Société Arts & culture Sports Chroniqueurs Concours Annonces Classées

  CHRONIQUEURS / L'Agora

Fin de cycle politique…

 Imprimer   Envoyer 
Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau
Mercredi 17 juin 2026

L'Assemblée nationale a terminé ses travaux dans des débats hautement partisans autour de projets de loi faisant largement consensus sur les boissons énergisantes, la révision de la carte électorale et le droit pour des femmes de connaître le passé criminel de leur conjoint. Par ailleurs, la fin des travaux parlementaires signifie le départ de la politique de plusieurs visages qui ont marqué l'histoire du Québec. François Legault, Manon Massé, Gabriel Nadeau-Dubois, Christian Dubé, Geneviève Guilbault, Sonia LeBel et Éric Caire. Une page se tourne et une autre est à écrire. Il convient de tracer un bilan du gouvernement de la CAQ et d'essayer de percevoir les principaux enjeux de la prochaine élection.

Après huit années au pouvoir, le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) se prépare à entrer dans une nouvelle campagne électorale. Ce moment charnière évoque à la fois un besoin de bilan sur les actions passées et une vision pour l'avenir. En présence de cinq partis politiques - le Parti libéral du Québec (PLQ), le Parti québécois (PQ), Québec solidaire (QS), le Parti conservateur du Québec (PCQ), et bien sûr, la CAQ elle-même -, la compétition promet d'être intense. La nouvelle première ministre, Christine Fréchette, cherche à faire oublier les huit ans de gouvernement caquiste pour meubler notre imaginaire de son hyperactivité des 58 derniers jours. Paul St-Pierre Plamondon se livre quant à lui à de la diffamation envers les libéraux de Charles Milliard en les associant au crime organisé, Éric Duhaime cherche à exister alors que la sympathique et empathique Ruba Ghazal demeure plus que jamais la conscience de cet aréopage politique. La prochaine élection sera chaudement disputée et elle signifiera quelque chose pour chacun des partis en présence. Explorons l'univers de ces différents partis à la veille de cette campagne électorale automnale.

Bilan de la CAQ...

Au cours de son mandat, la CAQ a mis en avant un objectif principal : relancer l'économie du Québec après des années de stagnation. Le gouvernement a adopté diverses mesures pour stimuler la croissance, comme la réduction de certains impôts pour les classes moyennes et l'augmentation du salaire minimum. Selon plusieurs indicateurs, le Québec a connu une croissance économique notable durant cette période, avec un taux de chômage historiquement bas. De plus, la CAQ a mis l'accent sur l'innovation et l'investissement dans la filière-batterie qui a été un lamentable échec. Elle a surtout insisté sur la question de la langue et de l'identité. Cela a été porteur de divisions au sein de la société québécoise surtout le discours sur l'immigration. La nouvelle première ministre Christine Fréchette tente de rajuster le tir, mais le mal est fait. La CAQ a divisé le Québec entre un Eux et un Nous. Cela les électeurs devront le faire payer, car contrairement à ce que disait François Legault « c'est pas comme ça que l'on vit au Québec. »

Bien sûr, la CAQ a fait une bonne gestion de la pandémie de COVID-19. Cela a constitué un tournant majeur. Si le gouvernement a été critiqué pour certaines décisions, il a également obtenu des succès, comme le déploiement rapide de la vaccination. Le gouvernement a également lancé des projets d'envergure visant à moderniser l'infrastructure de santé, cherchant à améliorer l'accès aux soins dans les régions éloignées. Cependant, le manque de personnel soignant demeure une préoccupation et cela pourrait devenir un enjeu important lors de la campagne.

Le PQ et la souveraineté...

Paul St-Pierre Plamondon a réussi à faire de son parti un solide prétendant au pouvoir au cours des dernières années. Il a eu le mérite, tout comme l'avait fait avant lui le premier ministre Jacques Parizeau, de mettre de l'avant le projet de pays du Parti québécois. Cela a donné au leadership de St-Pierre Plamondon un lustre d'honnêteté et d'authenticité. Néanmoins, son caractère soupe au lait, ses déclarations intempestives, sa hargne à peine contenue envers le Canada et le premier ministre Carney le rattraperont. Non seulement les Québécois dans une forte majorité ne veulent pas d'un référendum, mais ils aiment bien Mark Carney et se sentent très bien en tant que Canadiens et Québécois. Il y aura toujours de 30 à 40 % de souverainistes au Québec, mais la majorité constitue un frein à cette volonté de faire du Québec un pays. Un frein renforcé en ces temps tumultueux par la folie trumpienne.

Le Parti québécois se trouve donc à un tournant décisif. Alors que la CAQ a su capturer une large part de l'électorat en mettant l'accent sur des enjeux immédiats et concrets, le PQ doit continuer à articuler l'importance de la souveraineté, tout en démontrant qu'elle est intrinsèquement liée aux préoccupations contemporaines. La prochaine campagne électorale sera l'occasion pour le PQ de redéfinir son message, de rallier les électeurs autour d'une vision commune du Québec souverain et de renouer avec son électorat traditionnel tout en attirant de nouveaux soutiens, en particulier parmi les jeunes. Ce sera une tâche difficile.

