Alors, ça veut dire que Trump n'est là que depuis un an ?
Sibole ! « La vie, c'est court, mais c'est long des p'tits boutes », chantaient
les Colocs.
En un an, il a su semer menteries, conneries, âneries, haine
et déroute sur son passage. Si certains saluent son intelligence supérieure
pour ce qu'il a fait arriver, je vois les choses bien autrement : quand on
croit détenir la vérité, qu'on est un narcissique fini, qu'on nomme aux postes
clés de l'État des gens qui nous sont redevables et qu'on peut faire chanter à
volonté, quand on manipule la justice et qu'on interprète les choses à sa
façon, sans consultation, ne craignant pas de dire une chose et son contraire
d'un jour à l'autre, je crois qu'on devient plus dangereux qu'intelligent.
Mais un an seulement ? Ça m'en a paru cinq !
Et voilà qu'il fête son premier anniversaire au pouvoir par
la capture du président du Venezuela.
Il brise encore plus les codes de vie diplomatique entre les
nations, les pays. En changeant les règles du jeu, il envoie le message que
tout autre pays peut faire pareil. Il suffit de mentir sur les raisons
fondamentales de la prise de pouvoir du pays convoité et hop, le Mal est chassé
du pouvoir et le pétrole nous revient de droit. Pas beau, ça ?
C'est important de parler de Trump parce qu'il a brouillé
les cartes. « Assez fou pour mettre le feu, mais jamais assez fin pour
l'éteindre... », disait l'autre.
2026, donc. Pour que l'année soit bonne.
Je relis le début de cette chronique et je repense à mes
souhaits de bonne année distribués jusqu'à maintenant: souhaits de paix pour
2026.
Ça part mal.
Alors, en débutant cette année 2026, j'ai besoin de savoir
où sont mes repères d'espoir. L'espoir, c'est ce qu'il reste quand il ne reste
rien. C'est dire comment il est important d'en entrevoir !
Je suis inquiet du virage à droite que prennent presque tous
les gouvernements. Quand on en vient à trouver de plus en plus de liens de
parenté entre libéraux fédéraux et conservateurs; quand, même la CAQ pige dans
le sac à idées des conservateurs du Québec, je me dis qu'on vire à droite pas
pire...
Je suis inquiet parce qu'on n'a pas eu de discussion par
rapport à ces changements drastiques. Changements qui relèvent plus ou moins
directement de l'état d'urgence créé par chose, là, Trump, en bas. Et l'état
d'urgence est un vaste parapluie, semble-t-il !
Voie d'entrée sur l'autoroute
Le temps des Fêtes constitue une sorte de temps d'arrêt. Le
retour à la quotidienneté de notre réalité se fera de lui-même. Souvent un peu
vite.
Une discussion en famille est venue confirmer ce que j'avais
senti depuis quelques années : la voie d'entrée sur les autoroutes se fait
autrement, maintenant. Comme si c'était le reflet de notre vie folle où chacun
manifeste de plus en plus l'importance de sa personne, voilà qu'on entre sur
l'autoroute avec l'attitude du « tassez-vous, j'arrive ». La notion de
"céder le passage" a, semble-t-il, été éclipsée par les libertés
individuelles!
Ça me tracasse beaucoup parce que notre façon de nous
conduire et de conduire notre véhicule est une métaphore de notre vie en société.
Nous sommes alignés sur les voies rapides du quotidien. À l'approche d'une voie
d'accès à l'autoroute, quand on roule sur celle-ci, on devrait poser le geste
responsable de changer de voie vers la gauche pour faciliter l'entrée des
voitures sur la voie rapide. Ça, c'est quand on le peut! C'est du civisme et de
la conduite préventive. Mais ça ne s'applique pas toujours.
Si on est au volant de la voiture qui entre sur l'autoroute,
on pourra être heureux de bénéficier du civisme d'autrui, mais un fait demeure
: on a l'obligation de céder le passage et de prendre patiemment et
sécuritairement notre place sur la voie rapide.
Voie rapide, savoir-être... et espoir!
Je ne ralentirai pas le rythme de notre société. Pas plus
que je ne pourrai empêcher Trump d'être un dangereux électron libre et sans
conscience sociale.
Mon espoir réside dans le périmètre de mes actions. De ce
que je peux faire dans mon entourage pour rendre un petit bout de monde un peu
meilleur.
Pour moi, ça veut d'abord dire que ma liberté vient en
couple avec ma responsabilité de comprendre la liberté de l'autre. Une société
sans limites et sans règles, c'est n'importe quoi.
Mais je vais plus loin. Avant d'en arriver aux règles, il y
a cette satisfaisante façon de nous comporter de façon bienveillante. Pas
naïvement bienveillante. Mais une bienveillance responsable.
Chaque jour, nous croisons des gens. Des situations. Il y a
des voies d'accès à l'autoroute du quotidien bien plus qu'on ne le pense.
Mon espoir réside dans le fait de cet éveil à la valorisante
responsabilité personnelle de poser des petits gestes simples dont on ne pourra
vraisemblablement pas mesurer l'impact global.
Je nous souhaite une bonne année 2026.
Je conjugue au nous. Si on ne s'inclut pas dans la
responsabilité de la réussite du souhait, celui-ci tombe à plat en moins qu'il
n'en faut pour le dire !
Clin d'œil de la semaine
Est-ce qu'on vient de laisser notre place comme 51e État
américain au Venezuela ? Jusqu'où glissera-t-on ?