Plus de 200 personnes ont bravé le froid samedi 7 février
2026 à Sherbrooke pour participer à un rassemblement contre l'abolition du
Programme de l'expérience québécoise (PEQ). L'événement s'inscrivait dans une
mobilisation interrégionale tenue simultanément dans sept villes du Québec, à
l'initiative du collectif Le Québec c'est nous aussi. Au total, quelques
milliers de personnes se sont mobilisées à travers la province pour dénoncer
les impacts socioéconomiques de cette décision.
Des impacts économiques et humains dénoncés
Au rythme de chansons des Cowboys Fringants, les
manifestants ont brandi des banderoles exprimant leur inquiétude et leur
déception face à l'abolition du PEQ. Plusieurs participants ont dénoncé une
décision gouvernementale perçue comme un recul et un non-respect des
engagements pris.
Des citoyens venus de différentes municipalités de l'Estrie
ont exprimé leur désaccord et leur volonté de voir le gouvernement revenir sur
une mesure largement contestée par plusieurs acteurs de l'économie québécoise.
L'objectif principal de la mobilisation : réclamer le maintien des droits
acquis pour les personnes qui ont suivi les règles dans l'espoir de s'établir
durablement au Québec.
Un appui important du milieu économique et municipal
La demande de protection des droits acquis fait consensus
auprès de nombreuses organisations, dont la Fédération des chambres de commerce
du Québec (FCCQ), le Conseil du patronat du Québec (CPQ), Manufacturiers et
exportateurs du Québec (MEQ), l'Association hôtelière du Québec (AHQ) et
l'Association Restauration Québec (ARQ). L'Union des municipalités du Québec
(UMQ) a également exprimé sa solidarité à travers le mouvement des cœurs bleus,
en appui aux travailleurs et étudiants internationaux qui contribuent à la société
québécoise.
Les organisateurs ont salué la participation de plusieurs
élus, dont la mairesse de Sherbrooke, Marie-Claude Bibeau, accompagnée de
membres du conseil municipal. La députée fédérale Élisabeth Brière, le député
fédéral Louis Villeneuve et la députée provinciale Christine Labrie étaient
aussi présents. Plusieurs organisations syndicales, étudiantes et
communautaires ont également pris part à la mobilisation, notamment la
CSN-Estrie, l'APTS-Estrie, l'UEQ, la FEUS et Solidarité populaire Estrie,
coorganisatrice de l'événement.
Des projets de vie fragilisés
La mobilisation a réuni des travailleurs, des étudiants
internationaux et des familles directement touchés par l'abolition du PEQ.
Plusieurs ont partagé leur parcours et les incertitudes auxquelles ils font
désormais face.
Originaires de différents pays, ces personnes occupent des
emplois dans des secteurs clés comme l'hôtellerie, le manufacturier, les
technologies de l'information, la santé et les services sociaux, ou encore les
services de garde. D'autres poursuivent leurs études dans les cégeps et les
universités du Québec. Pour beaucoup, l'abolition du programme rend leur projet
d'établissement au Québec incertain.
Les organisateurs se sont dits satisfaits de la mobilisation
régionale et du soutien obtenu de plusieurs territoires de l'Estrie, dont
Memphrémagog, la Haute-Yamaska, Coaticook, le Haut-Saint-François et le
Val-Saint-François.
Source : Melissa Medeiros, fondatrice, VIA Expats. Crédit
photo : Jean-Michel Naud.