Société Arts & culture Sports Chroniqueurs Concours Annonces Classées

  ACTUALITÉS / Actualités

Exclusif : le SHASE fermera ses portes le 25 décembre

 Imprimer   Envoyer 
Photo : Évans Bédard, intervenant au SHASE
Elizabeth Nadeau Par Elizabeth Nadeau
enadeau@estrieplus.com
Jeudi 24 septembre 2015

La réponse est arrivée mardi : dans les coffres du CIUSSS de l'Estrie - CHUS, il n'y a pas d'argent pour les clients d'Évans Bédard. Sans argent, la seule ressource d'aide aux hommes ayant été agressés sexuellement dans l'Est du Québec fermera ses portes à Noël.

Selon le seul intervenant du SHASE (Soutien aux hommes agressés sexuellement durant l'enfance), Évans Bédard, jamais un gouvernement n'a pris de position claire et n'a fournit les moyens aux organismes d'aider les hommes en difficulté. Et ce, toutes couleurs confondues.

La cause n'est pas sexy, mais essentielle à défendre

« On part de loin! Les femmes ont créé des services pour elles il y a une vingtaine d'années, explique M. Bédard quant au financement des services pour femmes. Aujourd'hui, notre démarche est comparable à leurs balbutiements. Notre cause est moins sexy, c'est dérangeant d'entendre dire que des hommes ont été agressés sexuellement. »

Et pourtant, un homme sur six aurait été victime d'une agression sexuelle, le plus souvent alors qu'il était enfant. Au Québec, cela représente 675 000 hommes. À Sherbrooke, 25 000. Ils sont médecins, hommes d'affaires, professeurs, travailleurs de la construction.

« On a notre lieu d'être, c'est bien certain. J'accueille une centaine de clients par année, même parfois 120. Ils font la route de la Gaspésie, de Québec, de Victoriaville, de Drummondville pour une heure de consultation. La seule autre ressource, c'est le CRIFASE, à Montréal. »

De récentes études appuient cette affirmation de l'intervenant.

« Une étude américaine a récemment démontré qu'une agression dans la douceur provoque des lésions au cerveau, explique M. Bédard. C'est carrément un choc post-traumatique. Pour les militaires ou les enfants secoués, on n'a pas de misère à en parler. Ces nouvelles données nous indiquent qu'on doit prendre en charge les victimes, et rapidement. »

Un système public mal outillé pour cette clientèle

Si la fermeture du SHASE se concrétise en décembre, ceux qui bénéficiaient de suivis individuels ou de groupe seront redirigés vers les urgences et l'accueil psychosocial... qui les avaient justement référés à l'organisme.

« Ces gens-là ne sont pas formés et n'ont pas les outils pour accueillir cette clientèle. En plus, c'est un milieu de femmes qui accueillera ces personnes qui parfois, ne savent pas d'où le malaise provient et à qui ils devront raconter leur histoire. »

Entre hommes, le dialogue et l'établissement d'un lien de confiance est peut-être plus facile puisque des tabous sur le concept de masculinité et sur l'image de l'homme invincible qui n'a pas de faiblesses, il y en a encore beaucoup.

Les répercussions d'une agression sont toutefois semblables entre l'homme et la femme. Entre autres, l'image de la personne est grandement affectée.

« Ils se sentent sales, ils ont honte. Le jeu du délinquant pour ne pas se faire prendre, c'est de faire sentir à sa victime qu'elle est participative dans l'acte. C'est une manière de maintenir le silence, de faire accroire que le jeune est responsable de ce qui lui est arrivé, et ça explique en partie le silence des victimes. »

À cela peuvent s'ajouter des comportements excessifs ou compulsifs, une fois les victimes adolescentes ou adultes.

Aucun financement récurrent pour la mission du SHASE

Évans Bédard est bien au fait du contexte actuel de coupures et de difficultés.

