Le Centre de recherche clinique Étienne-Le Bel du CHUS (CRCELB) reçoit présentement un nouvel équipement imposant dont l'impact sur la recherche sera tout aussi important que la taille de l'appareil en question, le cyclotron TR24.
Après une semaine de route, le TR24 est arrivé de Vancouver hier et toute une équipe travaille présentement à son installation dans la voûte du centre de recherche. Le transport des pièces le composant a nécessité deux fardiers de 45 pieds. À titre d'exemple, le cœur du cyclotron, composé d'électro-aimants, pèse à lui seul près de 25 tonnes.

Le coeur du cyclotron
Mais au-delà de sa taille imposante, le cyclotron permettra au CHUS de devenir des pionniers en médecine nucléaire. « Il s'agit du premier cyclotron TR24 au Canada à fonctionner à 500 ampères, sa puissance pourrait nous permettre de pouvoir produire des isotopes médicaux dans le technétium-99m à grande échelle, permettant d'approvisionner près de 50 % du Québec », explique Martin Toussaint, gestionnaire du projet d'agrandissement du Centre de recherche clinique Étienne-Le Bel du CHUS.
Les isotopes médicaux sont utilisés en médecine et sont injectés aux patients, notamment pour diagnostiquer des maladies, dont différents types de cancers. Une grande partie des isotopes médiaux sont produits par le réacteur nucléaire de Chalk River en Ontario qui fournit le Canada en entier et même d'autres pays. Toutefois, des chercheurs du CRCELB du CHUS avaient réussi à démontrer qu'il était possible de produire des isotopes médicaux identiques à ceux produits par les réacteurs nucléaires grâce au cyclotron.
Contrairement à un réacteur nucléaire, il est possible, grâce au cyclotron, de produire des isotopes médicaux sans produire de déchets radioactifs.
« Le réacteur nucléaire de Chalk river arrive à la fin de sa vie utile en 2016. Construire un nouveau réacteur coûterait des milliards de dollars, alors qu'un cyclotron coûte quelques millions. Nous espérons donc arriver à démontrer l'efficacité de cette technologie et qu'en implantant un réseau de cyclotrons au Canada, nous deviendrons indépendants de la production par réacteurs nucléaires », explique M. Toussaint.
On procédera au cours des prochaines semaines au branchement du cyclotron TR24 qui devrait être en opération d'ici les prochains mois. La mise en marche de ce nouvel appareil permettra également de procéder à la mise à niveau du cyclotron TR19 en opération au CHUS depuis 1998 et de produire des isotopes médicaux à plus grande échelle.
Cet appareil a été acquis au coût de 5 M$ grâce au financement du Programme de contribution financière à la production d'isotopes ne nécessitant pas de réacteur (NISP) du ministère des ressources naturelles du Canada, du Fonds Canadien pour l'Innovation, du CHUS et de sa Fondation.