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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

La fin d’un cycle ?

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Photo : pexels
François Fouquet Par François Fouquet
Lundi 10 février 2025

Comme vous, peut-être, je me demande bien ce qui se passe.

Trump qui dit tout et son contraire, qui menace les uns et les autres, qui ment comme il respire (et il respire fort !), honnêtement, je ne sais plus quoi penser...

C'est en même temps loufoque, grave et extrêmement dangereux.

La désillusion attend les Américains dans pas si long, j'en ai bien peur.

Je conserve une anecdote tirée des trois premières semaines du règne de Trump. Trois semaines qui ont l'air de trois ans !

L'anecdote remonte au premier règne du Tsar Trump : il avait menacé ses partenaires commerciaux (Canada et Mexique), prétendant qu'il négociait(!) avec eux des changements à l'entente de libre-échange commercial. L'entente de libre-échange était jugée épouvantable et inéquitable pour son pays. Un peu plus tard, fier de ses négociations, il brandissait une nouvelle entente de libre-échange modifiée et il criait victoire : il avait réussi, disait-il, à bâtir une entente qui était finalement favorable pour les États-Unis. Une entente qui allait enrichir le peuple américain, disait-il.

« Ave, Donald ! »

Le hic, c'est que maintenant, il brandit l'entente qu'il avait lui-même signée et la traite comme un torchon. Un fiasco économique pour son pays. 

Ça ne s'invente pas.

Et ma réflexion commence là.

Les Américains sont polarisés comme jamais (comme dans beaucoup de sociétés d'ailleurs). Ils ont des problèmes majeurs.

Trump n'est pas un semeur de solutions. C'est un semeur de boucs émissaires. Un accident entre un hélicoptère d'armée et un avion de ligne ? C'est la faute de la diversité sexuelle dans l'armée. Les feux en Californie ? C'est à cause de l'incompétence du gouverneur démocrate de la Californie. La violence ? À cause des minorités culturelles...

Un problème, un bouc émissaire. Un trou, une cheville...

L'affaire, c'est que rien ne se règle au fond. Et les Américains vont s'apercevoir que leur richesse individuelle ne s'améliore pas. Ils vont voir revenir chacun des problèmes mentionnés plus haut et ils entendront encore Trump identifier un nouveau bouc émissaire.

Pendant ce temps, ils n'auront jamais été aussi manipulés par les médias sociaux qui « travaillent avec et pour » pour Trump.

 

Je crains la désillusion fatale.

La population était déjà déstabilisée et pas mal désillusionnée. Je crois que ça explique pourquoi ils ont investi leur espoir en Trump lors de la dernière élection, et ce, malgré son côté bizarre.

Mais, la désillusion fatale arrive ensuite. Quand l'espoir s'éteint. Quand ils vont réaliser que la pluie de mensonges, de menaces et d'insultes n'arrange rien, au fond.

Et sans espoir, c'est le chaos.

La fin d'un cycle de civilisation, peut-être ?   

René Girard est un auteur, anthropologue et philosophe. Il s'intéresse aux cycles des civilisations. Pour lui, la fin d'un cycle survient quand les règles régissant l'ordre social (lois, religion, économie...), la hiérarchie sociale et les institutions ne sont plus respectées par un nombre suffisamment important de personnes. Le problème, c'est qu'une fin de cycle est souvent caractérisée par des guerres civiles.

Ça semble fort en café, mais quand je regarde la ligne du temps depuis 1945, je me dis que ça se peut.

L'après-guerre a marqué un boom économique majeur aux États-Unis. Le fameux rêve américain était né. Lors des années 1950 à 1980, rien n'était trop beau ni trop gros.

Les années 1980 à 2000 ont caractérisé la course à la consommation appuyée par le crédit. Les cartes de crédit, le crédit ouvert, l'absence (ou presque !) de règles bancaires ont fait en sorte qu'on ne s'aperçût pas trop de l'écart majeur qui se creusait entre les plus riches et les autres. La classe moyenne, majoritaire en nombre, réussissait encore à camoufler sa difficulté à « arriver » en s'endettant.   

Mais, l'aspect artificiel du crédit mal exploité, ça finit par rattraper une personne, puis une société.

Les écarts se creusaient encore, mais on les voyait plus à partir de 2000-2010. Et ça continue. Le rêve américain a gagné le reste de l'Amérique et nos sociétés sont devenues résolument tournées vers chaque individu et ses libertés personnelles.

Il n'y aura pas de solution facile et gagnante. Et Trump est un accélérateur de l'agonie de ce cycle de civilisation.

Penser globalement est une pressante nécessité. Mais, Trump est occupé à regarder à droite. Il ne voit plus le centre qui devrait pourtant le guider.

Mais, voilà. Trump... C'est Trump...

Clin d'œil de la semaine

Dans un cimetière près de chez vous, un de ces jours: ci-gît une civilisation morte étouffée par ses excès. R.I.P



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