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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Ch’peux pas croire!

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François Fouquet Par François Fouquet
Lundi 4 avril 2022

L'expression est d'une autre époque, j'imagine. Le « ch'peux pas croire! » de la génération de mes parents venait souligner à gros traits l'aspect incroyable d'une situation. Une sorte de « ben voyons donc! », mais en plus désabusé. En plus déçu.

Will Smith monte sur scène et gifle un animateur. Ça, c'est un « ch'peux pas croire » assez assumé.

La semaine dernière, nous nous sommes revus. Les huit! Un groupe d'amis dont les horizons sont très différents, mais qui ressentent le même plaisir à se voir et se revoir.

Le rhum/jus de canneberge goûtait meilleur avec cette troupe autour.

L'amitié qui règne dans notre groupe dépasse les différences, les ressemblances, les divergences. Ce n'est pas une secte. Il ne faut pas toutes et tous être alignés vers la même conception des choses pour être admis dans le groupe!

À un moment, j'amène le sujet de la Formule 1 sur le circuit des discussions. Je n'ai aucun intérêt pour la chose, mais j'aime voir deux de nos amis s'animer autour des bolides et des performances des pilotes!

Mais, bon, je ramène à l'instant la voiture sur la piste du sujet de la chronique!

La discussion bifurque vers les États-Unis. Deux de nos amis viennent de parcourir l'ouest des États-Unis pendant plusieurs mois. Je m'attends à ce que Pierre (le nom n'est pas fictif!) me raconte les beautés des paysages. Après tout, sa page Facebook en témoignait allègrement.

Il m'a plutôt servi un « ch'peux pas croire! » tellement senti, qu'il en était troublant.

« Le déclin de l'empire américain, mon vieux, c'était pas un film, c'était un constat avant le temps! », me lance-t-il.

Il me décrit toutes sortes de situations qui démontrent, à son œil, à quel point c'est un univers où le déprimant chacun-pour-soi a pris toute la place.

Il faut dire que les États-Uniens (je déteste qu'ils se soient approprié l'Amérique!) vivent une crise d'adolescence assez solide! Drapeau dans une main, liberté individuelle totale dans l'autre, ils se demandent comment on fait vivre les deux mains en même temps. Les pieds pris dans une lutte fratricide entre la droite et la gauche, voilà que les indices de pauvreté galopent vers le haut, que les services de santé sont de moins en moins accessibles, que les différences raciales sont soulignées en gras au gré des agressions, et quoi encore!

Mais Pierre est un gars d'images: il a vu cette dame qui sortait pour faire marcher son chien. Elle avait une poussette pour enfant. À peine arrivée dans la rue, elle prend son chien trop gras dans ses bras et l'installe confortablement dans la poussette pour continuer sa petite promenade.

« Ch'peux pas croire! »

Je sais, je sais. Vivre et laisser vivre. Elle a le droit. Elle a ses raisons. Tu juges trop facilement. Je sais, je sais.

Mais j'y vois, comme Pierre le voit aussi, un symbole de déclin. Un symbole d'un dérapage de notre société. Je ne vois pas la dame qui dérape. Je nous vois déraper. Ce n'est pas pareil.  Et je pense à cette notion : la société, c'est comme la mode en Amérique. Ça s'installe aux États et ça monte ensuite.

Pierre me rassure un peu en me donnant un espoir : « Au moins, j'étais outré par la situation. Ça veut dire que je suis encore vivant. »

Être interpelé par une situation, ça brasse la vie en nous. Ça force les réflexions. Les remises en question.

Et, ça, c'est la différence entre vivre et survivre.

 

Clin d'œil de la semaine

Quand la vice-première ministre du Québec parle de "l'essentiel" projet de troisième lien de Québec (10 milliards $ au moins!) en affirmant qu'il faut penser à tous les gens des petites villes comme St-Michel-de-Bellechasse qui souffrent à cause du « trafic » en entrant à Québec, je me dis : « ch'peux pas croire! »


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