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Les fanfaronnades de Plamondon

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Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau
Mercredi 26 mars 2025

Nous sommes en élection. Dans quelques semaines, le Canada se donnera un nouveau gouvernement. Cela ne fait que commencer, j'aurai amplement l'occasion d'y revenir. Cette semaine, je veux attirer votre attention sur la situation politique au Québec. La victoire éclatante et prévisible du Parti québécois de Paul St-Pierre Plamondon dans le comté de Terrebonne prépare le terrain pour un affrontement titanesque entre la Coalition avenir Québec de Legault et le parti québécois pour revendiquer le droit d'être le parti bleu du Québec. Et rebelote, la souveraineté du Québec ressurgit dans nos débats politiques. Réfléchissons à cette vieille question du nationalisme québécois qui est et qui fera toujours partie de la vie du Québec. La question qui se pose est la suivante : la nation québécoise doit-elle ou non devenir un pays, associé ou non économiquement avec le Canada ? Des vieilles questions qui prennent aujourd'hui un tout nouveau relief avec les volontés de notre voisin du sud de faire disparaître notre pays pour en faire un 51e État américain.

Aux sources du nationalisme

La question du Québec hante l'histoire du Canada et de l'Amérique du Nord depuis l'établissement d'une colonie en Nouvelle-France. Les origines du nationalisme québécois remontent à la période de la Nouvelle-France où la présence française en Amérique du Nord s'est cristallisée autour de la culture francophone, de la religion catholique et des institutions sociales. La conquête britannique en 1763 vient altérer cette quête d'identité et naît alors un désir de la population de préserver son identité devant l'imposition des institutions britanniques pour remplacer les institutions de l'ancien régime français. Face à la menace américaine, les Britanniques signent l'Acte de Québec en 1774 où l'on permet le libre exercice de la religion catholique et remplace le serment du test par un serment au roi. Cela calmera le jeu et donnera au Vatican une emprise importante sur le devenir de la société francophone de l'époque.

La rébellion des patriotes en 1837-1838, bien que réprimée, représente un tournant majeur dans l'affirmation d'un projet national. Les patriotes, principalement issus de la classe moyenne francophone, revendiquent des réformes politiques et une plus grande autonomie face à l'Angleterre. Ils veulent un gouvernement responsable et l'abolition du Conseil exécutif, au lieu de la gabegie anglaise. On oublie trop souvent que les rébellions furent avant tout un mouvement démocratique républicain, même si l'on note aussi la présence d'un fort sentiment national. C'est le nœud gordien pour comprendre le lien étroit entre la démocratie et le nationalisme dans l'histoire du Québec.

Au XXe siècle, le nationalisme québécois prend de l'ampleur avec la montée des mouvements syndicaux et des partis politiques prônant l'autonomie du Québec. Les libéraux et les conservateurs, rapidement suivis par l'Action libérale nationale et plus tard le Parti québécois qui incarnera la souveraineté du Québec, se sont passés le flambeau de la préservation et de la défense de la nation francophone en Amérique du Nord. Cela sera aussi marqué par de grands événements politiques identitaires comme le référendum de 1980, le rapatriement unilatéral de la constitution canadienne en 1982, la réélection de Robert Bourassa en 1985, l'échec de l'accord du lac Meech en 1990, le référendum de 1995 et la reconnaissance de la nation québécoise par le Parlement du Canada en 2006.

 

Au XXIe siècle, tout change. Le nationalisme québécois connaît une transformation substantielle. L'émergence de nouveaux mouvements identitaires et la diversité croissante de la population québécoise remettent en question les fondements traditionnels du nationalisme. Le Bloc québécois et la Coalition avenir Québec s'illustrent par des positions divergentes sur le nationalisme traditionnel. Il y a retour à l'autonomisme de Duplessis au Québec. Le nationalisme québécois se voit traversé par des questions comme l'immigration, le multiculturalisme, l'anglicisation et les tensions sur les questions religieuses et la laïcité. Voilà où nous en sommes aujourd'hui.

Les défis de la souveraineté aujourd'hui

Alors que la quête de la souveraineté a été au cœur de son développement, la réalité contemporaine nécessite une réflexion sur la pluralité et la manière d'articuler un nationalisme inclusif qui embrasse la diversité de la population québécoise. C'est ce que tentent de faire le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon et la Coalition avenir Québec de François Legault. Même si le nationalisme québécois demeure un champ de débats vivants et dynamiques, il y a place pour une vision différente de celle proposée par le PQ et par la CAQ. Affirmer le destin de la nation québécoise ne nécessite pas de faire du Québec un pays, surtout dans un contexte géopolitique aussi délétère que le nôtre aujourd'hui.

Trump et l'avenir du Québec

Croyez-le ou non, Donald Trump a aussi de grandes influences sur ce vieux débat québécois et canadien. En menaçant de faire du Canada un 51e État, notre voisin du sud vient souder le Canada ensemble, faisant fi de ses rivalités identitaires millénaires. Même les souverainistes convaincus s'insurgent contre les velléités de Trump d'annexer le Canada. Il est vrai que le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, et son chantre principal Mathieu Bock-Côté cherchent à tirer avantage de la situation en affirmant que si le nationalisme est bon pour pitou, il est aussi bon pour minou. Raisonnement dangereux et un peu fallacieux. Si Paul St-Pierre Plamondon n'a pas tort de dire que les arguments pour défendre l'intégrité de la nation canadienne sont aussi valables pour défendre la nation québécoise, il omet de dire que ce qui fait la singularité de l'identité canadienne, c'est la présence d'une nation canadienne-française en son sein comme peuple fondateur. Je sais que cette expression est aujourd'hui périmée en politique canadienne. Il n'en demeure pas moins que c'est la réalité historique. Sans le Québec, le Canada ne serait pas le Canada. Le problème, c'est que le Canada ne s'est pas encore rendu compte que sa force, c'est de refaire une place au Québec en son sein en reconnaissant la nation canadienne-française. C'est là tout le drame de la présente conjoncture politique internationale.

La dislocation du Canada

Cela signifie que la dislocation du Canada sous les pressions de notre voisin du sud n'est pas une alternative viable pour le projet de faire du Québec un pays. Si le président Trump n'est pas respectueux envers le Canada qui est composé majoritairement de white anglo-saxons protestants comme son propre pays, imaginez-vous qu'il fera preuve de respect envers une population qui pour lui, parle une langue indigène et qui vient de proclamer la langue anglaise comme langue officielle des États-Unis ?

Je suis persuadé que non. J'irai même plus loin : les attaques de Trump envers notre pays actuel, le Canada, sont des attaques contre l'identité québécoise et contre nos valeurs. Dans une chronique récente dans Le Devoir, Jean-François Lisée a fait la démonstration que le Québec n'avait rien à envier aux Américains comme société. Il est hors de question que le Québec puisse un jour devenir la Louisiane de Trump. Ce qui m'amène à dire que Paul St-Pierre Plamondon devrait faire preuve de plus de prudence quand il se moque de celles et de ceux qui défendent le Canada contre les attaques de Trump. Nous n'avons pas besoin en ce moment crucial dans l'histoire de notre nation des fanfaronnades de Plamondon... 

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