Le
pire est déjà là. L'encre des médias n'a pas encore séché
sur les commentaires quant à la composition du nouveau conseil des
ministres du gouvernement péquiste de Paul St-Pierre Plamondon que
celui-ci fait déjà des siennes. St-Pierre Plamondon et les
valeureux membres de son équipe peuvent bien essayer de nous
convaincre, son gouvernement a déclaré sans raison suffisante la
guerre au gouvernement du Canada. Son motif de futiles palabres
autour d'un cocktail. Le priver de s'exprimer devant l'aréopage
réuni est, selon lui, une marque d'irrespect envers le Québec en
fonction de la doctrine Gérin-Lajoie. Plus encore, St-Pierre
Plamondon aurait dû discuter avec son vis-à-vis fédéral plutôt
qu'emprunter la voie rhétorique guerrière qu'il a choisi. Ce
n'est pas pour cela que les gens ont voté pour le Parti québécois
et cette erreur stratégique majeure du gouvernement Plamondon le
hantera et il a échoué dans sa tentative de nous convaincre qu'il
fera preuve de bonne foi dans ses relations avec le gouvernement du
Canada. St-Pierre Plamondon est plus le chef d'un clan que le
premier ministre de tous.
Bref
retour sur les faits
St-Pierre
Plamondon a choisi de se comporter comme un chef de clan plutôt que
de revêtir les habits de premier ministre. Il l'avait fait une
première fois en boycottant une réunion cruciale pour les Premières
Nations en affirmant qu'il voulait réserver sa première rencontre
avec les Autochtones du Québec. J'ai hoché la tête et je me suis
dit OK d'accord, ça peut se tenir. Puis, l'événement
Canada-Europe où St-Pierre Plamondon veut recevoir nos invités
d'Europe parce qu'ils se retrouvent sur le territoire du Québec.
Se chicaner avec une bombe atomique pour dire les mots ennuyeux de
début de cocktail dans ce genre de soirée. Cela démontre le manque
de maturité de cet homme qui se dit le premier ministre de tous les
Québécois.
Pire
encore, pour montrer sa colère, Plamondon a choisi de se servir de
l'œuvre de Pierre Falardeau Le
temps des bouffons.
Si Falardeau est vu par les souverainistes comme un grand patriote de
la cause de l'indépendance, il n'en est pas de même pour tous
les Québécois. Lors du décès de l'ancien chef du Parti libéral
du Québec et ex-directeur du journal Le
Devoir,
Claude Ryan, Falardeau avait insulté la mémoire de monsieur Ryan en
le traitant de sale pourriture. Les chefs du PQ et du Bloc de
l'époque avaient pris leurs distances avec cette déclaration du
pamphlétaire Falardeau. Même si Plamondon peut invoquer l'excuse
de ne pas connaître les faits, puisqu'il était en Europe à cette
époque, il est triste de constater qu'il a choisi Falardeau parmi
tous les gens qu'il aurait pu citer, notamment René Lévesque et
Jacques Parizeau. Je peux lui suggérer une citation de l'ex-premier
ministre René Lévesque, chef du PQ, prononcée à Victoriaville en
1974 : « Il va falloir que l'on corrige certaines de nos
manies qui proviennent souvent de petits groupes ou de certains
individus.
On a, dans certains coins, la manie maudite de la chicane. Pour
certains, c'est comme une maladie infantile : chaque fois que
ça va bien, on a l'impression que quelqu'un va trouver une
chicane. »
N'est-ce
pas là une preuve que St-Pierre Plamondon est un authentique
péquiste de vieille mouture ?
