L'affaire
Thélyson Orélien n'en finit plus de semer l'inquiétude parmi
les humains que nous sommes. Comment est-ce possible ? Un roman
touchant célébré par le monde de la littérature aurait été
écrit par un robot. Malgré les dénégations du principal
intéressé, le doute subsiste, car il a été établi que monsieur
Orélien s'était adonné au plagiat dans des textes d'opinion
publiés dans le quotidien La
Presse.
La crédibilité de monsieur Orélien est nulle. Son éditeur, la
maison d'édition du Boréal n'aide pas vraiment à mieux
comprendre, prisonnière de son désir de protéger sa relation avec
son auteur et de vendre des livres qui seront positifs pour son bilan
financier. En bref, l'affaire du roman C'était
ça ou mourir
est entourée de mystère.
Écrit
par un robot ou un humain, cela demeure un excellent texte. Les
questions de l'utilisation de l'intelligence artificielle
demeurent au cœur des préoccupations de notre époque.
La
fiction et l'intelligence artificielle
Ce
n'est pas d'aujourd'hui que cette question est au cœur des
scénarios de fiction retenus par de grands romanciers. Ainsi, le
très talentueux J. R. Dos Santos en fait le centre de son
intrigue dans son roman Immortel
publié en 2020. Dans ce roman, l'intelligence artificielle est
mise en vedette et elle permet d'atteindre l'immortalité. Plus
près de nous, Guiliano da Empoli nous fait vivre un véritable
cauchemar avec son dernier roman Le
fondateur,
où la technologie efface notre humanité. Depuis les robots d'Isaac
Asimov, il y a eu de nombreux romans dystopiques traitant de
l'impuissance des humains face aux machines. Une demande sur Google
sur les romans traitant de l'intelligence artificielle vous donnera
une longue liste. L'ère des catastrophes, de la domination des
humains par des forces plus grandes que lui sont une constante de la
littérature. Jamais jusqu'à maintenant un roman n'avait été
écrit par l'intelligence artificielle. Nous venons de franchir une
nouvelle frontière.
L'intelligence
artificielle, un outil peu fiable...
Je
comprends l'angoisse du jour à propos de l'intelligence
artificielle. D'éminents spécialistes tentent de nous alerter sur
la gravité de la situation, comme Yoshua Bengio. C'est vrai que la
perspective que notre frigo puisse en savoir plus que nous sur l'état
de conservation de nos aliments est malaisante. Néanmoins, je me
suis livré à une expérience demandant à l'intelligence
artificielle de me dire qui était Daniel Nadeau sans dire autre
chose que la ville où j'habite. Selon l'intelligence
artificielle, « à ma connaissance, jusqu'à octobre 2023, il
n'y a pas de personnalités notables nommées Daniel Nadeau. Si
Daniel Nadeau est une personne moins connue ou une figure locale, il
se pourrait que les informations à son sujet ne soient pas
documentées dans les sources disponibles. » Humilité. J'ai
ajouté des informations comme historien et chroniqueur chez
EstriePlus.
La réponse très différente. Voyez comme moi : « Daniel
Nadeau est une figure emblématique au sein de la région de
Sherbrooke, dans l'Estrie. En tant qu'historien et chroniqueur,
il a su s'imposer comme une voix reconnue dans le paysage
médiatique local, tout en dirigeant Nadeau Bellavance, un cabinet de
relations publiques influent. Son parcours témoigne d'un
engagement envers la culture et l'histoire canadienne ainsi qu'une
expertise dans le domaine des communications. » (AI Chat) N'en
jetez plus, la cour est pleine. Je vous fais grâce du reste, mais je
note que le texte est truffé d'inexactitudes, d'approximation
hasardeuse si ce n'est pas de mensonges grossiers. Je vous le dis
comme je le pense si ces robots contrôlent nos existences, nous
sommes vraiment dans le gros trouble.
Et
pourtant...
Malgré
cela, on peut parfois être étonné d'excellents résultats
obtenus par le robot. Voyez par vous-même, j'ai demandé à
l'intelligence artificielle de m'écrire dans le style de Pierre
Foglia une chronique sur l'intelligence artificielle avec ses chats
et une histoire de plagiat : « Il
faut bien l'admettre : l'intelligence artificielle, cet
oxymore moderne, nous fascine autant qu'elle nous effraie. Elle se
glisse dans notre quotidien comme un invité surprise, apportant ses
promesses et ses inquiétudes dans un même paquet scintillant. Comme
un enfant capricieux, elle nous attire avec des jouets sophistiqués,
tout en soulevant des questions que nous préférerions ignorer.
Imaginez
un monde où votre frigo, devenu plus perspicace que votre
grand-mère, vous alerte sur le lait qui a tourné ou sur le pot de
confiture que vous avez oublié au fond du placard. Mais derrière
cette convivialité se cache un spectre. Qui sait quelles données
aiment se réjouir dans les serveurs anonymes, écrivant à notre
insu une histoire de nos habitudes, nos anxiétés et nos
préférences ? Parce que, dans ce monde où les algorithmes
semblent souvent détenir plus de vérité que nous-mêmes, où se
situe le hic ? Les promesses d'efficacité et de progrès
technologique s'accompagnent d'une inquiétude sourde : à
quel prix ces avancées se font-elles ? Entre l'érudition des
machines et notre propre humanité, un équilibre précaire se
dessine, et il est vital de ne pas le négliger. Dans cette danse
avec l'IA, il nous faudra écrire, inventer, et surtout, réfléchir.
La vérité, c'est que tout ceci me rappelle mes chats. Oui, mes
félins, ces petits maîtres de la sieste et des félonies nocturnes.
Chaque jour, ils s'installent là, sur le clavier de mon
ordinateur, indifférents aux élucubrations des algorithmes ou aux
rêves d'intelligence artificielle. Ils scrutent de leurs yeux
mi-clos un monde qu'ils ne comprendront jamais, tout en se
prélassant sur le fruit de mon labeur.
Ces
chats, avec leur nonchalance infinie, incarnent une forme de sagesse
que l'IA ne pourra jamais égaler. Ils se fichent de l'heure, des
tendances du moment, ou même de la qualité de ce que j'écris.
Ils s'installent, et c'est tout. En revanche, l'intelligence
artificielle, avec son appétit insatiable, a cette fâcheuse
tendance à s'inspirer, si l'on peut dire, de tout ce qui existe
déjà. Plagier, ce verbe à la sonorité poétique prend une ampleur
toute nouvelle dans l'univers numérique.
Imaginez
un instant : un algorithme qui numérise des milliers de livres,
de poèmes, de tweets, et qui mélange le tout pour créer... quelque
chose. Mais alors, où est l'originalité ? Nos camarades à
quatre pattes, eux, semblent avoir compris le secret de la vie :
l'authenticité. Il n'y a qu'à les voir nous fixer dans les
yeux pour se rendre compte qu'une simple caresse - pas un
phénomène d'apprentissage automatique, mais une vraie interaction
- vaut tous les paragraphes d'une création artificielle.
Alors,
quand les chats s'avancent sur le clavier, je les en remercie.
Peut-être sont-ils là pour nous rappeler, dans leur insolente
légèreté, que dans ce monde de brevets et d'algorithmes, la
vraie créativité réside dans l'âme. Reste à espérer qu'au
milieu de ce vacarme technologique, l'essence même de notre
humanité ne se fasse pas plagier à son tour. » (AI CHAT)
Tout
est dit, nous sommes arrivés à l'ère de l'inhumanité et des
robots...
P-S
J'ai écrit ce texte en dialogue avec AI Chat.