Vous avez déjà décelé le grand thème de l'élection
provinciale du 5 octobre 2026? Non?
Avant de développer sur les thèmes, je me prends à imaginer
comment se passent les choses ce matin. Il faut savoir que ces lignes sont
écrites en début d'avant-midi, le dimanche, de façon générale.
C'est le cas de celles-ci...
Les caravanes sont en route, probablement, des réunions
virtuelles se tiennent sûrement à ce moment précis.
Des membres des équipes ont décortiqué ce qui a fait des
remous sur les médias sociaux ou capté l'attention des journalistes dans les
médias traditionnels
On en est là. Il faut se rendre assez indemnes aux
différents débats des chefs qui se tiendront dans une dizaine de jours ou un
peu plus.
Les conseillers affirment en communication des éléments
observés : on ne mentionne plus le mot référendum à partir de maintenant
au PQ, on se concentre sur Trump à la CAQ... oups, c'est vrai, on ne dit plus ça,
la CAQ, c'est mal! Les libéraux et les conservateurs se retrouvent plus souvent
qu'autrement sur la défensive : Charles Milliard doit convaincre tout le
monde qu'il est connu et reconnu par tout le monde (!) et M Duhaime doit
expliquer pourquoi il y a une telle proportion d'hommes chez les candidats
conservateurs. « C'est la qualité qui prime, pas le sexe de la
personne... » dira-t-il.
Et le temps passe.
Les minutes s'égrainent. Les 30 jours de campagne se déroulent
au rythme d'une journée par jour. Phrase niaise? Peut-être, mais c'est un
constat qui me fait réaliser que la stratégie prend le pas sur le fond jour
après jour.
Pas le choix et urgence
Je me dis souvent que les notions de pas le choix et urgence
(des fois, les deux!) régissent le quotidien des campagnes.
Pas le choix de réagir à ce que l'autre a dit. Pas
le choix d'agir ainsi parce que l'autre a mal agi quand il était au
pouvoir. Pas le choix de défaire ceci ou cela ou pas le choix de
prioriser l'économie à l'environnement parce que c'est ce que les gens
demandent.
Les élections sont là pour qu'on choisisse une option et
voilà qu'on n'a jamais le choix...
Ou la fameuse urgence.
Pour faire oublier un bilan qu'elle tente d'effacer en même
temps que le logo du parti, de toute évidence, Madame Fréchette choisit la
carte jouée de main de maître par Mark Carney au fédéral il y un peu plus d'un
an.
Trump a créé une urgence nécessitant une réaction. Pourquoi
ne pas surfer là-dessus?
Nous sommes allergiques à Trump et il nous effraie, au fond.
Pendant qu'on parle de Trump, on n'est plus obligé de parler d'environnement ou
d'autres babioles comme l'itinérance.
Le pas le choix et l'urgence mènent donc le débat, il me
semble bien.
Je reviens donc à ma question initiale : vous avez
déjà décelé le grand thème de l'élection provinciale du 5 octobre 2026?
Peut-être pas. Avant les élections, les partis s'obstinaient
sur ce que serait la question de l'urne. Celle sur laquelle il fallait mettre
tous les efforts.
Aujourd'hui, la première avenue est la réaction aux
adversaires. Les deuxième et troisième avenues sont : pas le choix
et urgence.
Rien pour définir un plan de société, vous me direz.
Vrai.
Mais, en même temps, est-ce qu'on souhaite vraiment autre
chose que quelque chose de facile à digérer basé sur des engagements promettant
de tout réparer sans nous déranger trop dans notre quotidien?
On a peut-être les élections qu'on mérite.
Si c'est le cas, il reste du temps pour déjouer le train qui
gronde de plus en plus et de s'informer sur les diverses plateformes des
partis. Deux liens en référence : https://ici.radio-canada.ca/info/2026/elections-quebec/comparateur-programmes-plateformes-partis/ ou https://www.ledevoir.com/interactif/2026-08-28/promesses-elections-quebec/index.html
Ça ne vous tente pas tant? Essayez ceci : dites-vous
que vous n'avez pas le choix et qu'il y a urgence...
En même temps, je me dis qu'on voit souvent les élections
comme le jour de l'An. On se dit que, comme ça, tout simplement, tout va
changer pour le mieux...
Clin d'œil de la semaine
Voter du bon bord était plus simple quand il y avait deux
bords... Là, il y en a pas mal plus!