Le printemps est plus chaud au chapitre du hockey qu'à celui de la
météo!
Les chandails du Canadien sont partout
Il est socialement intéressant de voir l'engouement massif pour le
Canadien partout au Québec. De voir cette adhésion presque
surréelle à la « cause » d'une équipe de hockey.
Comme en 20212, alors que le Canadien s'était rendu en finale pour
la coupe Stanley? Un peu. Nous vivions en repli à cause de la Covid,
alors ça faisait du bien d'exprimer de la joie en mode collectif.
Mais il y a un ajout important cette année. Et pas le moindre :
le hockey féminin s'impose de plus en plus et la Victoire de
Montréal est en finale pour la coupe Walter, ultime trophée de la
Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF).
Et c'est là qu'intervient cette chronique.
Plusieurs voix se sont élevées, cette semaine, pour dénoncer ce
qui est un fait : les médias accordent moins d'importance au
hockey féminin.
Un constat, deux manières de l'exprimer
-
D'abord, il y a celles et ceux qui dénoncent ce fait. « Ça
devrait être équitable, égal, dans la couverture! On dirait
qu'il n'y en a encore que pour les gars. C'est limite
misogyne!» Ou encore : « On n'en a que pour le
Canadien! Il faut intervenir! »
-
Et il y les
gens qui choisissent de promouvoir de façon originale la Victoire.
Au départ, je n'ai entendu que l'option 1. Les gens qui
dénonçaient.
J'ai remarqué tout de suite que leur façon de dénoncer
provoquait en moi un réflexe de contradiction. Comme pour balancer
les choses. Mon état d'esprit était en mode défensif. Mes
arguments tournaient autour de ceci :
-
L'équipe du Canadien existe depuis 117 ans et a marqué des
générations de partisans.
-
Le Canadien a
joué un rôle social en favorisant l'émancipation sociale et la
confiance en eux-mêmes des francophones avec des joueurs comme
Maurice Richard, Jean Béliveau et Guy Lafleur, entre autres.
-
Puis, un
engouement, ça ne s'impose pas. Ça se construit. Ça s'incarne.
Dénoncer les choses ne fera pas un grand changement.
Je pourrais continuer...
C'est là que survient l'autre façon de faire. J'ai découvert
au hasard (le hasard étant souvent dicté par des algorhitmes!) une
vidéo de Alexane Drolet tirée de sa page Alexplique. Je mets
le lien Facebook au bas de la chronique.
Alexane fait le même constat que celles et ceux qui dénoncent, mais
change d'angle. Elle dit souhaiter aux filles qui jouent au hockey
juste ¼ de l'engouement que reçoivent les hommes. Elle se sert de
son influence pour demander des gestes concrets à plusieurs
entreprises et personnes. Elle contribue ainsi à faire tourner plus
fort la roue de l'engouement en encourageant les gens à poser un
geste.
J'ai vu sa vidéo et j'avais le goût de me procurer une
casquette, un fanion, quelque chose de la Victoire.
Je reviens à l'aspect sociologique de la chose : en
choisissant la dénonciation sans propositions concrètes, on se
replie dans un rôle de victime. En agissant comme l'a fait
Alexane, on se met en action, on contribue à enclencher un
mouvement, on vend le plaisir de nous rassembler sous un même thème!
Ce n'est pas une question de gars/filles. C'est une question de
contagion du plaisir. C'est une question d'engouement.
S'imprégner dans la culture est parfois long, mais je suis sûr
d'une chose : si un engouement se dessine, les médias, comme
tout ce qui est entreprise, vont embarquer. On ne laisse pas passer
une vague heureuse.
Et cette vague, pour la Victoire de Montréal je la sens se former.
Allez, Montréal!
Clin d'œil de la semaine
Gars ou fille, la victoire fait frémir...
Lien de la vidéo : https://www.facebook.com/share/v/1Lcb4dnD7E/