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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Avant, arrière, V.U.S, fraises et Ricardo…

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François Fouquet - Deux mots à vous dire Par François Fouquet - Deux mots à vous dire
Lundi 17 juillet 2023

Crédit photo: Depositphotos.com

Un proche me racontait l'immersion qu'il a vécue en Louisiane il y a un an ou deux. Un monde de sensations!

Musicalement, d'abord. Cette impression de pouvoir toucher, littéralement, aux racines mêmes de ce son qui semble branché sur quelque chose de profondément ancré en soi et qu'on ignore souvent.  

L'âme, diront certains. Possible!

Tout le long du parcours louisianais, il s'est senti transporté par une sorte d'ambiance feutrée et chaude.

Il faut dire qu'ici, chaude est un euphémisme dans le contexte du temps qu'il faisait! La température qui va au-dessus des 40 degrés et une humidité qui enveloppe comme ces couvertures si lourdes qui nous recouvrent au moment de subir une radiographie!

Chaleur et moiteur sont deux éléments qui atteignent et neutralisent certains réflexes de base, visiblement.  

Ainsi, ce n'est qu'une fois revenu qu'il a reclassé certaines sensations ressenties. À rebours, l'une d'elles l'a troublé. Dans le sauna à ciel ouvert que deviennent ces journées ensoleillées, voilà qu'une légèreté se faisait sentir en déambulant sur une grande artère commerciale.

Déguisée en appât pour attirer les pas du client vers la porte des commerces, une fraîcheur bienfaisante se répandait. Le principe? Aussi boboche que cela : on ouvre toutes grandes les portes et on pousse la climatisation au maximum à l'intérieur, dirigeant ainsi une masse d'air frais dehors. Simple comme bonjour! Et la colonie des commerces contigus crée une allée subitement bienfaisante.

Sur quelques kilomètres, me disait-il.

Des membres du personnel des commerces vont jusqu'à porter des doudounes matelassées tellement c'était frais à l'intérieur.

Dire que, quand j'étais (beaucoup) plus jeune, ma mère nous disait de fermer rapidement la porte extérieure de la maison l'hiver pour éviter de « chauffer le dehors... »!

Voilà que là, on climatise le dehors!

Des fausses bonnes idées...

À force de naviguer dans nos vies en priorisant notre confort tout personnel, on finit par perdre la perspective de ce qui est logique, décent et constructif pour l'environnement qui est le nôtre. 

Les immenses voitures qui ont meublé les années 1970 ont cédé le pas, coût du pétrole oblige, à une marée de bien plus petites voitures. Et on s'est somme toute bien accommodés de la situation. On a même pu redéfinir les espaces de stationnement de façon plus étroite! Voilà qu'il faudra tout refaire, je crois, puisqu'il n'y a plus que des VUS sur la route! Et ils prennent du volume chaque année! Tout ça parce que les moteurs consomment moins d'essence. Donc, si mon gros VUS consomme la même quantité d'essence que ma voiture plus petite, pourquoi me priverais-je? Je suis frappé de ne voir que des annonces de VUS partout, tout autour!

On ne s'aperçoit pas trop non plus du fait que nous sommes un des seuls endroits au monde où il y a une pluie de piscines derrière les résidences. On ne conteste surtout pas le fait qu'on alimente en énergie un climatiseur pour la maison et un chauffe-eau de piscine simultanément!

Tout comme on ne réalise pas vraiment le trajet à franchir et l'emballage nécessaire pour obtenir livraison, à l'intérieur de 24h, d'un  « essentiel et vital » produit quelconque.

Pareil pour cette conscience disparue en nous de consommer ce qui est local et de saison. Le hic, c'est que quand Ricardo prescrit des fraises fraîches pour une recette qu'on décide de faire en février, il n'y a pas de fraises fraîches locales. Alors, on se rabat sur des produits importés. En ne se demandant surtout pas si c'est normal ou non.

Reconnaître l'avant de l'arrière

Je reviens à l'exemple de la Louisiane. Pour offrir une brise bienfaitrice aux passants devant les boutiques, les climatiseurs déploient une quantité phénoménale d'énergie. Contre toute logique, on abaisse un peu la température à l'avant du bâtiment grimpant intensivement celle d'en arrière.

Cette chronique ne fait pas de morale. Elle constate. Elle constate des choses que j'ai le réflexe de faire moi-même, sans réfléchir.

Elle constate surtout que le combat pour un environnement plus sain est d'abord entre nous et nous-mêmes! 

Cette chronique est donc une réponse faite à moi-même à une question que je me pose de plus en plus : mais qu'est-ce que je peux faire pour aider les choses?

La première chose est de comprendre et accepter qu'il y a un « avant et un arrière » à tous nos gestes d'achats et de comportements en société.

La deuxième est d'accepter que mon sacro-saint droit à ce que je considère comme nécessaire pour mon confort personnel m'aveugle souvent et me déconcentre de l'enjeu des conséquences de mes gestes.

Bon. À moi de jouer. Je vais déjà essayer de conjuguer ces deux premiers éléments...

N'hésitez pas à essayer aussi. La force du nombre demeure la plus grande.

 

Clin d'œil de la semaine

Passer de « oui, mais moi » à « oui, mais nous » développe une essentielle vision périphérique!



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