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Le Syndicat de l'enseignement de l'Estrie (SEE) s'inquiète
d'un changement apporté par le ministère de l'Éducation concernant les sommes
destinées à l'encadrement des stagiaires. Selon le syndicat, cette nouvelle
règle pourrait rendre l'accueil de stagiaires moins attrayant pour certains
enseignants, alors que le réseau scolaire fait déjà face à une pénurie de
personnel.
Le changement touche directement les enseignants associés,
soit ceux qui accompagnent et supervisent les stagiaires pendant leur passage dans
les milieux scolaires.
Au moins 25 % de l'allocation consacrée à la formation
Le SEE affirme avoir appris que le ministère exige
maintenant qu'au moins 25 % de l'allocation prévue pour l'encadrement des
stagiaires soit consacrée à la formation des enseignants associés.
Le syndicat précise qu'il ne remet pas en question l'utilité
de cette formation. Il se demande toutefois pourquoi cette proportion doit être
imposée de façon uniforme dans tous les milieux.
Le président du SEE, David Raymond, souligne que plusieurs
enseignants acceptent déjà d'accompagner des stagiaires malgré une charge de
travail importante. Il questionne également le moment choisi pour modifier les
règles, alors que certains membres du personnel avaient déjà accepté de
recevoir un stagiaire.
Des besoins qui varient selon les milieux scolaires
Selon le SEE, les besoins ne sont pas les mêmes partout.
Certains enseignants associés possèdent déjà une grande expérience dans
l'accompagnement de stagiaires et ne jugent pas nécessaire de suivre une
nouvelle formation.
L'organisation se demande également si l'offre de formation
disponible sera suffisante pour répondre à la nouvelle exigence. Elle estime
que les sommes prévues pour l'encadrement servent d'abord à reconnaître le
temps, l'expertise et l'énergie investis par les enseignants qui participent à
la formation de la relève.
David Raymond questionne l'application d'une même règle dans
tous les milieux, même lorsque les besoins des écoles ou du personnel sont
différents.
Le SEE craint de décourager certains enseignants
Le SEE estime que cette nouvelle façon d'utiliser une partie
des sommes pourrait réduire la reconnaissance accordée aux enseignants qui
accueillent des stagiaires. Il craint que certains renoncent ainsi à cette
responsabilité.
Cette inquiétude survient alors que le réseau scolaire
cherche à attirer et à retenir davantage de personnel enseignant. Chaque année,
des centaines d'enseignants acceptent de contribuer à la formation de futurs collègues
en supervisant des stages.
Le Syndicat de l'enseignement de l'Estrie demande donc au
ministère de l'Éducation de faire preuve de souplesse et de tenir compte des
réalités locales. Il souhaite que les mesures entourant les stages soutiennent
les enseignants qui participent à la formation de la relève, plutôt que
d'ajouter de nouvelles contraintes administratives.
Source : Jézabel Robert, secrétaire à la présidence,
Syndicat de l'enseignement de l'Estrie (CSQ)