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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Je vote émotif...

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Fin de semaine de la fête du Travail. Qu'on fête en ne travaillant pas... Étrange. C'est comme faire une fête de la bière sans bière. Mais bon...

C'est aussi le dernier droit d'une campagne électorale qui, je l'espère, deviendra un point tournant de notre histoire.

Un point tournant en lien avec la façon de faire.

Au moment d'écrire ces lignes, l'attention est sur une caricature de mauvais goût (M. Charest et la guillotine). On la dit haineuse. Moi, je la trouve plus niaiseuse que haineuse. Comme celle de Madame Marois dont on a apposé la photo sur une boîte de fromage : la vache qui rit, peut-on y lire. Dans les deux cas, les images ont été publiées sur Facebook.

Ces images sont inutiles. De mauvais goût. Cela dit, à voir l'utilisation que les grands médias font de celle de M. Charest, on comprend bien qu'ils saisissent là une belle occasion de créer une vague de sympathie envers le chef qui, visiblement, est en difficulté dans son comté. Et ailleurs.

Ça, c'est le vieux dans la politique : l'idée de traficoter le message pour ne jouer que sur l'humeur des gens.

Le vieux, en politique, c'est aussi cette façon qu'on a, nous, électeurs, de faire semblant de s'occuper de politique. Mais sans s'en occuper vraiment. Avec tous les moyens que nous avons à notre disposition, on ne lit pas les programmes des partis. Avec plusieurs choix devant nous, on s'en tient à voter pour un chef. C'est de la vieille politique. Sans opinion. Uniquement émotive. Celle qui va faire que plusieurs de ceux qui ont voté NPD dans la vague de l'an dernier vont voter CAQ cette année au Québec. Deux visions pourtant opposées sur l'échiquier politique.

Vous avez lu le programme d'Option nationale? Si non, vous auriez dû. Et celui de Québec Solidaire? Non plus? En se laissant guider par les slogans, les images et les opinions des grands médias, on se prive de comprendre. On s'empêche de reconnaître la gauche de la droite. On vote émotivement, quoi!

Les grands partis le savent. Et ils décident à l'avance de chaque bout de phrase qu'ils vont marteler. De chaque fibre émotive qu'ils vont susciter en nous. Ils savent que l'électeur moyen ne cherchera pas plus loin.  

Ça m'inquiète quand j'apporte un point de discussion et que la réponse n'est qu'émotive. Par exemple :

- Je ne suis pas d'accord avec la façon dont Jean Charest a traité le dossier étudiant...

- Ah! Parce que tu penses que Marois est mieux, toé?

- C'est pas ça le point...

- Ben oui, ben oui...

Fin de la discussion.

Pas fort... Inquiétant, même.

Vous allez voir et revoir la caricature dite haineuse toute la fin de semaine. On voudra en faire le moteur d'un mouvement comme celui des Yvette en 1980. On va chatouiller la fibre émotive du Québécois comme on souhaitait le faire par le biais des étudiants cette année... Mais ça n'a pas marché. En se tenant tranquilles, les étudiants ont déjoué les stratèges libéraux. Ceux-ci doivent chercher ailleurs...

Je lisais les propos de Jean-François Rouleau (politicien municipal à Sherbrooke) concernant la caricature. Il déplore le fait le fait qu'elle ait été republiée par une politicienne municipale et éclabousse la crédibilité des politiciens. Je répète. La caricature est de mauvais goût. Mais, pour moi, la crédibilité vient avec le fait de respecter ses engagements, d'abord et avant tout. On peut tout mettre sur le dos d'un geste et d'un dessin, mais il faut regarder plus loin aussi. Pour ne pas faire que de la politique émotive.

Vivement des élections à date fixe. Vivement la limite de deux mandats pour un chef. Vivement une refonte de la façon de voter. Mais vivement aussi (et surtout), une remise en question des électeurs en lien avec leur responsabilité personnelle sur le système collectif.   

Clin d'oeil de la semaine

Si seulement on mettait autant de temps à s'intéresser à la chose politique qu'on en met à choisir une star à l'académie...

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