C'est seulement par 122 voix que le chef du Renouveau sherbrookois, Bernard Sévigny, devient le maire de Sherbrooke. Les sondages des derniers jours n'ayant pas menti sur les intentions de vote, c'est Hélène Gravel qui arrive bonne seconde.
Il a fallu attendre longtemps avant d'obtenir les résultats. C'est finalement vers minuit et demi que les derniers chiffres sont entrés, proclamant ainsi Bernard Sévigny grand vainqueur. Pendant qu'à Montréal et Québec les maires sortants célébraient leur réélection, ici, à Sherbrooke, nous attendions encore.
Pendant une bonne partie de la soirée, Hélène Gravel détenait une avance de quelque 500 votes et ce n'est que vers 23 h 10 que le vent a tourné. Bernard Sévigny a alors pris les devants sans jamais obtenir d'écart considérable.
Au moment de l'annonce des résultats, M. Sévigny se trouvait au Loubard avec quelque 150 supporters venus l'encourager. Il a par la suite pris le chemin de l'Hôtel de ville. C'est un homme ému qui s'est présenté devant les journalistes, d'autant plus que Bernard Sévigny vit actuellement des moments difficiles. Le père de ce dernier est en fin de vie et l'élu n'a pas manqué de mentionner qu'il s'agissait pour lui d'une source de motivation. « Pour l'instant, son seul souci était de vivre jusqu'au 1er novembre », raconte-t-il.
Faible majorité et une équipe réduite
Malgré le faible écart entre lui et Hélène Gravel, Bernard Sévigny ne semble pas en faire de cas et assure être investi d'un mandat. Quant à un éventuel recomptage, il précise ne pas être inconfortable avec la situation. « C'est son droit légitime », commente-t-il en parlant de Mme Gravel.
Alors que le parti du Renouveau sherbrookois présentait 16 candidats pour les postes de conseiller, seulement trois d'entre eux ont été élus. « Jamais je n'aurais imaginé un tel scénario », confie le chef du parti.
Dans le district d'Ascot, Robert Pouliot a été réélu par acclamation tandis que dans celui de Deauville, Diane Délisle
conserve son siège.
Quant à Bruno Vachon, du district des Châteaux-d'eau, il est le seul nouveau candidat élu pour le parti. À 36 ans, cet homme d'affaires se retrouve à être le plus jeune conseiller à siéger. « Je suis étonné du résultat, mais en même temps, les autres conseillers élus ont des idées qui rejoignent celles du parti. Je ne suis donc pas inquiet pour notre travail », assure-t-il.
Les autres conseillers
Bernard Sévigny devra donc travailler avec une série de conseillers indépendants, puisque le parti Comme une eau terre n'en n'a fait élire aucun. « La plupart sont de mes collègues et je ne suis en brouille avec personne. »
Parmi ceux-ci, on compte Mariette Fugère qui a été réélue ainsi que Louida Brochu, Roger Labrecque, Jean-François Rouleau et Chantal L'Espérance.
Sinon, des nouveaux collègues s'ajoutent. Dans le district du Carrefour, Pierre Tardif l'emporte alors que dans celui de Beckett, il s'agit de Nathalie Goguen. Dans l'est de la ville, Jean-Guy Demers représente désormais le district de Desranleau tandis que Rémi Demers l'emporte dans Marie-Rivier. À Lennoxville, David Price est élu tout comme Mark McLaughlin dans le district de Fairview.
Les chiffres de la soirée
Au total, Bernard Sévigny a recueilli 17 173 votes contre 17 051 pour Hélène Gravel. François Godbout a tout de même récolté 14 190 votes. Plus loin derrière, Moustapha Saboun a obtenu 882 voix et Denis Pellerin 596.
Le taux de participation reste sensiblement le même qu'aux élections de 2005. Alors que cette année, 44,91 % de la population a exercé son droit de vote. À l'époque ce nombre s'élevait à 44,5 %.