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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

La part des choses


24 octobre 2011
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J'aime bien faire la part des choses.

Quand la chose m'est possible.

C'est facile, cette semaine.

J'écoutais Pierre-Karl Péladeau qui frappait sur Radio-Canada et sa méchante télé publique qui lui enlève des revenus de publicité. J'entends  bien ses arguments sur le fait que les forces sont inégales et que ça lui fait une compétition qu'il juge déloyale. En bout de piste, il partage le même fantasme que Stephen Harper : rayer de la carte une télé publique et la remplacer par une bonne télé de droite.  

Faisons donc la part des choses.

TVA fait, essentiellement, dans la télé qui divertit. Ce qui est bien. Les bulletins de nouvelles sont basés, d'abord et avant tout, sur des faits divers amplifiés et scrutés sous tous les angles. Ils excellent quand vient le temps de trouver un témoin émotif d'une scène quelconque. Il y a peu de dossiers complets. L'émission J.E. s'intéresse à des irrégularités qui touchent les téléspectateurs dans leur quotidien de consommateurs. Encore là, c'est bien. Pour le reste, on mise sur le cinéma, Star Académie et Occupation double. C'est bien correct.

De l'autre côté, il y a Radio-Canada. Des émissions comme Enquêtes et Tout le monde en parle, du divertissement et de l'information nationale et internationale. Avec, en prime, depuis quelques mois, un bulletin local complet et crédible. Ça aussi, c'est bien.

Voici pourquoi je crois qu'on ne doit pas toucher à Radio-Canada.

Simplement parce qu'il est devenu nécessaire de creuser les dossiers à l'extérieur de la classe politique tellement celle-ci se cherche. Prenons simplement comme exemple la sortie de Duhesneau à Tout le monde en parle. Tout le monde en parle encore. Il n'y a que peu de reportages qui ne font pas directement référence à ses commentaires à l'émission. Pour moi, l'équation est simple : si Duchesneau ne passe pas à l'émission de Radio-Canada, Jean Charest réussit à maquiller la réalité et finit par ne pas déclencher d'enquête publique.

Les politiciens comme Jean Charest n'agissent qu'en dernier recours. Cette fois-ci, il aura fallu aller plus loin que le dernier recours. Monsieur Charest a démontré une absence totale de leadership et n'a que réagi, pas à pas,  à une grogne qui s'installait de plus en plus fort. Honnêtement, si Duchesneau avait choisi la tribune de Denis Lévesque, vous croyez que l'impact aurait été le même? Bien, voyons.

Il faut garder la télé, la radio et le Web de Radio-Canada intacts pour les mêmes raisons que les politiciens veulent les abolir: parce que ça dérange et permet de faire la part des choses. Ce que ne veulent pas les gens à droite.

Cette semaine, Jean Charest a bien failli réussir à s'en sortir par une porte de côté qu'il avait taillée sur mesure. C'est le Barreau du Québec qui a fait pencher la balance. Et encore là, il a  agi avec une absence de leadership : plutôt que d'imposer clairement sa volonté que la Commission ait des dents, il s'en remet à la juge Charbonneau en lui disant qu'il fera ce qu'elle demande. Il aura subi, plutôt qu'agi, jusqu'à la fin...

Il y a de la place pour deux télés. Mais une d'elles doit demeurer publique. C'est essentiel.

 Clin d'œil de la semaine

Constat intéressant : Jean Charest est le premier à être pris derrière le barreau dans cette histoire de commission d'enquête...


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