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Le conformisme

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Photo : Nous sommes entraînés à suivre les règles pour écrire les mêmes dissertations ennuyantes, pour résoudre des problèmes de math de la même manière, pour cesser de réfléchir et faire comme le veut le ministère, pour penser de la même façon.
Laura Basque Par Laura Basque
Vendredi 14 avril 2017

On vit dans un conformisme des plus assumés, et surtout à l'école. En français, du début du secondaire jusqu'à la fin, on doit écrire selon les mêmes règles : sujet amené, sujet posé, prise de position, sujet divisé, intertitre, étayage, fondement, conclusion partielle, et cetera. La moindre erreur dans l'ordre de ces éléments peut mener à une perte de points considérable, comme si tous les textes d'opinion étaient présentés de cette façon, comme s'il était courant d'exprimer les pensées de telle façon.

Et ça ne s'arrête pas là : math, science, physique, chimie, le moindre changement à la méthode de faire, la moindre unité oubliée, et des points sont enlevés, même si l'élève arrive à la bonne réponse. Même si l'élève arrive à la bonne réponse.

Il a compris la théorie, il a assimilé la matière jusqu'à détenir sa propre méthode, il connait le cours jusqu'aux bouts des ongles, mais il perd des points parce qu'il réfléchit par lui-même. Complètement absurde.

Le système d'éducation occidental (à quelques exceptions près, comme la Finlande) mise sur le conformisme. Les innovateurs, le futur des nations, sont contraints de se standardiser ou de renoncer à leur diplôme.

Nos politiciens, nos scientifiques, nos dirigeants, nos médecins doivent suivre ce courant, et comme le dit Albert Jacquard, «notre système ne choisit pas les meilleurs, il choisit les plus conformes et c'est dangereux (... », car qui innovera, qui fera des découvertes importantes scientifiques ou médicales, qui changera les choses si on empêche les progressistes d'obtenir un diplôme?

Les professeurs, de nos jours, ont de la difficulté à s'imaginer qu'un élève change parfois la structure pour lui remettre un plus beau texte. Pour un élève, échanger deux étapes de son texte argumentatif lui profère une meilleure sonorité. Peut-être tente-t-il une figure de style, ou peut-être a-t-il glissé des symboles ou des thèmes trop subtils pour la compréhension à la première lecture, peut-être que « complètement achevé » était un pléonasme délibéré et non une erreur de vocabulaire, peut-être veut-il mettre de l'emphase. Nous sommes traités comme si nous étions incapables d'écrire, nous aussi, des chefs-d'œuvre.

Si, de nos jours, un Shakespeare moderne inventait des mots et écrivait des textes complexes à analyser mais pleins de connotations, comme le faisait jadis un des plus grands auteurs que la Terre ait connus, son professeur de français ne s'en rendrait jamais compte. William enchainerait donc échec sur échec, et n'aurait plus la confiance pour réaliser des œuvres littéraires, il détesterait cette matière du plus profond de lui-même, parce qu'échouer, c'est insécurisant. Les œuvres de Shakespeare doivent être analysées en profondeur et certains textes d'étudiants mériteraient aussi ce traitement.

Nous sommes entraînés à suivre les règles pour écrire les mêmes dissertations ennuyantes, pour résoudre des problèmes de math de la même manière, pour cesser de réfléchir et faire comme le veut le ministère, pour penser de la même façon.
Voilà ce que ça donne, un système scolaire basé sur le conformisme.

NDA : Avez-vous saisi mes idées mêmes si elles n'étaient pas écrites selon les normes d'une lettre ouverte?


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