Le faux est partout. Partout où il peut être visible.
Les réclames publicitaires, les vidéos pimpées par
l'intelligence artificielle, les nouvelles qui ne sont pas vraies, bref,
partout.
Le faux est propulsé dans notre champ de vision partout et tout le temps.
Un exemple : un statut Facebook qui livre un texte
touchant concernant Cole Caufield et sa blonde. Une photo accompagne le texte.
Ils rayonnent. Ils tiennent leurs jumeaux naissants. Caufield n'a visiblement
pas trop souffert de l'accouchement: il porte une casquette surmontée de ses
verres fumés. La maman est toute souriante.
La première question qui me vient en tête, c'est :
« c'est vrai, cette affaire-là? »
C'est un réflexe sain qui s'est installé en moi en
permanence. Je vous explique le cheminement de l'installation du radar à
menteries!
Je suis amateur de hockey. Comme les enjeux cruciaux génèrent
un stress disproportionné par rapport à l'enjeu réel de la chose dans la vie en
général, je me paie donc des pauses d'écoute pendant les matchs. Trop de stress
n'est pas sain, n'est-ce pas?
Cette situation fait en sorte qu'au lendemain de match, quand
je suis en zone sécuritaire par rapport au stress généré, je regarde les
reprises des jeux de la veille que j'ai manqués.
Les algorithmes ne me lâchent plus d'une semelle. Je suis
bombardé de statuts provenant de pages qui sont généralement aussi mal intentionnées
qu'informées.
Je me suis donc mis à faire des tests : je lis que le
sort de Gallagher est maintenant scellé avec une équipe et qu'il ne me reste
qu'à cliquer sur le lien du premier commentaire pour aller chercher la suite de
la nouvelle et le nom de l'équipe qui accueille Gallagher. Une fois sur le
lien, c'est toujours pareil, visiblement : une phrase du texte, une
annonce, la deuxième phrase, une autre annonce et ainsi de suite. À la fin,
l'équipe n'est pas nommée.
Un autre site publie la confirmation du départ de McDavid
d'Edmonton, de Matthews de Toronto, bref, ce genre de truc.
C'est là que je fais une vérification chez un tiers. Je sais
que RDS ne publiera pas n'importe quoi (je ne parle pas des opinions, mais des
faits!). Radio-Canada sports non plus. Il y en a d'autres.
Retour aux jumeaux...
Dans les faits, je ne trouve rien sur les jumeaux de
Caufield (ni sur le sort de Gallagher, McDavid ou Matthews). En plus, l'accouchement
des jumeaux a dû être difficile, parce que la fille sur la photo ne correspond
pas à la photo récente du couple. Autre truc, les médias traditionnels ne
parlent de rien, alors qu'ils ont parlé des jumeaux (réels!) de Jake Evans.
J'ai poussé les recherches sur les médias sociaux et ça part
dans tous les sens...
Je sais, tout ça est sans grandes conséquences.
C'est la mécanique installée qui est dangereuse. Je veux
dire que si c'est comme ça pour des broutilles, c'est comme ça aussi pour des
enjeux majeurs.
Si vous croyez toutes les vidéos d'animaux sauvages qui
viennent livrer leur rejeton à un humain pour le protéger d'un danger ou bien
si vous craquez pour une vidéo dite réelle mais qui semble surréaliste
tellement le scénario est scripté, le développement de votre radar à menteries
est à enclencher rapidement!
C'est un enjeu de société majeur.
En quittant l'animation du Téléjournal de Radio-Canada, Céline
Galipeau s'est prononcée sur l'importance d'une information vérifiée. Elle est très
consciente que la portée directe et réelle d'un bulletin télévisé diminue avec
les habitudes d'écoute qui changent et migrent vers les médias sociaux. Mais
elle invitait à la vérification de l'émetteur d'une vidéo. Le Téléjournal de
Radio-Canada est disponible sur Youtube, entre autres.
Mais encore là...
Si une vidéo truquée indique le logo de Radio-Canada ou de
TVA ou de RDS et que la nouvelle semble surprenante, prenez 30 secondes pour
aller directement sur le site du diffuseur. Si la nouvelle n'y est pas, c'est
du faux!
Nous évoluons dans une ère trouble. Certaines personnes ou
organisations tentent de manipuler les gens par l'émission de fausses
nouvelles. D'autres le font aussi, mais de façon à simplement générer des vues
pour attirer l'attention des logiciels qui placent les publicités là où se
trouve l'achalandage.
Dans tous les cas, c'est le citoyen qui perd.
Je me dis que si quelqu'un faisait une vidéo de moi ou d'un
de mes proches dans un contexte erroné et inventé, j'aimerais que les gens n'y
croient pas sans vérifier.
C'est plus lourd, j'en conviens, mais le recours à la double
vérification est de mise. Ou encore, on se limite aux médias qui répondent à
des critères de vérification formelle des cas. Et comme on sait que la principale source
d'information est maintenant les médias sociaux, il faut s'en préoccuper.
Après tout, on peut bien rire d'une vidéo d'un chat qui
chante, ce n'est pas grave. Mais quand une vidéo montre Mark Carney en train de
vanter, au nom du gouvernement, l'achat massif des cryptomonnaies, il y a lieu
de vérifier.
Une dame l'a appris à ses dépens, 30 000$ trop tard,
apprenait-on dernièrement...
Clin d'œil de la semaine
Clin d'œil avec une référence un peu lointaine, peut-être!
Ceux qui savent, savent!
Facebook est devenu l'équivalent des journaux jaunes du
temps.