C'est un Dan Bigras plus en forme que jamais qui foulera la
scène du Théâtre Granada le vendredi 7 mai prochain. Il y présentera Dan
Bigras en toute simplicité, une version solo et intimiste de son spectacle
où le public se laissera bercer par ses plus grands succès, de nouvelles
compositions, mais surtout par cette voix au grain unique teintée de vécu et
d'émotion.
Le contexte actuel a forcé Dan Bigras à revoir la formule de
son spectacle. Habitué aux grandes représentations, à la collaboration et à
l'échange avec ses musiciens, il se retrouve désormais seul sur scène. Bien que
ce ne soit pas l'expérience qui lui manque, l'exercice lui a tout de même
demandé une certaine adaptation. « J'ai dû faire le deuil de mon band, pour un
moment, explique-t-il. »
Improviser et tripper
Sur scène, Dan Bigras se sent allumé, inspiré, et il a les
émotions à fleur de peau. Il raconte d'ailleurs : « Je disais dernièrement
à mon fils que pour les hypersensibles comme nous, ce n'est pas toujours facile
parce qu'on a plus de peine. Mais quand on a du fun, on a ben plus de fun! ».
Alors cette expérience de spectacle en solo donne tout son
sens à l'expression « jouer de la musique ». Le chanteur joue, s'amuse, se
laisse aller complètement à son inspiration. « En étant seul, je me permets
toutes les libertés. Si j'ai un flash, une impulsion, j'y vais,
j'improvise. Je peux faire un meadly de deux tounes, revisiter
les arrangements d'une autre. Ça, ça me fait tripper. »
Le chanteur explique qu'il carbure à cette adrénaline, à
cette prise de risque qu'offrent le live et l'improvisation. Son
expérience de deux ans d'animation à la radio a d'ailleurs poussé à la limite ce
contexte de travail en direct qui lui plait tant.
Reprendre une bouffée d'air
Il est bien loin le temps où Dan Bigras faisait la fête,
s'engourdissait et vivait de nuit. La trame de sa vie se dessine maintenant au cœur
de sa forêt où il écoute les sons de la rivière et contemple le ciel étoilé.
D'une certaine façon, le confinement n'a pas fait de grande différence pour lui
qui se dit un peu asocial et ermite.
« Moi, je ne vais pas au resto, je travaille de chez moi,
dans mon studio. J'ai besoin de solitude, je ne sors pas beaucoup. Mais la fin
de semaine, par contre, je donne des spectacles, je rencontre mon public, je trippe
avec mes musiciens. C'est comme ça que je trouve mon équilibre. Mais là, depuis
plus qu'un an, il y en a plus d'équilibre. J'ai l'impression d'avoir manqué
d'oxygène un peu. Et avec le nouveau show en solo qui me permet de
repartir en tournée, de revoir mon monde, je reprends une grande bouffée d'air.
Ça fait du bien », explique-t-il.
Depuis le début de la pandémie, il a eu l'occasion de donner
certains concerts en virtuel. Par exemple à l'église de Saint-Eustache, ce qui
a donné lieu à un beau moment tout de même, avec une équipe de techniciens
généreux qui l'applaudissaient pour créer de l'ambiance.
Mais il n'y a évidemment rien, pour un artiste, comme le
contact avec le public. Dan précise qu'il a déjà donné quelques représentations
de son spectacle actuel, en « mode covid », et que même à distance, son
énergie, celle du public et l'interaction entre eux sont les mêmes. Ça, ça n'a
pas changé. De toute façon, ce n'est pas tant une éventualité qui l'effrayait.
Comme il le raconte humblement : « J'ai fait 20 ans de shows
dans les bars. Donc des mardis soirs, avec un public dispersé, parce qu'il n'y
a pas grand monde, j'ai connu ça! »
Un musicien qui sort de son chemin de temps en temps
Dan Bigras, monument de la scène musicale québécoise, s'avoue
privilégié. « Je suis chanceux, j'ai une maudite belle carrière. » Malgré
toutes les cordes qu'il a ajoutées à son arc dans les dernières décennies, il
considère qu'il n'a qu'un métier : musicien. Lorsqu'il a moins envie de
musique, il prend un autre chemin pour quelque temps. Il a été auteur, acteur,
cinéaste, il prête sa voix à certains projets. Il explique que ce ne sont toutefois
que des parenthèses dans sa vie de musicien.
« J'aime sortir de la routine, faire des expériences,
explorer des aspects de ma personnalité. Mais toujours, je reviens à la
musique. Tout part de la musique, pour moi. Même quand j'écris une scène de
film, par exemple, l'idée et le fil conducteur me viennent d'un son, d'une
mélodie. Et les mots se greffent à la musique », conclut-il.
Dan Bigras en toute simplicité : vendredi 7 mai
19 h
www.theatregranada.com