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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Les responsabilités. Ou l’absence de responsabilités…

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François Fouquet Par François Fouquet
Lundi 4 mai 2026

Je me souviens, à l'école primaire, de certaines réactions quant au fait de ne pas pouvoir remettre un devoir dans les délais prévus : « Ben, c'est pas de ma faute, je l'avais oublié hier pis je ne pouvais pas revenir le chercher! »

Une candeur certaine dans le fait qu'on ne voyait pas la contradiction en : je l'ai oublié et c'est pas de ma faute. Candeur toute juvénile.

Mes parents n'acceptaient pas ce type d'argument. « C‘est la faute à qui, si c'est toi qui as oublié ? » Ils avaient cette façon de nous ramener à la base de nos responsabilités personnelles. Ils ne nous mettaient pas le poids du monde sur les épaules, mais nous faisaient comprendre que nos épaules étaient bien assez fortes pour supporter le poids de nos bévues.

À défaut de tout régler, voilà que ça venait nous dire qu'on avait une responsabilité dans le déroulement de notre quotidien.

Candeur juvénile, disais-je. Des fois, souvent, je me demande si on a grandi, collectivement.

« C'est pas de ma faute... »

J'entendais, l'autre jour, un message du Bureau d'assurance du Canada. Celui-ci en appelait à la notion de double sens dans la gestion de nos réclamations. Ne pas réclamer pour rien, d'une part, et de le faire de façon transparente et honnête si vous avez à le faire.

Après tout, poursuivait-on dans le reportage, les primes d'assurances sont directement liées aux réclamations. On aurait pu ajouter qu'elles sont aussi liées au maintien de leur généreuse marge bénéficiaire, mais bon.

Je comprends tout ça. Aucun problème. L'équation fonctionne dans ma tête.

Mais après, voilà que je m'installe devant le téléviseur et que je suis bombardé de publicités qui deviennent presque agressantes. Celles de Trivago, dans lesquelles l'acteur principal a résolument trop de dents beaucoup trop blanches et qui chuinte tellement les mots cherchent un espace pour sortir de sa bouche.

 

Mais elle n'a pas de rapport avec cette chronique ! Ça fait juste du bien de le mentionner... 

Au-delà de cette désagréable prestation (et il y en a d'autres!), il y a aussi ces publicités qui envoient un message bizarre. C'est le cas des assureurs généraux.

Des annonces qui viennent faire la promesse que, peu importe ce qui arrive, à la maison, que ce soit gros ou pas, tu peux réclamer. Ton chien a bouffé une partie du divan? C'est couvert! Ton aspirateur-robot détruit des trucs? C'est couvert! Tout ce qui peut arriver est couvert. C'est pas beau, ça?

Non seulement c'est couvert, mais la réclamation se traite en quelques secondes et le paiement et les réparations sont faits sans même qu'on s'en aperçoive tellement c'est efficace et rapide...

Ouin...

Les réclamations ne se passent pas toujours aussi bien. Et tout n'est finalement pas couvert, au final. Alors, quand le Bureau d'assurance du Canada (BAC) nous rappelle que la transparence et l'honnêteté priment, les bémols apparaissent dans ma tête.

Mais voilà, on est prêt à tout pour que les gens changent de compagnie d'assurances pour adhérer à la nôtre.

La chose ne serait peut-être pas si grave (c'est la 2e fois que j'en parle, quand même!) si elle ne reflétait pas notre comportement en société.

Le concept de responsabilité personnelle dans les sphères directes de nos vies quotidiennes n'est pas gagné!

Par exemple, on le voit avec le comportement de plusieurs personnes par rapport à la gestion de leurs déchets. « Je laisse traîner ça... quelqu'un devrait le ramasser éventuellement, j'imagine... » Le printemps est révélateur des choses qui traînent, incluant les défections des chiens dans les sentiers balisés. La neige fond.

On ne peut pas régler tout ce qui ne va pas dans le monde. On ne peut être responsable de tout.

Mais ce qui nous concerne, nous concerne !

Clin d'œil de la semaine

Mot d'espoir : « C'est pas de ma faute, j'étais saoul! » Voilà un argument qui était recevable dans les années 1960-1970. Plus maintenant. On peut se responsabiliser, faut croire...

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