La
défense des intérêts du Québec
Je
veux bien aussi entendre les piètres arguments de Plamondon sur la
doctrine Gérin-Lajoie et la défense des intérêts supérieurs du
Québec, mais c'est faire peu de place à la vérité que de tenter
de faire passer sa blessure d'égo pour une défense des intérêts
du Québec. Si cela était vrai, pourquoi alors ne pas faire des
demandes sur le nombre de personnes à la table de chaque sujet, le
rôle des représentants du gouvernement du Québec dans le comité
de négociation du gouvernement Carney ? Ce n'est pas de cela que
Plamondon et ses généraux nous ont parlé, ils se sont lancés dans
un procès d'intention à l'endroit du premier ministère Carney
et cela n'a pas élevé le rang de Plamondon vers sa fonction de
premier ministre. Je veux bien que le gouvernement de Mark Carney ait
fait preuve d'une certaine légèreté dans ce dossier et qu'il
n'ait pas pris en compte tous les paramètres. Je veux bien
reconnaître aussi que permettre à St-Pierre Plamondon de prendre la
parole aurait été préférable à cette tragi-comédie qu'importent
les impairs aux us et coutumes diplomatiques de ce type d'événement.
Je crois aussi, dans une certaine mesure, que le fait que le Québec
constitue une nation n'a pas été correctement pris en compte par
le gouvernement Carney, qui, disons-le, ne se distingue pas par sa
sensibilité au Québec et à son caractère de société distincte.
Un fait qui n'a pas d'égal ailleurs au Canada.
L'avenir
est long...
Le
pire dans cette triste histoire, c'est que le Québec est toujours
une province canadienne. À ce titre, Plamondon aura un jour à
s'entendre avec le gouvernement Carney sur nombre de dossiers qui
concernent les intérêts du Québec. À voir comment il entrevoit
ses relations avec le gouvernement Carney au début de son mandat, on
ne peut que craindre le pire pour l'avenir. Par exemple, Plamondon
pense-t-il que ses déclarations des derniers jours vont améliorer
la position de Montréal dans sa compétition avec Toronto pour
obtenir le siège social de la banque de la défense ? Pense-t-il
qu'il a lancé un message hospitalier au gouvernement canadien pour
penser au Québec lors de la tenue de grands événements
internationaux ? Plusieurs autour de Mark Carney risquent d'éviter
le Québec à l'avenir malgré les propos rassurants contraires de
la ministre de l'Économie, Mélanie Joly. St-Pierre Plamondon a
fait la preuve par neuf que son gouvernement a fabriqué de toutes
pièces cette crise et cela aura des effets négatifs sur notre
avenir. Il ne faut pas compter sur les partis d'opposition à
Québec pour rétablir l'équilibre. La déclaration d'appui du
chef du PLQ et chef de l'opposition officielle, Charles Milliard, a
été malhabile. Ce n'était pas une bonne idée de répondre aux
journalistes que lui aussi aurait voulu parler à la place de
St-Pierre Plamondon. C'était là une situation hypothétique et on
ne joue pas dans ces scénarios et des hypothèses quand on donne une
interview à des journalistes. Avec les souverainistes comme
St-Pierre Plamondon, un chicanier soupe au lait, nous ne pouvons
avoir qu'un discours de principes, mais plutôt celui qui consiste
à chercher à réduire le plus possible la longueur de sa corde.
Charles Milliard n'a pas été au sommet de sa forme dans cette
réponse.
En
fait, cette crise autour du sommet Canada-Europe a démasqué la
véritable nature du gouvernement Plamondon. Celui qui ne se prend
pas pour un seven
up
flat. Un gouvernement dirigé par un chef de clan incapable de
s'élever au rang de premier ministre. C'est ce même
gouvernement qui demain interdira aux enfants de porter des signes
religieux dans les écoles, celui qui tracera une ligne entre les
vrais et les faux Québécois et celui qui multipliera les conflits
avec le Canada afin de stimuler le vote potentiel des souverainistes.
Moi, j'ai une proposition pour St-Pierre Plamondon et son
gouvernement : faites-le le plus rapidement possible votre
référendum pour qu'on puisse disposer de la question et surtout
St-Pierre Plamondon, lâche-nous avec ta crise du bacon...