Paul
St-Pierre Plamondon, le bellâtre et faiseur de leçons, réclame posséder seul le
monopole du sérieux, de la compréhension de l'intérêt du Québec et accuse
celles et ceux qui ne sont pas de son avis de mener des campagnes de peur.
Ainsi, dans la vision du monde de Paul St-Pierre Plamondon quiconque s'oppose à
la souveraineté du Québec est soit un Québécois apeuré ou un faux Québécois ou
pire encore un Québécois vendu aux intérêts d'un pays étranger, le Canada. Rappelons
sa déclaration sur la culture québécoise et le financement fédéral.
Nous
retrouvons ainsi les vieux discours des décennies des années 80 où il y
avait les vrais Québécois et les faux Québécois. Les Québécois traîtres à leur
nation au nom de leurs petits intérêts superficiels comme l'avait bien illustré
le documentaire de Denys Arcand intitulé : Le confort et l'indifférence.
Je rêve. Nous allons revivre selon Paul St-Pierre Plamondon une sorte de retour
vers le futur où le Québec se divisera encore sur l'idée fumeuse de « je veux
un pays, je veux un pays, à tout prix. » Comme je l'ai souvent écrit dans
plusieurs de mes chroniques, le Canada est mon pays et le Québec est ma patrie.
On peut être fier d'être Canadien et se sentir pleinement Québécois. On peut
surtout défendre l'appartenance du Québec au Canada sans diviser la population
du Québec en bons et mauvais Québécois. Bref, on peut être à la fois fier de
son appartenance canadienne tout en ayant un fort sentiment d'attachement au
Québec.
L'appartenance du Québec au Canada
On feint
souvent de l'oublier, mais le Canada et l'exploration des territoires ont été
largement faits par nos ancêtres français. Le pays Canada a été fondé sur
l'énergie et la vision de nos ancêtres de souche française. Ce pays nous
appartient autant qu'il appartient aux Rest of Canada. Nous partageons
des racines historiques communes qui remontent à l'histoire de la colonisation
européenne. Avec la création de la Nouvelle-France, puis après la conquête
britannique, les provinces de l'Ontario et du Québec ont été réunies dans le
cadre de la Confédération canadienne en 1867. C'est cette histoire commune qui
a permis de bâtir une identité canadienne partagée malgré les différences
linguistiques et culturelles. Je sais, on peut parler de l'opposition des
Rouges d'Antoine-Aimé Dorion, des trahisons de John A. Macdonald et discuter
des convictions de Georges-Étienne Cartier, mais cela ne change pas que la
réunion des provinces dans la Confédération canadienne a été réalisée. Il y a
eu de nombreux incidents entre francophones et anglophones durant l'histoire
surtout sur les droits linguistiques au Manitoba et en Ontario. J'en conviens.
Il n'en
demeure pas moins que durant le 20e siècle, le Québec a joué un
rôle crucial dans la consolidation d'une identité canadienne distincte des
États-Unis d'Amérique. Le Canada est une mosaïque interculturelle notamment
grâce à la présence du Québec qui a joué un rôle majeur pour défendre la langue
française au Canada. Le Québec avec sa culture francophone, ajoute une
dimension essentielle à la diversité canadienne. La présence du Québec au sein
du Canada est un exemple probant de la coexistence de différentes cultures et
favorise un dialogue interculturel qui enrichit l'identité canadienne. La
culture québécoise englobant la littérature, la musique, le cinéma et la
gastronomie contribue d'une manière significative à l'identité nationale
canadienne.
Le Québec, en
tant que province à part entière, participe activement aux institutions
politiques canadiennes. Les députés québécois occupent des sièges au Parlement
et jouent une influence marquante au sein du conseil des ministres. Cette
représentation forte est primordiale pour le respect des particularités
québécoises. La Loi sur la langue officielle adoptée en 1969 a garanti aux
Québécois et à tous les francophones du pays des droits linguistiques
favorisant l'intégration des francophones tout en soutenant l'identité
francophone canadienne. En plus, le Québec possède une économie dynamique qui
interagit étroitement avec les autres provinces canadiennes. Les échanges
commerciaux, la coopération dans les secteurs de l'énergie, de la technologie
et de l'éducation créent des liens économiques indissolubles que le
gouvernement de Mark Carney travaille à renforcer.
