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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Mon char, ma réussite : tasse-toi, mon’oncle


En fait, la voiture est devenue un symbole. Elle procure un mode de vie. Elle témoigne d’une réussite, dans bien des cas. Elle est le plus précieux des avoirs, dans d’autres cas.
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François Fouquet Par François Fouquet
Lundi 9 septembre 2019

J'ai eu ma première voiture à 18 ans. Je n'en avais pas les moyens. Mon père a dû endosser un prêt à la Caisse populaire de mon quartier. Avant le dépôt de l'argent dans mon compte, j'avais eu droit à une leçon de crédit de la part du prêteur. Une belle leçon dont je retiens encore les bases aujourd'hui. Ah, oui! Et l'enseignement de mon père, beaucoup plus concis : « Si tu ne fais pas un paiement, c'est moi qui vas le faire. Et on vend la voiture au même moment. »

Nouvel adulte averti en vaut deux...

Dans ma tête, je venais de régler quelque chose. L'insécure en moi venait de marquer, me semblait-il, un point précieux sur le tableau des « chus capable ».

Ma petite auto a marqué l'imaginaire de certains de mes amis qui m'en parlent encore! Pas qu'elle roulait vite, nenon! C'était une 1200 cc. Un vent contraire la ralentissait. Mais on allait partout!

À ma façon, je venais de m'inscrire dans le groupe des gens pour qui la voiture apporte un statut.

En fait, la voiture est devenue un symbole. Elle procure un mode de vie. Elle témoigne d'une réussite, dans bien des cas. Elle est le plus précieux des avoirs, dans d'autres cas.

Vous me direz que c'est anecdotique, mais j'ai compris que la voiture était une unité de mesure de notre qualité de vie quand j'ai mangé pour la première fois du A et W dans mon char. Mon deuxième char. Une Pinto. À l'époque, on mangeait dans la voiture, chez A et W! Une personne venait à l'auto, prenait la commande et revenait avec un cabaret qu'elle accrochait à la fenêtre mi-baissée de la portière du conducteur. Elle le disposait vers l'extérieur. Le conducteur distribuait alors la bouffe aux occupants et on mangeait là, sans jamais sortir de la voiture!

La grosse vie, monsieur, madame!

Gâté pourri

Gâté pourri, c'était l'expression qui venait désigner l'attitude de celui qui a tout, mais qui en veut toujours plus. Qui finit, en fait, par ne jamais se satisfaire de ce qu'il a.

Ça fait 40 ans que j'ai une voiture, l'air de rien!

Mais je me désole de notre comportement au volant. Des fois, je me dis que la voiture a fait de nous des « gâtés pourris ».

De nos jours, les "cabines de pilotage" qui intègrent des outils de communication qui font qu'on peut parler au téléphone, répondre de façon vocale à des textos, entendre la musique qu'on souhaite, etc, tout ça nous rend un peu trop « important ».

Chacun devient maître d'une route qu'on devrait pourtant partager.

On ne devrait jamais dire « je prends la 10 jusqu'à Montréal ». On devrait dire « j'emprunte la 10 jusqu'à Montréal ». Déjà, on se sent moins possessif quand on roule sur (ou avec) quelque chose qui ne nous appartient pas!

À 30 en zone scolaire

Le comportement du maître de la route se vérifie quotidiennement sur nos parcours respectifs. Il y a toujours quelqu'un qui donne l'impression de jouer sa vie dans la compétition qui l'amène du point A au point B. Zigzag quand il y a deux voies, collage de derrière presque tout le temps, crispation visible de celle ou celui qui dénonce qu'on ne roule pas à 70km/h quand la limite est à 50!

Bref, du grand stress!

Un stress bien inutile, mais un stress qui, en plus, devient dangereux pour soi et pour les autres.

Le service de police de Sherbrooke a dû multiplier les appels à tous pour rappeler que l'école était recommencée et qu'il fallait respecter à niveau les limites de vitesse réduites en zone scolaire.

Incroyable, quand même. Les gâtés pourris ne savent plus se conduire (et conduire) pour maintenir un niveau de sécurité adéquat. Ça prend une voiture de police pour qu'ils ralentissent, se dépêchant, une fois au bureau, d'enguirlander les c%?$% de policiers qui gossent, tant leur propre vie si importante!

Se sentir important... un des maux de ce siècle fou!

Je termine en disant que la vitesse maximale en zone scolaire devrait être à 30 km (ou 20 selon le cas) tout le temps. 12 mois par année, de jour comme de soir. Qui dit école, cour d'école. Dit souvent parc. Dit souvent jouer au parc ou aller au camp de jour.

Mais non, le nombril du conducteur et sa vie à elle ou à lui vaut bien plus que ces limitations qui briment fondamentalement leur liberté personnelle et les empêche de performer comme elles ou ils désirent tant le faire.

« Aie! T'as pas vu que je suis là? Tasse-toi, mon'oncle! »

Clin d'œil de la semaine

« Que les parents gardent donc leurs enfants vissés à leur bidule électronique, à la maison. Ça va être moins dangereux autour des écoles ! »


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