« Tous les membres de la CAQ sont pour le troisième lien! »,
précisait un François Legault démissionnaire cette semaine.
Le fameux troisième lien entre Québec et Lévis. Et
l'inverse, évidemment! Une dépense de 7 à 12 milliards de dollars. Sans compter
les surcharges et autres frais en cours de route.
Nous vivons un hiver dur. Pas tant que ça, disons-le, mais
comparé aux hivers doux des dernières années dans le sud du Québec, cet
hiver-là est difficile. Les sorties de route se multiplient littéralement.
Le gouvernement de la CAQ a fait une assez spectaculaire
sortie de route, lui aussi, visiblement!
Après son cri du cœur « Lâchez-moi avec les gaz à effet de
serre! », voilà que Bernard Drainville nous dit : « Lâchez-moi avec les
consultations! ».
En deux ou trois phrases, il mitraille les actions du
gouvernement dans lequel il occupait des postes de ministre, pourtant.
L'ADN de la CAQ en 2026? Le 3e lien. Tout semble se résumer
à ça.
Pitoyable.
J'ai fait le jeu de la mise en contexte du montant estimé du
3e lien. Mettons-le à 10 milliards. C'est beaucoup, 10 milliards ? Ça équivaut
à octroyer des montants de 200 000$ à 5 000 organismes communautaires pendant
10 ans ! Quand on sait que ce sont les organismes communautaires qui servent
d'ultime filet de sécurité à de plus en plus de gens (et ça va aller en
croissant!), 10 milliards, c'est énorme!
Assez pour qu'on ne ramène pas la somme à un retard de
quelques minutes dans le trafic ou à des arguments insipides comme « Montréal a
six ponts, Québec en mérite autant ! »
François Legault prétend être aux commandes d'un
gouvernement dynamique et porteur de solutions. Il me rappelle Jean Charest qui
avait « les mains sur le volant ».
L'affaire, c'est que c'est peu utile de garder les mains sur
le volant quand le véhicule a fait une sortie de route!
Le ministre Jean-François Roberge crée et entretient un
fiasco dans son maintien obstiné de refus de clause grand-père par rapport au
programme de l'expérience québécoise. L'idée de ce qu'on glorifiait comme
l'expérience Québécoise était d'offrir une voie rapide à l'obtention d'un
statut permanent aux personnes immigrantes qui travaillent au Québec, en
français, depuis deux ans.
Là, on dit, « Ah ! Pis non. On change tout ça! »
Rarement, les experts, les syndicats, les patrons et la
société civile n'ont été unanimes sur un point aussi crucial. Pourtant, le
ministre maintient sa propre vérité et on perdra, dans les prochaines semaines,
des ressources essentielles qu'on ne remplacera pas de sitôt.
Le programme de l'expérience québécoise...
Elle perd du lustre, l'expérience québécoise.
Je vois et j'entends des gens s'insurger. Qu'on soit surpris
de voir des personnes immigrantes occuper de plus en plus de postes au Québec
me surprend! Les statistiques par rapport aux naissances, celles-là même qui
expliquent une bonne partie du vieillissement de la population, parlent fort
depuis des décennies. Ignorer cette situation relève de l'aveuglement
volontaire!
Le milieu politique du Québec a effectué des sorties de
route à répétition chez les libéraux et les caquistes, entre autres. Rien pour
ramener le cynisme à un niveau tolérable.
Pendant ce temps, il me semble que Paul St-Pierre-Plamondon
entretient un ton belliqueux depuis le début de 2026. Je ne comprends pas la
stratégie. Le calme est plus rassembleur que les attaques et prises de position
trop intenses.
Bref, si les voitures valsent sur les routes d'un rude
hiver, il semble que les partis soient embarqués sur l'autoroute menant aux
élections de l'automne prochain avec des bolides mal préparés.
Quand les gens ne se reconnaissent plus suffisamment dans le
modèle politique proposé, ils ont tendance à trouver un autre système.
Il est grandement temps que le GPS politique des voitures
que sont les partis politiques amorce un recalcul en cours...
Un troisième lien, c'est un pont. Pas un projet de société.
Clin d'œil de la semaine
Dans la chanson Mon pays, Gilles Vigneault disait, il y a
plusieurs décennies :
« Ma maison, c'est votre maison (...) la chambre d'amis sera
telle, qu'on viendra des autres saisons, pour se bâtir à côté d'elle. »
Bien voilà, les amis sont là...