Nous avons eu de la grande visite
à Sherbrooke la fin de semaine dernière. Le chef du Parti libéral du Québec,
Charles Milliard et son parti étaient chez nous pour y tenir les assises de son
dernier conseil général avant les élections de l'automne prochain. Un événement
politique comme bien d'autres, mais qui revêt une consonance particulière chez nous
puisque la région des Cantons de l'Est a de profondes racines libérales. Déjà nous
connaissons le candidat des libéraux dans Sherbrooke, le médecin et ex-recteur
de l'Université de Sherbrooke, Pierre Cossette. Dans Richmond, c'est l'ancien
haut dirigeant de la Tribune Hugo Fontaine qui livrera la lutte à l'ex-maire de
Sherbrooke, Bernard Sévigny. Dans Orford, le chef lui-même, Charles Milliard,
sera le candidat des libéraux. Des annonces restent à venir pour les comtés de
Mégantic et de Saint-François alors que le député actuel Frédéric Bauchemin
tentera sa chance dans le comté de Brome-Missisiquoi, l'ancien fief de Pierre
Paradis.
Je suis allé faire un tour au
Conseil général ce dernier weekend et j'ai vu un parti bien structuré avec des
idées claires et qui est uni derrière un chef qui ne démérite pas sur la scène
publique depuis son arrivée. Charles Milliard réussit à faire face à bien des
pièges tendus par la gent journalistique. Malgré leurs appels incessants pour
discuter de leur agenda, les brownies, les tensions sur la langue et la laïcité
dans le caucus, Charles Milliard tient le fort et discute de ce que veulent
entendre les Québécois soient de gestion responsable, d'équilibre des finances
publiques et de réconciliation. Eh oui, il faut mettre derrière nous les
éternelles divisions et les discours des nationaleux pour chercher à mettre de
l'avant ce qui nous unit plutôt que ce qui nous divise. À n'en point douter, la
prochaine campagne électorale au Québec ne sera pas une simple formalité, elle
sera passionnante.
Des enjeux clairs...
En 2026, quels sont les enjeux
qui confrontent le Québec ? À
l'approche d'une élection où cinq partis se disputeront le pouvoir, plusieurs
enjeux politiques majeurs se dessinent. Ces enjeux sont déterminants non
seulement pour l'avenir politique de la province, mais aussi pour le bien-être
de sa population. Parmi eux, on retrouve les questions de l'économie, de l'environnement,
de la santé, de l'éducation et des relations interethniques et linguistiques.
L'économie
du Québec est confrontée à plusieurs défis, notamment le ralentissement de la
croissance, la pénurie de main-d'œuvre et les inégalités économiques. La crise
économique post-pandémie a exacerbé les difficultés financières de nombreuses
familles et entreprises.
Selon
des études récentes, le Québec souffre d'un manque criant de travailleurs dans
plusieurs secteurs clés, allant de la technologie à la santé. Pour y remédier,
les partis pourraient proposer des initiatives telles que l'amélioration de l'accès
à la formation et à la reconversion professionnelle, ainsi que des incitations
à l'embauche pour encourager les entreprises à recruter localement.
Les
écarts de richesse se creusent, et des politiques fiscales plus équitables
pourraient aider à réduire ces disparités. Les partis pourraient envisager une
révision des structures fiscales pour renforcer la progressivité du système d'imposition,
garantissant ainsi un meilleur soutien aux plus vulnérables.
Chose
certaine, l'économie doit figurer au premier plan de nos préoccupations lors de
la prochaine campagne électorale. Il faut soutenir nos PME, encourager l'esprit
d'entreprise et l'entrepreneuriat, raffermir nos liens avec les marchés
extérieurs notamment les États-Unis en dépit de Trump. Bref, il faut que le
Québec soit fou de ses entrepreneurs. La richesse n'est pas une tare, mais
l'outil essentiel pour faire du Québec une terre de justice sociale.
La crise climatique ne disparait pas
sous l'effet des évocations trumpiennes...
Il
est incontestable que la présidence de Trump a tout changé pour le climat. Même
le Canada de Carney ne cesse de reculer sur cet enjeu en misant le
développement des énergies carbone notamment en favorisant le pétrole albertain
au détriment de nos engagements sur le climat. À tel point que Steven
Guilbault, l'ex-ministre de l'Environnement, a démissionné de son poste de
ministre et de son poste de député.
Dans ce contexte,
il ne sera pas facile au Québec de maintenir le cap en matière de lutte aux
changements climatiques. Nous sommes de plus en plus isolés au Canada et en
Amérique du Nord sur cette question. Le Québec a
pris des engagements ambitieux en matière de lutte contre les changements
climatiques, mais des défis subsistent, notamment la dépendance aux énergies
fossiles et l'aménagement du territoire. Le
Québec possède un potentiel inestimable en matière d'hydroélectricité. Nous
devons le renforcer notamment en menant à terme nos négociations avec
Terre-Neuve sur Churchill Falls. Il est aussi crucial d'accélérer la transition
vers des sources d'énergies renouvelables. Les partis pourraient promouvoir des
incitations pour les investissements dans les énergies vertes et maintenir
contre toute attente une taxe sur le carbone pour limiter les émissions de gaz
à effet de serre.
La
croissance urbaine rapide entraîne une pression sur les ressources naturelles
et la biodiversité. Une approche intégrée de l'aménagement du territoire,
favorisant la densification urbaine et la protection des espaces naturels,
pourrait être proposée. Des politiques proactives de conservation et un
développement durable des infrastructures seraient nécessaires.
