simple.
Les guerres sont d'une banalité troublante quand elles se
résument à simplement compter les jours ou les morts.
Dans toute guerre, il y a bien plus de vies, de rêves et
d'espoirs brisés qu'il n'y a de décès. Mais le tableau des résultats n'affiche
pas ces données.
Quand un gouvernement se permet de publier des vidéos
officielles dans lesquelles il mélange des images du jeu Call of duty avec de
vraies images des attaques en Iran, eh bien, Houston, on a un problème!
Clin d'œil de la semaine
Tout est relatif.
Pendant qu'on s'enrage littéralement après le trafic
automobile qui fait qu'on va arriver deux minutes plus tard à la maison, des
gens se demandent s'ils vont récupérer le moindre effet personnel de leur
maison bombardée.