L'opposition péquiste souhaite relancer le débat sur la nécessité de tenir une commission d'enquête publique sur les collusions dans le secteur de la construction et le monde municipal. À l'initiative du député de Johnson, Étienne-Alexis Boucher, seize municipalités ont adopté une résolution allant dans ce sens.
En compagnie du préfet de la MRC du Val Saint-François et maire de Saint-Denis-de-Brompton, Claude Boucher, et du président du Conseil central CSN de l'Estrie, Jean Lacharité, M. Boucher a souligné le manque de confiance envers les institutions démocratiques québécoises. Selon lui, la réponse du gouvernement Charest face aux accusations de collusion est nettement insuffisante.
« On ne peut faire de remèdes sans connaître les causes du problème. Il faut d'abord et avant tout dresser un portrait de la situation et seule une enquête publique est en mesure de le faire », a insisté M. Boucher. Même le syndicat des policiers de la Sûreté du Québec , a-t-il ajouté, exige la tenue d'une telle commission.
Dans la région, 16 municipalités ont appuyé la demande du député par l'adoption d'une résolution au conseil de ville, dont 14 faisant partie de la circonscription de Johnson. À Windsor et à Saint-François-Xavier-de-Brompton, le vote s'est fait à l'unanimité. La MRC de Drummond ainsi que les municipalités de Cowansville et de Danville sont également en faveur de la résolution.
Le maire de Saint-Denis-de-Brompton, Claude Boucher, a souligné tout le courage de ces municipalités. « Ce n'est pas simple, a-t-il expliqué. On connaît la fragilité des liens entre le municipal et le gouvernement et la pression que ceux-ci mettent sur les villes. »
Quant au président du Conseil central CSN de l'Estrie, Jean Lacharité, il se dit prêt à assumer les conséquences qu'une commission d'enquête publique pourrait avoir. « C'est sûr qu'il y a des syndicalistes qui seront touchés par ces accusations. C'est sûr que ça va éclabousser des gens, mais il faut qu'on fasse la lumière là-dessus », a affirmé M. Lacharité, surtout inquiet que certains abusent encore aujourd'hui de l'argent des contribuables.
Difficile d'évaluer à combien s'élèveraient les coûts d'une telle enquête publique. « En tout cas, elle serait rentable », a assuré le député, M. Boucher, rappelant que le gouvernement payait environ 30 % de plus par contrat dans le domaine de la construction.
Jusqu'à ce jour, seule la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) s'est rangée du côté du gouvernement. La Fédération québécoise des municipalités, la présidente de l'Ordre des ingénieurs du Québec et le syndicat de la Sûreté du Québec ont tous dit désirer une commission d'enquête publique, et 22 000 personnes ont signé la pétition sur le site de l'Assemblée nationale.