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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Le vivre-ensemble, le CH et notre moi intérieur…

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François Fouquet - Deux mots à vous dire Par François Fouquet - Deux mots à vous dire
Lundi 25 mai 2026

Vivre ensemble. Deux mots qu'on a réunis par un trait d'union pour n'en faire qu'un : vivre-ensemble. En fait, on en a fait un nom commun. Comme dans « le vivre-ensemble » est préoccupant dans notre société contemporaine.

Depuis des décennies, des centaines d'auteur ont publié des bouquins sur le lâcher prise, la redécouverte de soi, le moi enfoui en moi, le me choisir d'abord, le respecte-moi dans ce que je suis, la petite voix en moi qu'il fait suivre et j'en passe...

Ces auteurs, les ancêtres des influenceurs des médias sociaux, nous arrivent généralement, de façon souvent plus approximative que pertinente, avec des recettes toutes faites. Des recettes simples qu'il suffit de mettre en application pour changer notre vie, certes, mais surtout, pour atteindre un niveau de paix intérieure qui semble désespérément nous échapper.

Donc, depuis des décennies, on apprend la valeur du chacun-pour-soi et, aujourd'hui, on se demande comment vivre ensemble.

La grande contradiction

Depuis des décennies, donc, on cherche à comprendre et à favoriser le déploiement de notre moi. Les yeux tournés vers nous-mêmes, on n'a pas vu que les choses changeaient autour de nous.

Je généralise, je sais. C'est fait exprès.

Les choses ont changé. On a entendu les politiciens se relancer sur un nombre d'immigrants acceptés chaque année. 30 000? 50 000? L'encan était ouvert. Tout cela n'était qu'un nombre, après tout. Et, concentrés sur nous-mêmes, on avait pas réalisé qu'il y avait des humains derrière ces chiffres.

À voir les dérives des acceptations à une vie permanente pour ces gens dans nos terres, on voit que les ressources gouvernementales ont échappé le ballon plus souvent qu'à leur tour. Encore là, on s'en sort en disant qu'il y en a 1 000 qui seront retournés. Le nombre évite de nommer que ce sont des humains qui sont derrière les statistiques.

Bref.

En reportant notre regard sur la société qui nous entoure, on s'aperçoit que tout n'est plus comme avant. Le comme avant est une notion floue, mais quand même.

Et là, on s'est mis à s'intéresser aux différences. Toutes les différences. De culture, d'accents, de couleurs, d'orientation sexuelle, de look et quoi encore?

Et on s'est mis à créer des sous-groupes homogènes (de même couleur, de même culture, de même orientation sexuelle, etc.) 

Aujourd'hui, il semble avantageux d'avoir une étiquette. De végane à TDA, en passant par la notion LGBTQ++, on dirait que chacun doit avoir une étiquette pour s'affirmer comme entité humaine spécifique. Comme on nous a enseigné de le faire depuis des décennies.

Tout cela est juste et bon.

Mais reste-t-il de la place pour le vivre-ensemble dans ces quêtes?

Le fait que chacune et chacun se sente complètement entendu, écouté et respecté avant qu'on puisse aborder le vivre-ensemble est-il une condition essentielle?

Et le projet de société, là-dedans?

Le seul projet qui nous occupe, c'est le maintien de l'économie. J'y reviens la semaine prochaine, mais disons que l'économie est l'assise des assises.

Ce n'est pas un projet qui rassemble. Ce n'est donc pas un projet de société.

Alors, il est où, le projet de société?  Comment arrivera-t-on à y adhérer si la condition est que chacune et chacun soit complètement reconnu dans ce qu'il ou elle est avant d'adhérer à quoi que ce soit?

C'est cette question un peu anxiogène qui me trottait dans la tête quand j'ai pris la mesure, au fil des derniers jours, d'une situation qui révèle peut-être quelque chose.

L'engouement pour les séries finales des Canadiens de Montréal au hockey est immense. Plus que jamais. Alors que le circuit Bettman peine à remplir plusieurs de ses arénas, nous, on remplit des arénas, partout au Québec, alors que le match y est transmis sur écran géant. À Sherbrooke, le théâtre Granada accueillait les gens qi voulaient se rassembler pour voir les matchs. Des résidences pour personnes âgées (RPA) ont dédié leur salle de cinéma à la présentation des matchs.

Grande opération commerciale?

Pas que. Ce qui se passe est beaucoup plus fort qu'une stratégie communicationnelle.

Il y a de la joie. Il y a une volonté de vivre des moments ensemble. Rassemblés. Pour gagner ensemble. Ou se consoler ensemble. Il y a une équipe formée de jeunes joueurs de partout à travers le monde qui se retrouvent comme des ti-culs, sourire aux lèvres, à jouer ensemble au hockey. Il y a l'accessibilité humaine de Martin St-Louis.

L'instant d'un match, on est prêts à offrir et recevoir un câlin de notre voisin, qu'elle ou qu'il soit gay, de couleur, voilé ou quoi encore?

Mon exemple peut paraître fort en café.

Mais derrière tout ce vivre-le-moment-ensemble (qui s'exprime de la base et non commandé par en haut), il y a d'abord une bonne raison d'être ensemble. Un projet collectif.

Un projet. Une occasion plus universelle qu'individuelle de vivre ensemble.

C'est ça, le type de quête qu'il faut mettre à l'agenda.

 

Clin d'œil de la semaine

Même un Français peut soulever les foules sur nos patinoires! Qui l'eut cru?  


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