Encore cette année, les feux de forêt sont dévastateurs.
L'Ontario y goûte sévèrement. Comme d'autres endroits en Amérique du Nord et en
Europe.
Quand ce n'est pas le bri d'un fil qui embrase la forêt,
c'est un pompier volontaire un peu trop fasciné par le feu qui provoque un
incendie majeur.
Les malheurs se multiplient.
La température qui augmente dangereusement, le cercle des
réactions physiques qui devient tellement vicieux dans ces conditions : la
forêt flambe. Il fait déjà 40 degrés sans feu et voilà que l'air est subitement
surchauffé par l'incendie de forêt. La pluie attendue arrive enfin. Mais la
chaleur évapore une grande partie de l'eau avant qu'elle ne touche le sol. Toute
cette humidité provoque un orage électrique qui rallume des foyers d'incendie.
Infernal...
Pendant ce temps, sur les médias sociaux...
Les statuts
Pendant ce temps la tempête orange Donald Trump continue de
déferler au gré d'inepties et de coups de gueule sur son réseau social truth
(vérité). Il ne se soucie pas du tout d'être cohérent ou même pertinent.
L'homme se sert de ces statuts pour affirmer sa suprématie,
inventant une histoire parallèle à celle vécue en réalité (ce que son équipe
appelle les vérités alternatives).
Je m'imagine expliquer à mes parents, en revenant de l'école
que, non, je n'ai pas menti. Je n'ai qu'émis une vérité alternative... J'aurais
eu droit à un temps de réflexion forcé...
Quand le feu est pris en Ontario, le président américain
menace le Canada de tarifs douaniers supplémentaires parce qu'il n'est pas
foutu de garder sa fumée d'incendie à l'intérieur de ses frontières. Il
critique la façon déficiente de combattre l'incendie.
Évidemment, lui, il est meilleur.
À coups de statuts qui semblent loufoques et parfois
complètement déjantés, le président bâtit son emprise, menace tout ce qui
bouge. Bref, il joue à l'empereur avec un vicieux plaisir. Même les coups qui
semblent juste stupides et aberrants laissent une marque. Trump sème la peur même
en pleine tempête.
Statue
L'homme rêve aux honneurs. Aux grands honneurs. Puisqu'ils
lui sont inaccessibles parce que basés sur un minimum de mérite, il n'hésite
pas à s'auto-proclamer ou à demander à des amis de le proclamer, même si ça ne
fait aucun sens. Comme la Fifa qui lui donne un prix pour la paix dans le
monde.
Chère FIFA (au sens monétaire du terme!), restez donc
concentrés sur le ballon rond...
Mais Trump érigera lui-même des statues à son effigie. C'est
de son vivant qu'il voudra s'assurer que les gens l'honorent. Pathétique
réalité non-alternative!
Un lien moral de parenté avec le dirigent de la Corée du
Nord, j'imagine...
Stature
L'actuel président des États-Unis aura beau multiplier les
statuts sur son propre réseau social, il aura beau multiplier les
auto-proclamations devant justifier l'installation de statues dorées, il lui
manque l'ingrédient des ingrédients : la stature.
Cette stature qui a la noblesse de s'imposer par le respect
qu'elle inspire.
Le respect. Pas la menace. Pas la peur.
Le respect.
Celui qui n'existe que s'il est à double sens. Pas le
respect imposé (ce qui n'est plus du respect). Je parle de ce respect inspirant
qui alimente la confiance. Qui implique des efforts réciproques.
Pas cette fausse et vide notion de respect qui écrase
l'autre.
Donald Trump n'aura jamais cette stature qui fait qu'on
érige avec fierté une statue qu'on saluera ensuite par des statuts sur tous les
médias sociaux.
Aucune chance que Trump fasse preuve d'empathie pour les
gens du Canada touchés par une catastrophe. Résolument replié sur lui-même, il
préfère ignorer le malheur de l'autre. Ignorer le malheur de l'autre, c'est
pratique : ça évite l'engagement à offrir un coup de main. C'est bien plus
jouissif de profiter de l'occasion pour faire des menaces de tarifs
supplémentaires...
En lieu et place, il continuera la publication de statuts
qui feront tellement peur que personne n'empêchera l'homme de se construire des
statues de lui-même.
Des statues sans stature.
Clin d'œil de la semaine
Trump est, en soi, un show de boucane toxique...