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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Et moi, je m’attends à quoi?

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Photo : (fournie).
François Fouquet Par François Fouquet
Mardi 2 juillet 2024

Des fois, je voudrais faire semblant. Je veux dire, juste me concentrer sur mon petit quotidien, me rassurer au passage pour me dire que, somme toute, ça va bien et que je peux bien continuer de cette façon pour un bon bout!

Des fois, je me dis que le simple fait de me mêler de mes petites affaires est suffisant en soi. Qu'il ne devrait pas y avoir de gêne à me replier au mieux sur moi-même ! Ce qu'on fait quand même pas mal, il faut bien dire!

Des fois, j'ai le goût de me réfugier dans cette pensée magique qui dicte que, de toute façon, quoi que je dise et quoi que je fasse, un politicien restera un politicien et que rien ne changera jamais.

Des fois, j'ai le goût de me réfugier dans des phrases toutes faites et tellement pratiques, du genre : « Tu sais, là où il y a de l'homme, il y a de l'hommerie! » Exactement le genre de phrase qui apporte une certaine couleur à la discussion et qui nous fait passer pour des gens allumés, mais qui, de façon élégante, vient nous déculpabiliser. De nous conforter dans le fait qu'on ne peut rien faire, de toute façon.

Il y a de ces phrases magiques qui déculpabilisent d'un coup, avec, en prime, un sourire amusé des gens qui écoutent autour. Du genre. « Je sais que c'est un vol à l'étalage que j'ai fait. Mais c'est une grande surface et j'ai pour principe que de voler un voleur, ce n'est pas vraiment voler! »

Pourtant, une petite voix me répète que je ne peux pas que laisser passer le train. Une petite voix qui me rappelle que le vent souffle dans mon univers personnel. Le climat change. Il y a de plus en plus de gens laissés derrière, sans logis, sans dignité. Il y a de plus en plus de solitude dans notre société dite organisée. Je peux bien faire semblant que ce vent-là ne souffle pas, mais le fait est qu'il vente pareil!

D'où le dilemme : il va venter pareil, que je m'en occupe ou pas. Alors, qu'est-ce que ça change?

Ça change que si j'en suis conscient, je peux minimalement prendre certains moyens pour éviter le pire. Je peux être minimalement proactif dans ma propre communauté. Dans mon propre environnement.

Et c'est là le point central de ma réflexion : comme on s'embarque dans une suite d'élections au niveau municipal, provincial et fédéral dans les 24 prochains mois, est-ce que je me pose au moins la question en titre de cette chronique, soit : et moi, je m'attends à quoi?

Je veux dire, je souhaite quoi, moi, comme société?

Je m'oppose assez facilement à toutes sortes de politiques, mais est-ce que je me suis seulement demandé, quelques fois, ce qui serait souhaitable pour cette société?

Le fameux « me semble que celle-là ou celui-ci a l'air pas pire » ne suffit plus. Pas plus que de se fier uniquement au meilleur slogan... Comme si tel candidat ou telle candidate allait tout régler par sa seule présence.

Je constate que bien des gens s'intéressent encore activement à la politique. J'en suis un peu rassuré. Mais je regarde tout autour et j'ai cette impression que nous sommes devenus des spécialistes de l'opposition. Jusqu'à croire que le simple fait de s'opposer est suffisant, à la fin.

Mettre des idées en opposition, c'est valable. Mais s'opposer pour s'opposer, c'est stérile. C'est en les brassant et en les disant à voix haute que les idées prennent une forme qui appelle au consensus.

D'où notre responsabilité de s'éloigner du fait que, dans bien des cas, l'insulte devient un argument! 

Le rôle de l'opposition est important. 

Mais si la majorité des électeurs est toujours en mode opposition, on n'arrivera à rien de bien bon.

Je vous le disais d'entrée de jeu : des fois, je trouve que ce serait plus simple de ne pas m'occuper de tout ça.

Mais il y a cette petite voix qui me dit d'y penser à deux fois!

Une petite voix qui a tout intérêt à ne pas s'éteindre, je dirais.

 

Clin d'œil de la semaine

On devrait écouter un peu plus notre petite voix et pas mal moins les voix trop fortes des médias sociaux...


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