Servir. Prévenir. Protéger.
Trois visages intéressants mis de l'avant par le service de
police de la ville de Sherbrooke.
La relation qu'on entretient avec les forces de l'ordre prend
aussi bien des visages.
La police porte tous les blâmes, dans les conversations du
quotidien, comme un exutoire facile à ces frustrations qui congestionnent nos
sentiments. Un exutoire qui semble nous donner le pouvoir de tout dénoncer!
Mais, ultimement, quand on a besoin, on oublie tout ce qu'on a dit et c'est la
police qu'on appelle.
Mais oui, je sais. Les interventions policières sont parfois
imparfaites. Après tout, il n'y a que les gérants d'estrade qui soient
parfaits, non?
Je me disais tout ça, cette semaine, quand j'ai vu et lu les
interventions musclées de l'ICE (la police de l'immigration) à côté de
chez-nous, dans le Maine. Le Maine qui était la résidence d'été temporaire de
tant de Québécois. Dont je suis, d'ailleurs!
Les services de police sont des outils de régulation de nos
sociétés organisées. Quand on regarde plus attentivement les interventions des
policiers dans un quart de travail, on s'aperçoit que la notion de servir la
communauté est prioritaire. Et non, les policiers ne sont pas des matamores qui
frappent partout aveuglément. Ce serait une démonstration de mauvaise foi couplée
à une ignorance crasse.
Là où ça se gâte, c'est quand le politique se sert de la
police comme d'une arme offensive.
La technique est simple. D'abord, semer la peur. Quand on
crée une police spéciale destinée à faire la chasse aux immigrants illégaux, on
sème volontairement un climat de peur chez tous les immigrants. Volontairement.
Presque sadiquement.
Quand la peur est semée et que la terreur s'invite par
moments de plus en plus fréquents, les gens réagissent. Et c'est là que les gouvernements
qui visent une autocratie commandent des attaques pour ramener la
« paix ». Paix qu'ils ont eux-mêmes déstabilisée.
Le glissement vers des régimes autoritaires passent par la
semence de la peur, puis la répression.
Quand on comprend ce simple modèle d'action et qu'on
s'aperçoit que tous les pays autoritaires dans le monde l'utilisent, on se met
à s'inquiéter à juste titre.
Alors quand on écrit, sur les médias sociaux, des inepties du
type « quand on n'a rien à cacher, ICE ne s'en prend pas à nous. Alors,
immigrants, obéissez simplement et tout ira bien », il y a dérapage.
Un aveuglement volontaire nourri par une haine des personnes
immigrantes qui deviennent toutes et tous des criminels. Un aveuglement
volontaire qui mène à une radicalisation (si ce n'est pas déjà fait).
La radicalisation est voulue par Trump. Elle est organisée
par Trump. Il se fait appeler le pacificateur, mais prône la race pure
dans son pays.
La radicalisation exclut toute forme de réflexion. La réflexion
ramène à la logique fondamentale. On veut pas ça, dirait l'autre! Les
gouvernements comme celui de Trump sèment le chaos et remplacent la réflexion
par la répétition de thèmes violents.
II est dangereux d'interpréter ce qui se passe avec ICE de
façon légère et de publier des statuts vantant les mérites de pareilles
interventions.
Dangereux parce qu'aujourd'hui, ce sont les immigrants. Mais
demain, ce sera l'ensemble du peuple qui voudra revendiquer les libertés
individuelles qu'on lui enlèvera, une après l'autre...
Il n'y a pas beaucoup de monde à la tête de la pyramide décisionnelle
aux États-Unis. La gang de Trump et les milliardaires qui contrôlent de façon
vicieuse les algorithmes des médias sociaux.
Ne pas comprendre qu'il y a péril en la demeure est tout
aussi dangereux pour la suite des choses.
Servir. Prévenir. Protéger. Vous changeriez notre
police, vous?
Clin d'œil de la semaine
Le Groenland est tentant pour Trump : il y a des tonnes
d'ICE à l'état brut, là-bas...