Société Arts & culture Sports Chroniqueurs Concours Annonces Classées

  CHRONIQUEURS / Environnement

MONSIEUR CARNEY, SOYEZ SÉRIEUX !

 Imprimer   Envoyer 
Yves Nantel Par Yves Nantel
Mardi 1 septembre 2026

Pour juger des politiques gouvernementales en matière de lutte au réchauffement climatique, il faut bien comprendre la trajectoire proposée pour sortir des émissions de GES.

Avec l'accord de Paris sur le climat, en 2015, cette trajectoire a pris forme. Elle fut adoptée par 190 pays suite à un long processus et appuyée par les recherches de scientifiques du monde entier.

L'origine et la démarche

Le réchauffement du climat et les conséquences que nous subissons de plus en plus dramatiquement a débuté très récemment, à savoir il y a quelque 150 ans (1850 comme date approximative); ce qui correspond au début de l'ère industrielle.

C'est l'exploitation des combustibles fossiles qui en fut l'origine. On a commencé à extraire du sous-sol de notre planète des matières qui avaient pris de 150 à 300 millions d'années à se former : le charbon, puis le pétrole et enfin le gaz. Cette exploitation a créé un dôme, un effet de serre, au-dessus de la terre qui a réchauffé le climat au-delà de ce que la planète pouvait gérer. Ce stock de GES dans l'atmosphère a augmenté chaque année depuis.

Déjà en 1972, le Club de Rome, dans un document intitulé « Halte à la croissance », nous avertissait que notre modèle de développement n'était pas viable à long terme car notre planète n'était pas pourvue de ressources infinies.

Ce n'est qu'au sommet de la Terre à Rio, en 1992, que les pays se réunissent pour discuter du problème. Deux ans plus tard, ils s'engagent à le résoudre en adoptant la Convention cadre des Nations-unies sur le climat en 1994. Puis, les pays adoptent un processus d'application (protocole de Kyoto en 1997), finalement des engagements plus fermes sont acceptés : une stratégie et des étapes pour la réaliser (accord de Paris en 2015).

La trajectoire

D'abord, on précise comme objectif de revenir à un climat viable pour la planète, ce qui implique que la température ne doit pas augmenter de plus de 2 ℃, idéalement 1,5 ℃.

Puis, l'échéance pour y arriver est fixée à l'an 2100. Mais comme nous continuerons chaque année à faire grossir le stock de GES dans l'atmosphère, les scientifiques ont alors proposé une limite à laisser augmenter le stock : l'an 2050.

C'est à ce moment que l'on doit atteindre la carboneutralité. Cela signifie que l'on ne doit plus émettre de GES dans l'atmosphère. À la limite, si notre modèle de développement en émet encore, on devra les avoir annulés ou séquestrés avant qu'ils n'atteignent l'atmosphère. Et les pays doivent planifier des échéances et des cibles intermédiaires.

 À ce moment, nous aurons accumulé un stock maximum. Il restera 50 ans pour le réduire, non seulement ne pas l'augmenter mais le réduire au niveau de 1850 pour atteindre un niveau acceptable pour notre planète et ainsi pour nous les humains et toute la vie sur terre. Ce sera la partie la plus difficile, nous prévient-on.

 

À défaut de quoi, notre civilisation pourrait disparaitre ou du moins être amputée grandement. Les scientifiques se perdent en conjectures sur les scénarios possibles.

Où en sommes-nous ?

Au niveau mondial, les émissions de GES ont atteint en 2023, 50,2 milliards de tonnes, en hausse de 1,3 % par rapport à 2022. Le rapport du Programme des Nations-unies pour l'environnement (PNUE) rapporte que si nous ne donnons pas un coup de barre immédiatement nous subirons une hausse de température de 3,1 ℃ d'ici la fin du siècle.

Toujours en 2023, le Canada a émis 694 millions de tonnes de GES. Ces émissions sont constituées par 79 % de gaz carbonique, 16 % de méthane et 4 % d'oxyde nitreux. Après une baisse de 10 % par rapport à 2005, la diminution n'aura été que de 0,3 % en 2024 par rapport à 2023. Il faut réaliser que pour atteindre 50 % en 2030, il faudra réduire de 347 millions de tonnes nos émissions annuelles d'ici 4 ans. ??

Et que fait le gouvernement canadien ?

