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  LE PAPOTIN / Chronique historique

Histoire du Main Central (troisième partie)


par Jacques Robert
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Mercredi le 1 avril 2015      

Dans le dernier Papotin, nous avons vu les entrepreneurs chargés de la construction du chemin de fer The Hereford Railway Company (le futur Main Central) quitter le pays avec la paye des ouvriers italiens. Ces derniers ne tardèrent pas à se révolter ...

TROISIÈME PARTIE

En guise de protestation, ils entreprirent le démantèlement de la voie ferrée qu'ils venaient de construire, détruisant tout sur leur passage (les propriétés privées, les outils de la Compagnie) et s'en prirent aux colons qui tentaient de les arrêter. L'excitation monta de jour en jour puis finalement un groupe d'Italiens occupa le village de Sawyerville. Partout dans la région immédiate, les gens étaient confrontés à des méfaits de toutes sortes. On rapportait même des cas d'atrocités et de meurtres envers certains travailleurs de la Compagnie ... Des canulars peut-être?

Toujours est-il que, le 25 septembre 1888, les citoyens firent appel aux autorités militaires. Dix compagnies de la Milice de Sa Majesté du 58e Bataillon de Bury furent  transportées dans la région dévastée pour soutenir la cavalerie de Cookshire. Les troupes patrouillèrent la ligne de ce village vers le sud repoussant ainsi les terroristes dans un cul-de-sac, vers le 3 octobre.  Le lieutenant-colonel F.M. Pope se plaça face aux assaillants et fit lecture de l'acte d'émeute. Un des ouvriers fit l'interprète pour ses compatriotes.  Il demanda aux grévistes de se disperser dans l'ordre, ce qu'ils ne firent pas. « Vous avez dix minutes pour quitter les lieux sinon je donnerai l'ordre à mes troupes de tirer » ... fut la réplique du bouillant officier.  Les Italiens se dispersèrent finalement petit à petit[1].

M. Mariotti, consul italien de Montréal, arriva sur les lieux avec un conseiller légal, dans le but de protéger ses compatriotes.

Ce qui suit a été tiré textuellement d'un article du journal Le Pionnier de Sherbrooke daté du 6 décembre 1888 : « ... l'intervention de M. Mariotti et ses pourparlers avec les chefs des grévistes amenèrent un arrangement avec la Compagnie. En vertu de cet arrangement, ces chefs devaient travailler avec leurs hommes à l'entreprise à tant la verge et s'ils accomplissaient leur engagement dans le temps voulu,  la Compagnie s'obligeait à payer aux hommes ce qui leur était dû pour salaire gagné durant les premiers 15 jours de septembre. Dans l'arrangement, la Compagnie déclarait ne pas se reconnaître responsable pour ce salaire de Septembre, mais faire cette concession pour activer davantage l'exécution des travaux. Quatre des chefs italiens signèrent des arrangements de cette nature et ce avec l'entière satisfaction de M. Mariotti.  Environ 125 hommes se trouvèrent concernés dans cet arrangement. Ils se mirent à l'œuvre et furent depuis bien et dûment payés par la Compagnie tel que convenu ». Vers le 29 septembre la Compagnie envoya un agent sur toute la ligne pour notifier tout le monde qu'à partir de cette date elle reprenait les travaux et paierait elle-même tous les comptes dus à l'avenir ».

Les travaux reprirent de plus bel. Malgré les pluies persistantes, la neige, la boue et le gel durant tout l'automne, cinq cent hommes travaillèrent au parachèvement de la voie. Le 6 janvier 1889, la ligne de  la ''Hereford Railway Company'' reliait finalement Cookshire à Beecher Falls au Vermont où elle faisait jonction avec la ''Main Central Railway Company'' et plusieurs autres lignes américaines[2].

Le 17 janvier 1889, la Cookshire Mill Company[3] devenait la première cliente de la Compagnie. Plusieurs wagons transportant du bois de construction prirent le chemin des États-Unis.

