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L’homme au turban

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Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau
Mercredi le 14 avril 2021      

Il y a dix ans, une vague orange déferlait sur le Québec. Pas une vague de pandémie, mais un raz de marée signé Jack Layton qui lui a permis de remporter 59 sièges au Québec et 103 au Canada devenant ainsi l'opposition officielle à la Chambre des communes. Pour la première fois de son histoire, le NPD remportait la majorité des sièges au Québec.

La vague orange a emporté le Bloc québécois et son chef Gilles Duceppe. Un nouvel échiquier politique se dessinait au Québec où les nationalistes souverainistes du Bloc québécois et les ultra-fédéralistes libéraux semblaient ne plus avoir leur place. Tout cela est attribuable à la magie de l'empathique Jack Layton. Malheureusement pour les néo-démocrates, le cancer a eu raison de Jack Layton qui est décédé en août 2011. La suite de l'histoire est connue, Thomas Mulcair devint chef du NPD, recentra son parti et connut une défaite crève-cœur contre le jeune premier au nom connu, Justin Trudeau en 2015. Thomas Mulcair quitta la vie politique pour faire carrière dans les médias et un nouveau chef charismatique au Canada, Jagmeet Singh lui succéda. Que reste-t-il de la vague orange 10 ans plus tard ? Réflexions autour de la mort annoncée d'un parti politique fédéral au Québec...

Le NPD et le Québec

Il y a une longue histoire entre le NPD et le Québec. Une histoire dans laquelle on retrouve des noms comme Thérèse Casgrain, Pierre Elliott Trudeau, Robert Cliche et tutti quanti. Le fond de l'incompréhension entre ce parti et le Québec tenait à l'opposition des progressistes du Canada anglais aux progressistes du Québec qui souvent étaient aussi de fiers nationalistes. Dans les années 60 et 70, il y a eu au Québec une mouvance de gauche québécoise qui était pour l'indépendance et le socialisme. De nos jours, cette fracture est toujours aussi présente même si elle a pris de nouveaux habits. La gauche québécoise est aujourd'hui traversée par de nouvelles problématiques. La gauche identitaire est opposée à une gauche universaliste. Les wokes contre les nationalistes gauchistes.

Cette dynamique ne peut pas ne pas avoir d'influence sur l'évolution des sentiments des Québécoises et des Québécois envers le NPD. D'ailleurs, il est remarquable de constater que le nouveau chef Jagmeet Singh est convaincu que la loi 21 sur la laïcité s'apparente à du racisme et que le caractère distinct du Québec est un mal nécessaire pour gagner des élections, pas pour défendre ses convictions. Nous sommes loin de la clause Québec issue de la déclaration de Sherbrooke du NPD de Thomas Mulcair. Le seul député québécois du NPD, Alexandre Boulerice, fuit les médias refusant de défendre l'indéfendable.

Québec-Canada

Même si l'on persiste et signe, la question du Québec n'est pas résolue au Canada. Malgré la constitution imposée par Pierre Elliott Trudeau qui devra durer mille ans, la société canadienne est bloquée et l'inertie commence à peser sur l'avenir non seulement du Canada, mais aussi du Québec. Alors que l'on réclame à cor et à cri que l'on agisse contre le racisme systémique, le Quebec bashing fleurit comme jamais au Canada. On peut impunément dans les cercles de bien pensants du Canada anglais verser son fiel contre les Québécoises et les Québécois sans être importunés. Décrire le Québec comme une société raciste, peuplée de suprémacistes blancs et d'arriérés est bien vue dans les grands médias du Canada anglais. Le Québec comme toujours doit être remis à sa place. Nous sommes encore là Priest-ridden society d'hier. Comme québécois, nous en sommes un peu responsables malgré tout. Nous avons décidé à deux occasions de demeurer des Canadiens en refusant de faire du Québec un pays. Un choix légitime qui comporte des conséquences. Parallèlement à ces choix, nous n'avons pas bâti de rapports de force réels avec le Canada pour faire reconnaître notre caractère distinctif. Aujourd'hui, nous en payons le prix.

Notre langue, notre identité

Par exemple, une vaste campagne de relations publiques est en cours pour mettre la lumière sur la fragilité de notre langue. Dans la foulée des intentions du gouvernement du Québec de déposer un projet de loi sur la langue afin de renforcer la loi 101, on ne parle pas de l'essentiel, la désaffection largement partagée de la jeunesse pour la langue française. Une langue comme la nôtre ne s'impose pas par des lois et la coercition, mais par le libre choix et la séduction. Le français est une langue exceptionnelle. On dit souvent que c'est la langue de l'amour, de la nuance et de la diplomatie. Vous ne sentez pas une gêne d'en être aujourd'hui réduit à faire des relations publiques pour en convaincre les parlants français du Québec afin que leur gouvernement puisse agir énergiquement pour la protéger. Où sont les citoyennes et les citoyens du Québec qui sont convaincus de l'importance de cette langue pour la pérennité de leur culture ?

Dans un tel contexte, il ne faut pas s'étonner que nous ayons de la difficulté à nous faire des alliés fidèles dans ce pays qu'est le Canada. Avant de condamner le NPD de Jagmeet Singh d'avoir abandonné le Québec, il faudrait faire notre propre examen de conscience. Est-il plausible que l'une de nos pistes de réflexion soit que nous nous sommes abandonnés nous-mêmes ?

Le congrès du NPD

La semaine dernière, le NPD a tenu son congrès. Ce parti s'affirme comme la conscience du parlement du Canada. Un parti résolument à gauche et centralisateur. Pour ne pas couper les ponts avec le Québec profond, une résolution dénonçant la loi 21 a été retirée. Nous n'avons pas entendu non plus de discours accusant le Québec d'être des suprémacistes blancs et des racistes. Ce n'est pas parce que nous ne l'avons pas entendu que ces gens ne le pensent pas.

Il y a une grande fracture entre le Canada et le Québec. Ce problème n'est pas résolu. Il ne faut pas s'étonner qu'il ressurgisse lors des rencontres des formations politiques du Canada. Nous sommes encore considérés dans le jeu pour le moment parce que nous détenons un pouvoir. Le pouvoir du nombre lorsqu'il est temps d'élire des députés et un gouvernement au parlement du Canada.

Un pouvoir qui s'effiloche peu à peu. Chose certaine, quiconque se donne la peine d'être attentif à ce qui se dit et s'écrit sur le Québec au Canada ne peut qu'être inquiet de l'avenir du Québec au sein du Canada. Inquiets de l'avenir de la langue et de la culture française en Amérique. Nous ne sommes pas éternels et nous ne sommes pas protégés par une force divine. La politique est un rapport de force et il est temps que nous nous affirmions avant qu'il ne soit trop tard. En politique, seul le rapport de force compte. Nous devons faire en sorte que l'on nous craigne et nous respecte plutôt que de subir des injures et des insultes. Le Québec doit se tenir debout et se mobiliser pour se faire respecter. Et il ne faut pas trouver l'excuse facile pour nous défiler comme de dire que c'est de la faute de l'homme au turban...


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