Depuis qu'il est au pouvoir, le gouvernement canadien a aboli la taxe carbone (taxe sur l'essence) pour les individus, a abandonné l'objectif prévu de réduire de 35 à 38% les émissions de l'exploitation pétrolière en 2030, a reporté le resserrement des émissions de méthane, a rejeté l'obligation de produire davantage de véhicules électriques, a assoupli l'utilisation du gaz naturel, etc.

Mais surtout il base le développement futur de notre économie sur la production et la vente des produits pétroliers en finançant, en grande partie, un pipeline de l'Alberta à l'océan Pacifique ainsi que les recherches sur la capture et le stockage du carbone. Les émissions de GES ne pourront qu'augmenter. Il faut oublier l'atteinte de la carboneutralité en 2050. Et ce, même si le secteur pétrolier et gazier représente 30 % des GES au Canada.

La prémisse des décisions de l'accord de Paris repose sur le fait que tous les pays, petits ou grands, doivent prendre les mesures nécessaires pour atteindre l'objectif de la carboneutralité en 2050.

Il en va de même pour les provinces à l'intérieur du Canada. En ce sens, à quand l'atteinte de la carboneutrlité de l'Alberta qui cumule a elle seule 38 % des GES du Canada et qui est la province qui émet le plus de GES par habitant ? Le pipeline à construire est une infrastructure prévue pour être en opération 40 à 50 ans.

Pas de bon augure, de plus en plus de scientifiques nous alertent sur le fait que les recherches antérieures ont sous-estimé l'accélération de la dégradation du climat. Ils nous exhortent à sortir plus rapidement des énergies fossiles. M. Carney, vous n'êtes pas sérieux. C'est désespérant.

Yves Nantel

Août 2026


  A LIRE AUSSI ...

Sherbrooke déploie une solution mobile pour la recharge des véhicules électriques

Lundi 31 août 2026
Sherbrooke déploie une solution mobile pour la recharge des véhicules électriques
Présence possible d'explosifs : intervention d’urgence sur le boulevard Bourque à Sherbrooke

Vendredi 28 août 2026
Présence possible d'explosifs : intervention d’urgence sur le boulevard Bourque à Sherbrooke
Le Mistral de Sherbrooke représentera le Québec au Championnat canadien 2026

Vendredi 28 août 2026
Le Mistral de Sherbrooke représentera le Québec au Championnat canadien 2026
NOS RECOMMANDATIONS
Des kilomètres pour soutenir Écoute Estrie

Mardi 25 août 2026
Des kilomètres pour soutenir Écoute Estrie
Repère santé Coaticook : trouver la bonne ressource au bon moment

Mardi 25 août 2026
Repère santé Coaticook : trouver la bonne ressource au bon moment
Des rabais chaque mardi au centre-ville de Sherbrooke

Vendredi 28 août 2026
Des rabais chaque mardi au centre-ville de Sherbrooke
PLUS... | CONSULTEZ LA SECTION COMPLÈTE...

 
Yves Nantel
Mardi, 1 septembre 2026
MONSIEUR CARNEY, SOYEZ SÉRIEUX !

Le caillou dans le soulier Par Daniel Nadeau Mercredi, 26 août 2026
Le caillou dans le soulier
Rentrée 2026 : vitesse, autobus, piétons… la police resserre la surveillance Par Martin Bossé Lundi, 24 août 2026
Rentrée 2026 : vitesse, autobus, piétons… la police resserre la surveillance
Présence possible d'explosifs : intervention d’urgence sur le boulevard Bourque à Sherbrooke Par Martin Bossé Vendredi, 28 août 2026
Présence possible d'explosifs : intervention d’urgence sur le boulevard Bourque à Sherbrooke
Des kilomètres pour soutenir Écoute Estrie Par Martin Bossé Mardi, 25 août 2026
Des kilomètres pour soutenir Écoute Estrie
Le Théâtre Granada dévoile sa programmation automne 2026 à Sherbrooke Par Martin Bossé Lundi, 24 août 2026
Le Théâtre Granada dévoile sa programmation automne 2026 à Sherbrooke
Repère santé Coaticook : trouver la bonne ressource au bon moment Par Martin Bossé Mardi, 25 août 2026
Repère santé Coaticook : trouver la bonne ressource au bon moment
ACHETEZ EstriePlus.com
bannières | concours | répertoire web | publireportage | texte de référencement | site web | vidéos | chroniqueur vedette
2026 © EstriePlus.com, tous droits réservés | Contactez-nous