La compagnie de télécommunications Nordia/NQX a procédé à la
mise à pied de 77 téléphonistes de son centre d'appels situé à Sherbrooke.
L'annonce a été faite hier matin et survient à la suite de la décision de Bell
Canada de mettre fin à son entente de services avec l'entreprise.
Selon le syndicat, cette décision a des conséquences
majeures pour les travailleuses et travailleurs touchés, mais aussi pour
l'économie régionale de Sherbrooke. Une forte proportion des salariés concernés
œuvraient depuis plusieurs années chez Nordia/NQX.
Un choc pour les travailleuses et travailleurs syndiqués
Le président du Syndicat des travailleuses et travailleurs
de Nordia-CSN, Jean-Michel Brière, parle d'une situation dramatique. Il
souligne que plus de 70 % des membres du syndicat se retrouvent maintenant sans
emploi.
Il rappelle que plusieurs personnes mises à pied sont à un
âge où le retour sur le marché du travail peut s'avérer complexe. Le syndicat
craint que ces pertes d'emplois fragilisent davantage des travailleuses et
travailleurs déjà confrontés à un secteur en transformation.
Une catastrophe économique pour la région de Sherbrooke
Pour la présidente du Conseil central des syndicats
nationaux de l'Estrie-CSN, Julie Bolduc, la fermeture de ce compte représente
une catastrophe pour la région de Sherbrooke. Elle rappelle que le métier de
téléphoniste est aujourd'hui facilement délocalisable.
Elle s'interroge sur l'avenir des services à la clientèle de
Bell et sur l'endroit où ces emplois seront désormais exercés. Elle soulève
également la question du remplacement potentiel de ces postes par
l'intelligence artificielle, une inquiétude grandissante dans le milieu des
centres d'appels.
La surveillance par l'intelligence artificielle remise en
question
La décision de Bell survient peu de temps après le dépôt
d'un grief syndical concernant l'utilisation d'un logiciel de surveillance par
l'intelligence artificielle. Ce système analysait les conversations et
signalait toute dérogation au script exigé par Bell.
Les travailleuses et travailleurs dénonçaient un outil jugé
insensible au contexte réel des échanges avec la clientèle. Une pétition
circulait afin de demander à Bell de mettre fin à cette pratique.
Des questions sans réponses et un soutien syndical
annoncé
La présidente de la FNCC-CSN, Annick Charette, s'interroge
sur les motivations de Bell, qui n'a fourni aucune explication officielle pour
la fin de l'entente avec Nordia/NQX. Elle se demande si cette décision est liée
à la contestation de la surveillance par l'IA.
De son côté, la présidente de la CSN, Caroline Senneville,
affirme que les travailleuses et travailleurs ont droit à la dignité. Elle
annonce que la CSN offrira tout son soutien aux personnes touchées et que des
démarches sont en cours pour mettre sur pied un comité de relocalisation avec
l'employeur.
Source : Dominique Desautels, conseillère syndicale et
coordonnatrice régionale, Service d'appui aux mobilisations et à la vie
régionale, Conseil central des syndicats nationaux de l'Estrie-CSN