Le 14 mai 1889, l'ambitieuse petite compagnie entreprend finalement la construction du dernier tronçon du Hereford Railway Co. devant relier Cookshire à Dudswell et faire jonction avec le Québec Central à Bishop's Crossing. Les travaux se déroulent dans les marécages et à la pluie battante. Durant l'été, elle termine la construction de deux ponts,  l'un sur la rivière Saint-François[4] et l'autre sur la rivière Eaton à Cookshire. Voici ce qu'en dit le journal Le Pionnier le 4 juillet 1889 : « Nous (les gens de Dudswell) serons bientôt en communication directe avec Cookshire, par l'embranchement du chemin de fer de Hereford Railway Company, qui fait jonction avec le Québec Central. » Les travaux sont poussés avec activité: environ 500 hommes sont occupés au parachèvement de cette ligne. Sans les pluies persistantes que nous avons eues ce printemps, ce chemin aurait probablement été livré au trafic vers le 15 juillet courant. »

Grand changement dans l'exploitation de la chaux à Dudswell

À cette époque, deux compagnies exploitaient la chaux à Dudswell. Deux lignes de chemin de fer étaient utilisées pour le transport de la chaux produite :

  • la ligne entre Dudswell Jonction sur le Québec Central et les vieux fours, (Ces fours avaient été construits vers 1860 par la compagnie Dominion Lime Ltd qui exploitait une carrière près des vieux fours),
  • et la ligne entre la station de Marbleton et Lime Ridge construite en 1876 par le Québec Central et la Sherbrooke & Dudswell Lime, Marble and Trading Company, installée sur le site actuel de Graymont.

Le 2 avril 1890, il y a fusion entre ces deux compagnies. La nouvelle compagnie fonctionnera désormais sous le nom de The Dominion Lime Company [5].

À partir de ce moment là, elle sera la seule à exploiter la chaux à Dudswell. Les nouveaux administrateurs sont l'Hon. J.G. Robertson, William B. Ives[6], Francis Buck, Thomas J. Tuck de Sherbrooke, Rufus Pope de Cookshire, l'Hon. Frank Jones et plusieurs autres des États-Unis.  Fait à souligner, William Angus est écarté de la nouvelle compagnie.

La Cie Hereford Railway Company avait pour mandat de réaménager la petite ligne entre Dudswell Jonction, les vieux fours et Lime Ridge. À l'été 1889, elle entreprit la construction d'un embranchement entre les vieux fours et Lime Ridge[7] (voir la carte à la fin). Les promoteurs de la Hereford avaient dans leurs cartons le projet de continuer cette ligne de Lime Ridge vers Danville rejoignant ainsi le Grand Tronc qui reliait Richmond à Lévis. Une autre direction était également étudiée, celle de continuer la voie ferrée vers Ives, Erle et Ham Sud, petits villages situés sur le chemin Gosford.

Avant l'arrivée de la neige de l'hiver 1889-90, une ligne de télégraphe était complétée le long de la voie ferrée qui permettait aux gens de Dudswell de communiquer  rapidement avec leurs familles, n'importe où au Canada, aux États-Unis et dans le monde entier.

En 1890, une magnifique gare de correspondance était aussi en construction à Dudswell à l'intersection du Québec Central. L'endroit reçut le nom de Dudswell JonctionRapidement, un petit village se développa tout autour de la gare.

À la même époque, la Compagnie Québec Central procéda au démantèlement du chemin de fer reliant la station de Marbleton à Lime Ridge, voie devenue inutilisée.



[1] History of Compton County

[2] Glimpses into the past, Miss Bertha-Maud-Maria Weston-Price

[3] Glimpses into the Past,  Bertha Maud Maria Weston-Price. Cette compagnie appartenait à William B. Ives.

[4] Les piliers de ce pont sont encore existants dans la rivière Saint-François entre Bishopton et le barrage de Westbury.

[5] Cette compagnie changera de nom à plusieurs reprises pour prendre finalement le nom de Graymont.

[6] William B. Ives était également un des promoteurs et actuel président du Hereford Railway Company, le futur Main Central. Il était également député de Richmond-Wolfe à la Chambre des Communes.

[7] Aujoud'hui, le chemin du Roi suit le parcourt de cette section de voie ferrée.


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