À Sherbrooke, une nouvelle initiative de l'université veut
redonner espoir aux personnes paralysées. La Faculté de Médecine et des
sciences de la santé de l'Université de Sherbrooke lance la Chaire de recherche
interdisciplinaire en restauration neurologique. Dirigée par le neurochirurgien
Christian Iorio-Morin, cette chaire vise à développer des technologies capables
de restaurer des fonctions perdues, comme marcher. Le projet repose sur un pari
clair : utiliser la science pour recréer le mouvement chez des patients
atteints de paralysie.
Une approche nouvelle pour les personnes paralysées
Les maladies neurologiques sont aujourd'hui la première
cause mondiale de morbidité. Avec le vieillissement de la population, le défi
est de préserver et de restaurer les fonctions du système nerveux. Des
problèmes comme l'AVC, la sclérose en plaques ou les traumatismes médullaires
laissent chaque année des milliers de personnes avec des incapacités
permanentes.
Actuellement, les traitements sont surtout compensatoires.
On adapte l'environnement à la perte de mouvement. Mais dans plusieurs cas, les
nerfs restent en partie intacts. Le cerveau envoie toujours des signaux, mais
ceux-ci ne se rendent plus aux muscles. La chaire veut contourner ce problème
grâce à des électrodes et à la neurostimulation pour recréer un mouvement
volontaire.
Des objectifs clairs pour restaurer le mouvement
Le programme de recherche de l'université à Sherbrooke vise
trois objectifs. D'abord, mieux comprendre les réponses motrices grâce à la
stimulation de la moelle épinière. Ensuite, permettre un contrôle volontaire et
en temps réel d'un membre paralysé. Enfin, intégrer une rétroaction sensorielle
pour rendre le mouvement plus naturel.
Les travaux débuteront avec des études cliniques chez des
personnes paralysées. L'objectif est de restaurer des gestes essentiels du
quotidien. Ces recherches pourraient aussi aider à mieux comprendre la
récupération neurologique.
Une innovation scientifique et éthique
Ce type de recherche existe déjà en Suisse et aux
États-Unis, mais il est nouveau au Canada. La chaire positionne donc Sherbrooke
et son université comme un acteur important dans ce domaine. Cependant, ces
technologies soulèvent des questions éthiques. Par exemple, peut-on utiliser
ces outils pour améliorer un corps en santé? Qui contrôle les données du
cerveau? Qui est responsable en cas d'erreur?
La chaire intègre ces questions dès le départ pour assurer
un développement responsable.
Un soutien essentiel pour avancer
La création de cette chaire repose sur l'appui de donateurs,
dont la Fondation du CHUS et le Fonds Famille Jean Morin. Ce soutien permet
d'acheter des équipements, de lancer des études et de former des chercheurs.
Grâce à cette initiative, Sherbrooke renforce sa place en
neurosciences. Surtout, elle offre un nouvel espoir aux personnes paralysées en
cherchant à redonner le mouvement.
Source : Geneviève Lussier, relations médias et
relations publiques, Service des communications, Université de Sherbrooke