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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Une ère de règlements de comptes

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Photo : Pexels.com
François Fouquet Par François Fouquet
Mardi 2 septembre 2025

Ce n'est pas simple, le pardon. Je veux dire, le pardon sans mais. Sans mais comme dans « je te pardonne, mais je n'oublie pas... »

Dans pardon, il y a don. Ça fait partie de l'origine du mot qui semble découler en tout ou en partie de perdonare, en latin, qui signifie donner complètement.

La complexité du pardon, c'est que ce n'est pas une fleur ou une faveur qu'on fait à quelqu'un. C'est une décision qu'on doit réfléchir, par ce qu'elle implique que l'incident est derrière nous. Derrière nous au sens où il ne reviendra pas prendre toute la place dès que les choses iront moins bien.

 

Il y a des raisons qui motivent une personne à en pardonner une autre. On peut pardonner pour préserver une relation qu'on a avec quelqu'un ou par souci de favoriser un environnement meilleur autour de soi.

Mais (et ce n'est pas égoïste du tout), on pardonne d'abord, à mon point de vue, pour se procurer une sorte de paix intérieure par rapport à la cause de ce pardon qu'on sent le besoin d'offrir.

Pardonner, c'est donc une décision qu'on prend. Une décision qui nous oblige à laisser passer un peu de temps et faire de notre mieux pour mesurer l'impact réel de ce qui est arrivé. Pourquoi prendre du temps? Parce que la colère doit d'abord s'estomper. Elle n'est pas bonne conseillère.

L'impact réel. On dirait que c'est là que ça bloque.       

Une ère de règlements de comptes

Notre époque est fascinante, mais plus rarement glorieuse, je trouve.

Le fait que les communications se fassent de plus en plus à travers un intermédiaire technologique contribue à cette ère des règlements de compte, à mon œil.

Quand quelqu'un nous cause un souci, même si c'est de façon involontaire, les règles nouvelles de l'ère des règlements de comptes s'appliquent. Ces règles sont étroitement associées aux façons de communiquer contemporaines.

En voici deux.

Répondre immédiatement

Sitôt la situation subie, sitôt on a l'option de répondre là, maintenant, sans réfléchir. Si un texto n'est pas répondu dans les 5 minutes, on risque de se faire dire qu'on ghost la personne. Qu'on l'ignore volontairement, pour utiliser des mots qui existent pourtant bien en français.   

En attendant la réponse, notre colère envers la personne qui est à l'origine de notre trouble se gonfle au fil des secondes.

Et cette colère n'est pas meilleure conseillère qu'elle ne l'était plus haut dans ce texte!

Rajouter des couches

Sitôt la décision de répondre immédiatement prise, sitôt la deuxième règle a des chances de s'installer en prenant le contrôle des pouces qui gambadent allègrement sur le clavier tactile.

On écrit une première version du message. Puis, comme on est emprisonnés dans notre colère (qui ne conseille pas bien, mais qui rend aveugle!), voilà qu'on se demande si le message est assez clair. Et, comme la colère grandit de minute en minute, il faut en rajouter des couches, allant flirter avec la haine sans problème, pour bien écraser l'autre personne avec ce qu'on considère une peine équivalente à celle qu'on vit. 

Pause...

N'importe qui qui serait extérieur à la situation, pour peu qu'il soit une personne attentionnée, regardera le texto incendiaire et dira, calmement ou non : « Efface ça. Ça t'a fait du bien de l'écrire, à'c't'heure, efface et on reprend ça calmement. »

Fin de la pause...

L'affaire, c'est que cet ami n'existe pas à ce moment précis à côté de vous. Pire, vous vous fiez sur le fait que votre téléphone est réputé intelligent!

Le pardon est quelque chose de trop important pour être traité comme une chose banale qu'on rejette d'entrée de jeu.

Sans le pardon, la colère, la rancune et la haine se construisent à vitesse Grand V.

Mais le pardon n'arrive pas seul. Il demande de se mettre en action. Et la première action à poser, c'est de tout arrêter! De laisser flotter un peu la situation. De consulter une personne amie si on se sent aveugle devant le tableau des solutions.

On peut manifester notre peine, voire notre désarroi, par rapport à une situation qu'on subit sans pour autant balancer un char et une barge de colère et en prêtant à l'autre des intentions qui ne sont probablement pas réelles de toute façon.

De toute façon, un baluchon plein de rancune et de colère devient plus lourd à porter de pas en pas. Et le baluchon ne se videra pas de lui-même, même si on finit par penser qu'on est habitué de le trainer.

Aucune intelligence artificielle ne viendra remplacer le fait que deux personnes décident de régler calmement, mais fermement, une situation qui a provoqué de la douleur.

En fait, une intelligence artificielle qui serait minimalement intelligente en viendrait à la conclusion que l'intelligence émotive et naturelle doit être celle qu'on sollicite.

Clin d'œil de la semaine

 -Tu fais quoi?

-Je texte ma blonde. Je la laisse... »

-Oh! La première fois que tu l'as embrassée, c'est par texto?

-Ben non...

-Bon, ben, va la voir... » 

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