Pour contrer l'intimidation dans les écoles, rien ne vaut une discussion d'une heure avec le jeune auteur et conférencier de 22 ans, Samuel Bricault.
Tous les élèves de l'école de la Montée de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke ont eu la chance de croiser son chemin au cours des derniers jours.
Un discours vivant et poignant
Samuel s'est adressé aux jeunes dans un discours favorisant les interactions, parfois drôle, parfois émouvant, mais toujours vibrant de vérité. Qui de mieux pour expliquer le cycle de l'intimidation que Samuel, lui qui, au cours de sa vie, a joué à la fois le rôle de la victime et du bourreau.
En effet, Samuel a été victime de violence physique et de violence verbale à l'école primaire. « J'ai toujours été une personne sensible et différente. Au primaire, j'écrivais des poèmes et j'aimais la littérature fantastique. On riait de moi souvent et quand on m'écœurait, je me mettais à pleurer devant tout le monde et à péter des coches, comme en tirant ma chaise. Et là, je viens de vous donner la recette parfaite si ça vous tente de vous faire intimider! C'était un spectacle gratuit pour toute la classe et tout le monde riait. Dans les écoles, c'est la loi de la jungle et ceux qui se montrent faibles se font brasser. Pour m'en sortir, je me suis réfugié dans l'écriture de bandes dessinées fantastiques. Ce qui faisait mes journées, c'était quand quelqu'un me disait que mes B.D. étaient drôles et que je devais continuer d'écrire », explique-t-il.
Arrivé à l'école secondaire, Samuel s'était promis qu'il ne se laisserait plus jamais intimider. Il avait bien l'intention de continuer l'écriture de ses bandes dessinées, qui devenaient de plus en plus populaires. Pour se faire respecter des autres, il d'abord utilisé la violence, puis s'est lui-même mis à jouer un rôle d'intimidateur. Samuel était maintenant craint par ses pairs, mais la situation ne le rendait pourtant pas plus heureux qu'avant. Samuel a alors fait des efforts pour briser ce cycle d'intimidation, prendre confiance en lui et préparer
son avenir en exploitant ses talents d'écriture.
« Si j'avais cinq minutes seulement pour vous transmettre un message, ce serait que la différence et la sensibilité, ce sont des forces. En sixième année, on riait de moi parce que j'étais sensible et parce que j'avais des idées bizarres. Au secondaire, pour les mêmes raisons, on lisait mes bandes dessinées et on m'appréciait. S'il faut retenir quelque chose de mon expérience, c'est qu'il faut s'affirmer, non pas en étant violent, mais en restant soi-même, et poursuivre ses rêves. »
Malgré son jeune âge, Samuel a déjà publié six romans (bientôt un septième) et donné plus de 60 conférences dans les écoles primaires et secondaires sur la prévention de l'intimidation. Il donnera un de ses livres à chaque élève qui s'engagera à écrire dans la page de garde du livre un geste qu'il compte poser pour contrer l'intimidation.
L'école de la Montée poursuivra sa sensibilisation contre l'intimidation au mois de janvier en tenant une chaîne de l'amitié et au mois de février, dans le cadre de la Semaine pour la persévérance scolaire, en réalisant une murale.