En
médecine, les mots se terminant en ite désignent généralement une
réaction inflammatoire du corps à quelque chose d'indésirable. Un mécanisme de
défense contre un ennemi.
Notre
société a évacué plusieurs des rites liés de sa dynamique évolutive. Surtout
ceux qui avaient un lien avec la pratique religieuse catholique. Je pense aux
baptêmes, aux mariages et aux funérailles, etc.
Est-ce
que les rites de passages, dans une société, ont une valeur réelle? Et si oui,
pourquoi avons-nous rejeté en bonne partie ces rites?
Donc, je
me demande si le ite à la fin du mot rites est la réaction
inflammatoire d'un mécanisme de défense contre ce qu'on a identifié comme un
ennemi?
Je badine,
mais quand même...
C'est au
lendemain d'un mariage que je me pose cette question. Un événement heureux.
Très heureux. Une occasion de rassemblement plutôt rare de nos jours. Une
occasion de créer la rencontre, l'instant d'une journée, de l'univers familial
et amical de deux personnes qui décident de confirmer leur volonté de faire
équipe dans l'évolution de leur vie.
Les
rites désignent de façon globale les éléments-repères d'une société. Le rituel,
pour sa part, est l'expression ponctuelle de ces rites. On parlera des rites de
passage en général, alors qu'on désignera le rituel du mariage comme un élément
de ces rites, à titre d'exemple.
Des
rites initiatiques ont animé des sociétés complètes, peu importe l'endroit sur
la planète ou même peu importe l'époque. Tantôt touchants, tantôt barbares, mais
ils ont toujours existé.
En
société, les rites sont là pour marquer une appartenance à un groupe, un clan,
un peuple. Tantôt civil, tantôt religieux, le rituel vient marquer l'inclusion
et groupe et sert de rappel de mobilisation.
C'est
très pratique, les rites dans une société : la mobilisation dans des
actions évolutives communes facilite le contrôle du groupe.
Mais
sommes-nous plus pauvres, comme société, en 2026, parce que nos rituels sont presque
absents ou, au mieux, éparpillés?
J'ai été
baptisé, fait ma première communion, ma confirmation, participé à deux bals de
finissants (secondaire et collégial) et me suis marié. Il reste les
funérailles! Je n'y vois pas de grande urgence, bien franchement.
À la
réflexion, je crois que les rites et rituels deviennent simplement plus
personnels. Souvent discrets, ils surviennent dans les familles et les groupes
restreints.
Les fêtes
de bienvenue remplacent parfois le baptême. L'anniversaire des 16 ans ou 18 ans
reçoit parfois une attention particulière. Les bals de finissants prennent
souvent des allures démesurées tellement ils impliquent de dépenses et les
mariages vont de très intimes à gigantesques!
La
société québécoise a été tenue pendant des centaines d'années à des rites
religieux précis. La Révolution tranquille a marqué un changement de mœurs
majeur.
Mais
non, je ne crois pas que nous sommes plus pauvres. J'ai un souvenir très
mécanique de ma première communion et de ma confirmation. Rien de marquant.
Le
modèle était plus universel sous ce chapeau religieux uniforme.
Les deux
derniers mariages auxquels j'ai participé unissaient des gens de culture,
langue et religion différentes. Des moments ont été insérés pour saluer
l'ensemble des différences qui, l'espace d'une journée, au moins, se mariaient
pour le meilleur!
Mais n'y
avait-il pas ou pour le pire, quelque part, dans après le meilleur?
Oui.
Pour le
pire aurait été, à mon œil, qu'on essaie d'uniformiser ces différences de
vue dans un seul canal.
Des
moments et gestes variés et parsemés ont salué les différences en favorisant le
sentiment d'inclusion de chacun.
Quand on
ne se sent pas exclus, notre esprit est bien plus ouvert à la compréhension et
à l'acceptation des différences.
En
mariage comme en société, je dirais!
Clin
d'œil de la semaine
Si on se
retrouve mariés pour le pire, le meilleur est de se démarier...