Les avantages d'appartenir au Canada
En tant que
province du Canada, le Québec bénéficie de programmes fédéraux qui soutiennent
l'éducation, la santé et les infrastructures. Ces ressources permettent à la
province d'améliorer la qualité de vie de ses citoyens tout en contribuant au
développement national. Le Canada, en tant que fédération, offre une stabilité
économique que le Québec ne pourrait pas garantir à lui seul. Si nous trouvons
que les menaces que fait peser le président américain Donald Trump sur le
Canada sont déstabilisantes, on a peine à imaginer ce qu'il adviendra d'un
Québec isolé du reste du Canada. Trump n'aura pas un grand respect pour notre
langue ni pour nos communautés autochtones. Pour le Québec, appartenir au
Canada permet à son économie d'accéder à un marché de près de 40 millions
d'habitants et à profiter des relations commerciales solides nouées avec
l'Europe et bientôt l'Inde et même la Chine. Il faut être myope pour ne pas
voir que la séparation du Québec du Canada donnerait lieu à des années
d'incertitudes et de turbulences.
Que l'on
veuille chipoter sur les chiffres et affirmer que poser des questions ce sont
des campagnes de peur, on ne peut nier que les investisseurs ont tendance à
privilégier la stabilité et la prévisibilité. L'incertitude politique liée à la
séparation du Québec pourrait dissuader les investissements étrangers,
affectant des secteurs clés comme la technologie, l'aérospatiale, et le secteur
manufacturier. Les entreprises pourraient être réticentes à établir des
opérations dans un pays émergent qui a changé de statut et dont le cadre
législatif et économique reste à définir.
Des années d'incertitudes inutiles et
improductives
Je crois que
l'option souverainiste est légitime. Je suis aussi d'avis que le Québec
réussira après de nombreuses années d'incertitudes et de turbulences à tirer
son épingle du jeu, mais est-ce que tout cela est vraiment nécessaire ? Moi je
dis que non. Non seulement cela n'est pas nécessaire, mais c'est inutile. Le
modèle fédéral canadien a prouvé sa capacité à évoluer même s'il faut que nous
le fassions évoluer encore. On doit mettre autant d'efforts à réformer le
fédéralisme canadien actuel qu'à emprunter le chemin sinueux de l'indépendance
du Québec. Plutôt que de constamment envisager une séparation, les Québécois
doivent œuvrer à renforcer le Canada et leur autonomie au sein de la fédération
canadienne. Nous devons contribuer à améliorer le sort des francophones et des communautés
autochtones partout au pays. Le Québec, par son histoire et sa spécificité, a
toujours eu une voix forte au sein du Canada. Il doit s'en servir pour faire
évoluer le pays.
La souveraineté, un projet d'un autre siècle
Le projet
souverainiste repose sur des arguments qui, bien que passionnants, ne tiennent
pas toujours la route étant donné les réalités économiques, culturelles et
politiques d'un monde de plus en plus interconnecté. La solidarité canadienne
est une source de stabilité et d'enrichissement et un rempart plus efficace que
la souveraineté pour contrer les velléités impériales de Donald Trump. Au lieu
de se lancer dans une aventure incertaine et risquée, les Québécois devraient
se concentrer sur la coopération, l'inclusion et le progrès collectif. Le
Québec a un devoir envers les francophones et les communautés autochtones de ce
pays. Un Québec fort au sein d'un Canada uni et transformé dans le sens des
intérêts des Acadiens et des peuples autochtones est non seulement possible,
mais c'est en quelque sorte le destin du Québec s'il veut garantir sa culture
et son identité. Comme vous pouvez le constater, ce discours est bien loin du
chantage de la peur...