Le comité de parents de la Commission scolaire de la Région de Sherbrooke manifeste son désaccord face aux compressions réalisées et à venir au niveau des commissions scolaires, mentionnant qu'elles menacent la qualité des services offerts aux élèves.
Des compressions de 100 millions ont été apportées dans les budgets 2011-2012 des commissions scolaires et des compressions supplémentaires de 60 millions sont annoncées pour cette même année financière et d'autres similaires sont prévues pour les années 2012-2013 et 2013-2014.
La prétention à l'effet que ces compressions n'auront aucun impact sur le service aux élèves est fallacieuse et non fondée. On ne peut prétendre que tous les services offerts actuellement ne sont pas essentiels et en lien avec la qualité du service éducatif aux élèves, même les services dits indirects. Par exemple, une école mal entretenue, un service des ressources humaines, des finances ou du transport scolaire amputé de personnel et de budget provoquera inévitablement des effets négatifs sur les élèves.
À la CSRS, les compressions dans le budget 2011-2012 ont notamment amené le conseil des commissaires à adopter une nouvelle grille de tarification sur l'encadrement et l'animation sur l'heure du midi des élèves transportés. Quoique soit disant indirecte, cette mesure a un impact direct sur plusieurs élèves. Historiquement, ces coûts ont été d'abord complètement assumés par la CSRS, puis maintenus à un niveau minimum acceptable compte tenu des particularités de notre clientèle, constituée d'un fort pourcentage de familles défavorisées. L'augmentation subie par ces familles n'est pas sans créer des difficultés financières accrues pour celles-ci, provoquant son lot d'impacts sur les élèves touchés. Voilà pourquoi le comité de parents a défendu avec fermeté cette initiative locale d'une tarification la plus faible possible de ces services, initiative dont la CSRS et les parents pouvaient être fiers. Malheureusement, avec les annonces répétées de compressions, voilà que ce qui faisait notre fierté et démontrait l'importance accordée par la CSRS à l'accessibilité à l'éducation est en péril.
Enfin, certains prétendront qu'il y a eu beaucoup de réinvestissements dans les commissions scolaires du Québec depuis quelques années, mais une analyse plus fine de l'évolution des budgets depuis 1992 démontre que ceux-ci ont subi diverses périodes de compressions et de réinvestissement au gré de la situation économique mais qu'au net, le réseau a subi une compression. Pire, les réinvestissements ayant été pratiquement tous ciblés, la marge de manœuvre des commissions scolaires, lorsque vient le temps de compresser, s'en trouve diminuée, d'où la tentation de frapper toujours les mêmes cibles, entre autres les frais chargés aux parents.
Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, le comité de parents de la CSRS demande au gouvernement du Québec de surseoir aux compressions projetées et de présenter un scénario de financement stable aux commissions scolaires sur un horizon minimum correspondant aux plans stratégiques de développement (5 ans) afin d'assurer une sauvegarde des acquis en termes de réussite éducative et de permettre l'accessibilité à tous les élèves du Québec.