La santé, toujours et encore la
santé...
Le
système de santé québécois est sous pression, avec des listes d'attente qui s'allongent
et des ressources limitées. La crise sanitaire de la COVID-19 a mis en lumière
les défis existants et la nécessité d'une réforme.
Pour
améliorer l'accès aux soins de santé, les partis pourraient proposer des
solutions telles que l'augmenter le financement des établissements de santé, en
mettant l'accent sur les soins préventifs et la santé mentale. De plus,
l'augmentation du nombre de professionnels de la santé formés, notamment par
des partenariats avec des universités, serait une voie à explorer.
L'intégration
de la télémédecine et des technologies numériques pourrait rendre le système de
santé plus accessible. Les partis politiques pourraient encourager l'innovation
dans ce domaine tout en garantissant la sécurité et la protection des données
des patients. Il faudrait commencer par faire moins de petite politique avec le
dossier de santé numérique, ce serait un bon début.
Le
système de santé du Québec est victime de son grand succès. Le vieillissement
de la population, les nouvelles technologies et l'avancée des recherches en
santé font en sorte que le système est incapable de gérer la croissance de ses
activités même en y investissant des sommes pharaoniques. On doit s'y résoudre,
on ne peut pas régler les problèmes du système de santé, on peut juste réparer
les pires effets. Il ne faut pas s'attendre à de grandes promesses des partis
politiques sur cette question au risque qu'ils soient pris pour de vulgaires
guignols.
L'éducation
L'éducation
est un pilier fondamental pour le développement d'une société. Cependant,
plusieurs défis demeurent, notamment le financement des écoles, la qualité de
l'enseignement et l'accessibilité aux études supérieures. C'est pourquoi je
trouve que l'idée émise par le chef du PLQ, Charles Milliard, au sujet de la
tenue d'États généraux sur l'éducation est une excellente idée dans la mesure
où de vrais débats se feront et que des orientations claires seront définies
avec un appui significatif des acteurs du réseau de l'éducation. Ce ne sont pas
les sujets qui manquent. Les partis devraient envisager d'augmenter le
financement des écoles publiques, notamment pour améliorer les infrastructures,
recruter et former les enseignants, et garantir des ressources suffisantes pour
tous les élèves. Une attention particulière aux écoles dans les milieux
défavorisés est essentielle pour réduire les écarts de réussite. Doit-on cesser
de financer les écoles privées ? Les écoles ont-elles assez de pouvoir ? Les Centres
de services scolaires ont-ils encore une raison d'être ou faut-il revenir aux
Commissions scolaires ? Doit-on les renforcer ? Qu'en est-il du vivre ensemble
dans les écoles de la discipline de nos jeunes ? Du rôle de nos enseignants ?
Pourquoi ce taux si élevé de départ de la fonction enseignante ?
Il
y a aussi tous les chantiers liés à l'enseignement supérieur. Pour
favoriser la réussite et l'insertion professionnelle, les partis pourraient
promouvoir l'élargissement des bourses d'études et des programmes d'aide
financière. De plus, encourager les collaborations entre les institutions d'enseignement
supérieur et les entreprises locales pourrait faciliter l'intégration des
jeunes dans le marché du travail. Bref, tenir des états généraux sur
l'éducation est une excellente idée des libéraux.
Langue, laïcité, fédéralisme et
indépendance...
Bien sûr, une
élection au Québec ne peut pas vraiment en être une sans que l'on discute de
long en large des questions liées à la souveraineté, à l'identité et maintenant
à la laïcité.
La
diversité culturelle du Québec est une richesse, mais elle soulève également
des défis en matière d'intégration et de coexistence pacifique. L'équilibre
entre la préservation de la langue française et l'accueil de personnes venant
d'horizons divers est crucial. Quant à la question de l'appartenance du Québec
au Canada, une très grande majorité de Québécois ne veulent pas en entendre
parler. Il est préférable de se concentrer sur ce qui les préoccupe vraiment et
ce n'est pas que le coût de l'épicerie et la pénurie de logements abordables.
Il y a aussi des questions fondamentales comme la promotion de la langue
française et l'immigration. Les partis pourraient renforcer les politiques
linguistiques favorisant l'apprentissage et l'utilisation du français, tout en
garantissant le respect des droits linguistiques des minorités. Une approche
inclusive et respectueuse des différentes cultures pourrait renforcer la
cohésion sociale. Il faut aussi encourager
des initiatives de dialogue interculturel qui pourraient contribuer à apaiser
les tensions et à favoriser le respect mutuel entre les communautés. Des
programmes éducatifs et des événements culturels pourraient être mis en place
pour promouvoir la compréhension et la solidarité. Il faut rompre
définitivement avec le discours du « Eux » et du « Nous ».
Une campagne électorale qui promet...
À
l'approche des élections, le Québec se trouve à un carrefour où des choix
cruciaux devront être faits pour relever les défis qui se présentent à lui. Les
enjeux d'économie, d'environnement, de santé, d'éducation et de relations
interethniques sont interconnectés et nécessitent des solutions innovantes et
inclusives. Les partis politiques en compétition ont la responsabilité de
proposer des visions claires et des politiques cohérentes qui permettront de
bâtir un avenir meilleur pour tous les Québécois. L'engagement citoyen sera
également essentiel pour faire entendre la voix des électeurs et pour assurer
que les solutions mises en avant répondent réellement aux attentes et aux
besoins de la population. La bonne nouvelle que nous avons reçu le weekend
dernier c'est que parmi les partis politiques qui se feront la course, nous
aurons droit à des libéraux requinqués...