Les libéraux de Charles Milliard...

Dans ma dernière chronique, celle de la semaine dernière, j'ai écrit que nous aurons droit à la prochaine campagne électorale à des libéraux requinqués. Il demeure néanmoins que je m'attends comme électeur à ce que monsieur Millard sorte des généralités et nous donne de la chair autour de l'os quant à ce qu'il veut proposer au Québec comme orientations d'un gouvernement libéral. Chose certaine, nous n'avons rien à gagner avec le dossier de la langue. C'est un dossier maudit pour des libéraux depuis toujours. Quoi qu'ils disent, quoiqu'ils fassent les libéraux ne seront jamais à niveau sur la question de la langue. C'est un sujet perdant qui appartient à ses adversaires nationalistes ardents.

Pour le PLQ, l'unité canadienne est présentée non seulement comme une valeur fondamentale, mais également comme un élément essentiel au développement économique du Québec. En faisant partie de la fédération canadienne, le Québec bénéficie d'un large marché, d'un soutien financier et d'une capacité d'influence au sein d'un contexte plus vaste. Le PLQ évoque souvent que la collaboration avec le gouvernement fédéral est essentielle pour aborder des enjeux d'importance nationale comme la santé, l'éducation et les relations internationales.

Le PLQ se positionne également comme un antidote aux mouvements nationalistes et souverainistes qui remettent en question l'unité canadienne. Le parti soutient que l'unité permet au Québec de préserver sa culture francophone tout en bénéficiant des ressources financières et politiques du Canada. En mettant en avant des exemples de coopération fructueuse entre le Québec et Ottawa, le PLQ cherche à démontrer que le fédéralisme peut réellement servir les intérêts du Québec.

À l'approche des élections, le Québec se trouve à un carrefour où des choix cruciaux devront être faits pour relever les défis qui se présentent à lui. Les enjeux d'économie, d'environnement, de santé, d'éducation et de relations interethniques sont interconnectés et nécessitent des solutions innovantes et inclusives. Les partis politiques en compétition ont la responsabilité de proposer des visions claires et des politiques cohérentes qui permettront de bâtir un avenir meilleur pour tous les Québécois. L'engagement citoyen sera également essentiel pour faire entendre la voix des électeurs et pour assurer que les solutions mises en avant répondent réellement aux attentes et aux besoins de la population. Il reste à monsieur Millard de nous faire connaître ses positions sur ces sujets importants. Des libéraux requinqués peut-être, mais il faut aussi que nous puissions les entendre...

Notre conscience sociale : Québec Solidaire...

Québec solidaire (QS) a émergé sur la scène politique québécoise dans les années 2000 en tant que parti de gauche, axé sur des enjeux sociaux, environnementaux et économiques. Alors que le paysage politique du Québec continue de se redéfinir avec une montée du conservatisme, particulièrement dans les régions, Québec solidaire semble se retrouver de plus en plus en difficulté pour élargir sa base électorale, surtout avec le départ de Gabriel Nadeau-Dubois, le politicien le plus talentueux de sa génération. Fondé en 2006 à partir de l'union de divers mouvements sociaux et de partis de gauche désireux de créer une alternative au Parti québécois (PQ) et aux libéraux. QS se distingue par son engagement en faveur de la justice sociale, de l'écologie et de l'égalité des droits. En proposant un programme qui prône la transition vers une économie verte, l'égalité des genres et une approche inclusive des politiques publiques, le parti vise à combattre les inégalités socio-économiques qui touchent de nombreux Québécois.

Malgré une base électorale initialement limitée, Québec solidaire a réussi à élargir son influence, notamment avec l'élection de députés à l'Assemblée nationale en 2012 et 2018. En 2018, le parti a connu une percée significative en remportant 10 sièges et en obtenant plus de 16 % du vote populaire. Ce succès a été perçu comme un signe que QS pouvait rivaliser avec les figures dominantes du paysage politique québécois, en particulier à Montréal où son message progressiste trouve un écho favorable.

Québec solidaire se trouve à un carrefour critique dans un environnement politique de plus en plus dominé par le conservatisme. Tout en maintenant sa base solide à Montréal, le parti devra travailler à élargir son attrait au-delà des frontières de la métropole, en engageant un dialogue véritable avec les électeurs des régions. L'avenir de QS dépendra de sa capacité à naviguer dans ce paysage complexe en défendant ses principes progressistes tout en reconnaissant la diversité des préoccupations socio-économiques au sein du Québec. C'est uniquement en s'ancrant dans les réalités des citoyens de toutes les régions du Québec que le parti pourra espérer jouer un rôle significatif lors des prochaines élections et au-delà. Il reste cependant que Québec solidaire est et sera toujours un peu notre conscience sociale au parlement.