« Avoir un filet social, c'est un choix de société et c'est normal que ça coute des sous. Mais les services dispensés au communautaire coûtent beaucoup moins cher que dans le réseau de santé public. On permet même des économies, parce que ces hommes-là ne finissent pas dans le système public sans trop savoir pourquoi ils sont là, avec comme seul indice des éléments flous dans leur mémoire. »

Le SHASE a utilisé tous les moyens à sa disposition pour sauver sa mission. Concrètement, le gouvernement n'avait que 15 000 $ à offrir pour les hommes, soit trois mois de respirateur artificiel.

« Ça fait cinq ans qu'on fait des demandes de financement au PSOC, le Programme de soutien aux organismes communautaires. Notre principale source de financement, nous n'y avons pas accès. Pour réussir à offrir des services, on a dû user de créativité. »

Pour soutenir le SHASE, on peut téléphoner au 819 564-5043, poste 250. Un lien sur la page Facebook de l'organisme permet de faire un don en ligne (Paypal). Des reçus de bienfaisance sont disponibles. 


  A LIRE AUSSI ...

Introductions par effraction et vols sur la rue King Ouest à Sherbrooke

Lundi 21 septembre 2026
Introductions par effraction et vols sur la rue King Ouest à Sherbrooke
Vague de vols signalés à East Angus

Mercredi 16 septembre 2026
Vague de vols signalés à East Angus
MISE À JOUR : Panne du 911 : le service revient progressivement en Estrie

Jeudi 17 septembre 2026
MISE À JOUR : Panne du 911 : le service revient progressivement en Estrie
NOS RECOMMANDATIONS
Alcool au volant : il se fait arrêter deux fois en une heure

Lundi 14 septembre 2026
Alcool au volant : il se fait arrêter deux fois en une heure
Finales de Division : Coaticook tire de l'arrière

Jeudi 17 septembre 2026
Finales de Division : Coaticook tire de l'arrière
Un adolescent de 16 ans porté disparu depuis le 2 août

Mardi 15 septembre 2026
Un adolescent de 16 ans porté disparu depuis le 2 août
PLUS... | CONSULTEZ LA SECTION COMPLÈTE...

 
François Fouquet
Lundi, 21 septembre 2026
L’IA et les grenouilles

Chat GPT, Le sommelier du journal Estrieplus
Vendredi, 18 septembre 2026
Le Villadoria Argo Langhe

Daniel Nadeau
Mercredi, 16 septembre 2026
Mon pays, le Canada, ma patrie, le Québec...

L'Association des Townshippers
Mardi, 15 septembre 2026
Le Festival des Townshippers 2026 à Bury

Estrie : une mesure du ministère pourrait compliquer l’accueil des stagiaires en enseignement Par Martin Bossé Vendredi, 18 septembre 2026
Estrie : une mesure du ministère pourrait compliquer l’accueil des stagiaires en enseignement
Finales de Division : Coaticook tire de l'arrière Par Martin Bossé Jeudi, 17 septembre 2026
Finales de Division : Coaticook tire de l'arrière
La MRC du Granit lance un nouveau site pour la Région de Mégantic Par Martin Bossé Vendredi, 18 septembre 2026
La MRC du Granit lance un nouveau site pour la Région de Mégantic
Alcool au volant : il se fait arrêter deux fois en une heure Par Martin Bossé Lundi, 14 septembre 2026
Alcool au volant : il se fait arrêter deux fois en une heure
Sherbrooke s’anime ce samedi avec la Fête du vélo et le Droit de cité Par Martin Bossé Vendredi, 18 septembre 2026
Sherbrooke s’anime ce samedi avec la Fête du vélo et le Droit de cité
Magog : 500 résidences touchées par un avis d’ébullition Par Martin Bossé Mardi, 15 septembre 2026
Magog : 500 résidences touchées par un avis d’ébullition
ACHETEZ EstriePlus.com
bannières | concours | répertoire web | publireportage | texte de référencement | site web | vidéos | chroniqueur vedette
2026 © EstriePlus.com, tous droits réservés | Contactez-nous