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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Halloween et masque de pureté

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François Fouquet Par François Fouquet
Lundi 17 octobre 2022

Vous me direz je fais simple, comme on dit au lac, mais bon.

D'abord, une parenthèse : il y a des lacs par milliers au Québec. Pourtant, quand on dit « comme on dit au lac », on sait très bien qu'il s'agit du lac Saint-Jean.

Fascinant, dirait Charles Tisseyre!

Vous me direz que je fais simple, donc, et ça m'est un peu égal. À la limite, ma simplicité d'esprit agira comme contre poids à l'esprit bien trop compliqué qui est exprimé dans la sphère publique.

Je lisais, ce matin, un excellent article de Marie-Sol St-Onge (voir le lien au bas de la chronique). Elle y traite des précautions à prendre pour baliser les costumes d'Halloween. En résumé, voici ce qu'il faut éviter : à peu près tout.

Parce qu'à peu près tout peut être potentiellement offensant quand on a à tenir en compte la perception et la sensibilité (aussi tordue cette perception et cette sensibilité puissent-elles être), de quiconque verrait le déguisement.

Vous vous fabriquez un visage avec les yeux bridés? C'est non. Vous devenez Michael Jackson et vous maquillez votre visage? C'est non. Vous êtes pirate pour un soir et vous simulez une jambe de bois et portez une « patch » sur un œil? C'est doublement non! Toute personne amputée ou ne comptant plus sur la validité de ses deux yeux (j'essaie de trouver une façon acceptable pour ne pas dire : aveugle d'un œil ou borgne, ne sachant plus si on peut...) pourrait être offensée. 

Alors, à défaut de pouvoir se déguiser, ce qui, par définition, veut dire changer de personnage et, donc, emprunter les traits d'un autre personnage, il semble qu'il faudrait plutôt opter pour un masque universel de pureté.  Que tout le monde porterait tout le temps!

Et si on le voyait autrement?

Partout, dans notre société, dans notre quotidien, il y a des bornes à ne pas franchir. C'est comme ça avec nos voisins, sur la route, au travail, au repos et dans les loisirs (!)

On a toutes et tous fait un apprentissage d'un dépassement de bornes en gaffant dans une situation donnée. Les répercussions de la gaffe étaient à géométrie variable, mais à titre d'exemple, j'ai bien compris que rire de quelqu'un qui est différent de moi n'est pas un geste intelligent, constructif et acceptable.

Cet apprentissage doit se poursuivre tout le temps. Et chacun a une part de responsabilité dans le respect et le rappel du respect des bornes à ne pas franchir.

Et rien ne se jamais parfait, je le précise. 

Mais je pousse plus loin la réflexion.

Quelque chose peut égratigner la sensibilité de l'autre? Non seulement ça se peut, mais c'est inévitable! L'affaire, c'est que chaque humain a des sensibilités variables. Et je maintiens que je ne peux pas me servir de l'argument de ma sensibilité personnelle pour imposer une mesure collective.

Ce serait sans fin.

Si je suis allergique aux noix, je ne peux pas exiger l'abolition des noix partout dans le monde. L'exemple est boiteux? Je sais. Ils le sont et le seront tous. Et la raison est fort simple : réfugié dans un rôle de victime, je peux plaider ce que je veux par rapport à ma perception. Et, surtout, j'empêche la tenue de tout débat.

Rire de quelqu'un dans le but de le réduire, que ce soit pour une caractéristique physique ou autre, c'est non.

Plus largement, diminuer volontairement la valeur d'autrui dans le but de le diminuer, c'est à proscrire. Point.

Mais de là à penser qu'un masque de pureté qu'on obligerait tout le monde à porter viendra enrayer la haine et le mépris, que ça aplanira les différences, que ça créera un monde sans danger (un safe space), pour moi, c'est un majestueux coup d'épée dans l'eau.

Tout sera toujours nuancé. Rien ne sera blanc ou noir (ne voyez d'offense ni dans l'utilisation des mots « blanc » et « noir »!) Nuancé au sens de comprendre la différence entre « rire de » et « rire avec », entre badiner et insulter, entre nommer une chose pour apporter des éléments de compréhension et nommer une chose pour s'en servir comme arme blessante, etc. Nuances.

Tout sera toujours en nuances. Et l'éducation demeure la seule porte valable.

Finalement, je me dis ceci : autant j'ai la responsabilité de mes actes envers autrui, autant j'ai la responsabilité de gérer mes sensibilités personnelles.

C'est une question d'équilibre. Équilibre personnel. Équilibre qui devient social.

 

Clin d'œil de la semaine

Il faudrait éviter de bannir tous les mots qui commencent par une lettre de l'alphabet. Ça deviendrait contreproductif. Ou ça règlerait tout?

https://www.latribune.ca/2022/10/16/appropriation-ou-appropries-les-costumes-dhalloween-font-encore-jaser-cette-annee-c3de056bf73103f853e77c8f53c12460



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