Éric Duhaime et le conservatisme...

Le paysage politique québécois a connu un glissement vers des positions plus conservatrices ces dernières années. C'est pourquoi nous devrions nous attendre à la rentrée de députés élus du Parti conservateur du Québec à l'Assemblée nationale l'automne prochain. La partie ne sera pas facile, mais dans la région de Québec et de la Beauce, les conservateurs devraient livrer de bonnes luttes à la CAQ ou au PQ selon les endroits et les régions. Notamment avec l'élection de la Coalition avenir Québec (CAQ) en 2018, la CAQ a sapé les bases traditionnelles du PQ et a occupé le terrain du nationalisme, de la sécurité et de la préoccupation pour l'immigration, attirant ainsi une partie de l'électorat qui autrefois votait libéral ou souverainiste. La politique québécoise a vu ces dernières années l'émergence de sentiments nationalistes et conservateurs, en grande partie en réaction aux préoccupations liées à l'immigration, à l'identité et à la gestion des ressources. Éric Duhaime, en prenant la tête du Parti conservateur du Québec (PCQ.) en 2020, a su attirer l'attention en proposant des idées qui résonnent avec certains électeurs, notamment en matière de liberté individuelle, de lutte contre les mesures sanitaires et de prise en compte des préoccupations économiques.

Durant les dernières élections, le PCQ a enregistré des résultats modestes, mais prometteurs. Son influence grandissante dans certaines circonscriptions peut être interprétée comme un signe que les électeurs cherchent des alternatives aux partis traditionnels. Dans les régions de Québec et de la Beauce, où un certain mécontentement s'est manifesté vis-à-vis des gouvernements en place, les conservateurs pourraient trouver un terrain propice à leur message.

Une campagne super palpitante

Si personne ne peut prédire le résultat des prochaines élections, il reste néanmoins que l'on peut s'entendre que ce sera une campagne électorale palpitante et qui signifiera quelque chose. Les Québécois sont des citoyens engagés du monde, ils votent en grand nombre quand les enjeux sont là et la prochaine campagne électorale qui s'amorcera à la fin août prochain sera un moment fort de notre démocratie. Ce sera la fin d'un cycle politique...


  A LIRE AUSSI ...

Des libéraux requinqués

Mercredi 10 juin 2026
Des libéraux requinqués
Dans un cinéma près de chez vous…

Mercredi 20 mai 2026
Dans un cinéma près de chez vous…
Les câlins souverainistes

Mercredi 3 juin 2026
Les câlins souverainistes
NOS RECOMMANDATIONS
Friperie Aube-Lumière : un record historique

Vendredi 12 juin 2026
Friperie Aube-Lumière : un record historique
Quoi faire ce weekend en Estrie ?

Jeudi 11 juin 2026
Quoi faire ce weekend en Estrie ?
Kaïn et plusieurs artistes attendus au Festival Gourmand de Val-des-Sources

Mardi 9 juin 2026
Kaïn et plusieurs artistes attendus au Festival Gourmand de Val-des-Sources
PLUS... | CONSULTEZ LA SECTION COMPLÈTE...

 
Daniel Nadeau
Mercredi, 17 juin 2026
Fin de cycle politique…

François Fouquet
Lundi, 15 juin 2026
Le temps des choix

Chat GPT, Le sommelier du journal Estrieplus
Vendredi, 12 juin 2026
Le Bodegas San Valero Monte Ducay Cariñena Gran Reserva

Le CIUSSS de l’Estrie – CHUS change de nom Par Martin Bossé Lundi, 15 juin 2026
Le CIUSSS de l’Estrie – CHUS change de nom
VTT volés et incendie criminel à Sherbrooke Par Martin Bossé Lundi, 15 juin 2026
VTT volés et incendie criminel à Sherbrooke
Une semaine de sensibilisation sur les routes de l’Estrie Par Martin Bossé Mardi, 9 juin 2026
Une semaine de sensibilisation sur les routes de l’Estrie
Deux athlètes de la région honorés par les Canadiens de Montréal Par Martin Bossé Jeudi, 11 juin 2026
Deux athlètes de la région honorés par les Canadiens de Montréal
Cancer de la prostate : une technologie de pointe arrive au CHUS Par Martin Bossé Mercredi, 10 juin 2026
Cancer de la prostate : une technologie de pointe arrive au CHUS
Classique Pif Portes Mackie 2026 : un record d’équipes inscrites Par Martin Bossé Mercredi, 10 juin 2026
Classique Pif Portes Mackie 2026 : un record d’équipes inscrites
ACHETEZ EstriePlus.com
bannières | concours | répertoire web | publireportage | texte de référencement | site web | vidéos | chroniqueur vedette
2026 © EstriePlus.com, tous droits réservés | Contactez-nous