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  ÉDUCATION / Éducation

Chantier de la création du Cégep : René Aubry se souvient

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Fondé en 1968 par décret ministériel, le Collège d'enseignement général et professionnel (Cégep) de Sherbrooke accueillait, lors de sa première rentrée scolaire le 4 septembre de la même année, pas moins de 1300 étudiantes et étudiants sur son campus.


Le Cégep de Sherbrooke en 1968.

À l'époque responsable des admissions, René Aubry se souvient très bien de la fondation du Cégep de Sherbrooke. Il rappelle que si, au départ, l'institution devait naître de la fusion de six écoles ou collèges de la région, dont l'école normale de l'Estrie, l'Institut de technologie de Sherbrooke, les différentes écoles d'infirmières de Sherbrooke, l'École d'aide sociale et plus encore, les plans ont été bouleversés lorsque le Séminaire de Sherbrooke, qui était à l'époque une école classique, s'est retiré de l'équation : « Le Séminaire devait faire partie de la fusion, mais le conseil d'administration a décidé de se retirer au dernier moment. Puisque les collèges classiques étaient à la base de la création des cégeps, l'ouverture du Cégep de Sherbrooke a dû être retardée d'un an », ajoute monsieur Aubry.

Un joueur de dernière minute
En plus de devoir organiser la première rentrée des étudiants et des étudiantes, le personnel du Cégep a dû composer avec un autre défi de taille : l'ouverture d'un campus à Granby. « À seulement quelques semaines de la rentrée, nous avons obtenu le mandat de créer un établissement collégial affilié au Cégep de Sherbrooke. Nous avons donc dû instaurer l'enseignement collégial à Granby en moins de deux semaines. Ç'a été une opération éclair qui a définitivement surchargé l'équipe qui travaillait à l'ouverture du campus de Sherbrooke. Heureusement, la polyvalente de Granby a collaboré à l'ouverture de ce nouveau campus », confie-t-il.


Construction du pavillon 2 en 1969.

De beaux défis à surmonter
L'ouverture du Cégep de Sherbrooke fut synonyme de défis tant pour les fondateurs de l'établissement que pour toute la communauté collégiale. Il a fallu entre autres composer le corps professoral du Cégep, une phase primordiale selon monsieur Aubry. Professeurs universitaires, nouveaux diplômés, enseignantes et enseignants venant des différentes institutions de la région ont soumis leur candidature pour enseigner dans le nouvel établissement. « Le comité de sélection a engagé des gens de toutes les institutions, ce qui a permis au Cégep d'avoir un corps professoral assez jeune. En plus d'avoir l'expertise requise, le Cégep de Sherbrooke pouvait compter sur un dynamisme unique de la part de ses enseignants », ajoute René Aubry.

Un autre projet d'envergure attendait le personnel du Cégep : le processus d'admission des étudiantes et des étudiants. « En plus de l'admission des nouveaux étudiants, nous devions approuver plusieurs transferts, puisque certains d'entre eux étaient déjà en formation dans d'autres établissements », ajoute celui qui a agi à titre de directeur des études de 1977 à 1989. Ainsi, le Cégep de Sherbrooke a accueilli plus de 1300 étudiantes et étudiants lors de sa première rentrée, nombre qui a doublé en moins de deux ans et qui a atteint 5500 une vingtaine d'années plus tard.

Le travail était loin d'être terminé : avant d'accueillir la population étudiante, il fallait évidemment préparer les cours. La nouveauté qu'offrait le Cégep était de joindre l'enseignement général et l'enseignement spécifique ou technique. Les étudiants devaient donc réussir 12 cours de base communs (quatre cours de français, de philosophie et d'éducation physique) et choisir une concentration ou un champ de spécialisation. Pour intégrer cette nouveauté, le personnel enseignant a dû préparer des cours assez rapidement et faire preuve de créativité pour enseigner la matière : « Les professeurs avaient beaucoup de liberté pour monter leurs cours. Ils devaient s'assurer de livrer le contenu, mais ils pouvaient le faire de la manière dont ils voulaient », conclut monsieur Aubry.

Somme toute, si l'ouverture du Cégep de Sherbrooke a été un processus parsemé de défis, il n'en reste pas moins aujourd'hui, 50 ans plus tard, un établissement reconnu dans sa région et au-delà.


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