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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Rites

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François Fouquet Par François Fouquet
Jeudi 27 août 2026

En médecine, les mots se terminant en ite désignent généralement une réaction inflammatoire du corps à quelque chose d'indésirable. Un mécanisme de défense contre un ennemi.

Notre société a évacué plusieurs des rites liés de sa dynamique évolutive. Surtout ceux qui avaient un lien avec la pratique religieuse catholique. Je pense aux baptêmes, aux mariages et aux funérailles, etc.

Est-ce que les rites de passages, dans une société, ont une valeur réelle? Et si oui, pourquoi avons-nous rejeté en bonne partie ces rites?

Donc, je me demande si le ite à la fin du mot rites est la réaction inflammatoire d'un mécanisme de défense contre ce qu'on a identifié comme un ennemi?

Je badine, mais quand même...

C'est au lendemain d'un mariage que je me pose cette question. Un événement heureux. Très heureux. Une occasion de rassemblement plutôt rare de nos jours. Une occasion de créer la rencontre, l'instant d'une journée, de l'univers familial et amical de deux personnes qui décident de confirmer leur volonté de faire équipe dans l'évolution de leur vie.

Les rites désignent de façon globale les éléments-repères d'une société. Le rituel, pour sa part, est l'expression ponctuelle de ces rites. On parlera des rites de passage en général, alors qu'on désignera le rituel du mariage comme un élément de ces rites, à titre d'exemple.

Des rites initiatiques ont animé des sociétés complètes, peu importe l'endroit sur la planète ou même peu importe l'époque. Tantôt touchants, tantôt barbares, mais ils ont toujours existé.

En société, les rites sont là pour marquer une appartenance à un groupe, un clan, un peuple. Tantôt civil, tantôt religieux, le rituel vient marquer l'inclusion et groupe et sert de rappel de mobilisation.

C'est très pratique, les rites dans une société : la mobilisation dans des actions évolutives communes facilite le contrôle du groupe.

Mais sommes-nous plus pauvres, comme société, en 2026, parce que nos rituels sont presque absents ou, au mieux, éparpillés?

 

J'ai été baptisé, fait ma première communion, ma confirmation, participé à deux bals de finissants (secondaire et collégial) et me suis marié. Il reste les funérailles! Je n'y vois pas de grande urgence, bien franchement.

À la réflexion, je crois que les rites et rituels deviennent simplement plus personnels. Souvent discrets, ils surviennent dans les familles et les groupes restreints.

Les fêtes de bienvenue remplacent parfois le baptême. L'anniversaire des 16 ans ou 18 ans reçoit parfois une attention particulière. Les bals de finissants prennent souvent des allures démesurées tellement ils impliquent de dépenses et les mariages vont de très intimes à gigantesques!

La société québécoise a été tenue pendant des centaines d'années à des rites religieux précis. La Révolution tranquille a marqué un changement de mœurs majeur.

Mais non, je ne crois pas que nous sommes plus pauvres. J'ai un souvenir très mécanique de ma première communion et de ma confirmation. Rien de marquant.

Le modèle était plus universel sous ce chapeau religieux uniforme.

Les deux derniers mariages auxquels j'ai participé unissaient des gens de culture, langue et religion différentes. Des moments ont été insérés pour saluer l'ensemble des différences qui, l'espace d'une journée, au moins, se mariaient pour le meilleur!

Mais n'y avait-il pas ou pour le pire, quelque part, dans après le meilleur?

Oui.

Pour le pire aurait été, à mon œil, qu'on essaie d'uniformiser ces différences de vue dans un seul canal.

Des moments et gestes variés et parsemés ont salué les différences en favorisant le sentiment d'inclusion de chacun.

Quand on ne se sent pas exclus, notre esprit est bien plus ouvert à la compréhension et à l'acceptation des différences.

En mariage comme en société, je dirais!

Clin d'œil de la semaine

Si on se retrouve mariés pour le pire, le meilleur est de se démarier...



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