Publié plus tôt dans Rue Frontenac. Prenez l'habitude de visiter le site de ce quotidien en ligne. Sauf les miens, cela va de soi, les articles y sont de qualité.
Lundi prochain, le convalescent Steve Jobs dirigera le trafic sur la scène du centre Moscone de San Francisco pour présenter aux développeurs réunis à l'occasion du Apple's Worldwide Developer Conference, la version 10.7 du système d'exploitation (SE) Mac OS X, la version 5 du iOS, le SE derrière les iPhones/iPad/iPod touch, ainsi qu'une nouveauté, le iCloud.
Dans le tas des iBuzzwords particuliers à Apple, les iPhoto, iMovie, iWeb et iDVD (c'-à-d. iLife), ainsi que les iWork, iBook, iMac, iPhone, iPad, iPod, iOS, sans oublier ceux de l'associé Intel, le i3, i5 ou i7, ou encore ceux des partenaires, les iStopMotion, iBank, iMeeting, iCleaning, iDoc et autres iFlip, voici maintenant iCloud. Tadam !
Comme son nom l'indique, iCloud signifie « moi » dans le « Nuage », une offre de service infonuagique (1) où Apple ne fait que se conformer à la tendance générale. Car en 2011, hors du Nuage, point de salut ! Les lemmings se sont faits poètes; ils ne se jettent plus massivement en bas d'un précipice, ils montent en cœur vers l'azur décoré de ouate. En fait, on a beau être pour ou contre ce genre d'informatique, il n'y a rien à faire, tous les marqueurs de piste pointent en cette direction et il faut désormais s'y conformer.
Est-ce dire que les iDonnées de iMoi, de mes iCousins et de ma iBelle-mère vont être stockées sur le iCloud pour être traitées par des iApplications appartenant à iJobs ? Oui et non ! Ça va aller plus loin que cela.
On se souvient d'une emplette récente d'Apple (le 27 avril dernier), soit le nom de domaine iCLoud qui appartenait à la société suédoise Linkoping, une boîte qui se spécialise dans le stockage infonuagique. Il en a coûté 4,5 M$US à Apple pour l'acheter et pour convaincre Linkoping de continuer son service avec la patronyme de CloudMe. On se souvient également de l'achat, il y a deux ans, de Lala.com, un système de lecture en transit (streaming) musical.
Grâce à ce magasinage, iCloud offrira aux mélomanes la jouissance de leur musique sans avoir à télécharger (download) ou téléverser (upload) quoi que ce soit. Non seulement leurs pièces seront stockées sur le Nuage, mais c'est de là qu'elles se prêteront à chaque écoute. La beauté, c'est que contrairement aux services concurrentiels, p. ex. ceux d'Amazon ou de Google, les usagers n'auront pas à téléverser les pièces stockées dans iTunes, le logiciel Apple de gestion musicale. C'est ce très fastidieux téléversement préalable (plus il y a de pièces, plus c'est long) qui permet auxdits Amazon et Google de savoir que l'usager dispose ou ne dispose pas de telle ou telle pièces, qu'il a le droit de l'écouter à partir du Nuage, ou qu'il faut le facturer pour qu'il puisse le faire.
En accord avec les grands distributeurs de musique, Apple procédera autrement. Ce n'est qu'une empreinte de chaque pièce présente qui s'en ira dans le système de gestion infonuagique. Dès lors, ce ne seront pas les versions stockées dans l'ordi de l'usager qui seront entendues, mais les originales, celles qu'Apple aura placées dans le iCloud. On aura beau avoir une copie médiocre de la 5e de Beethoven, ce sera celle quasi parfaite d'Apple qu'on entendra. Gratos ! Quant aux nouvelles pièces, le système transactionnel propre au iTunes Store s'en occupera vraisemblablement; on connaîtra les détails lundi prochain.
Ce n'est pas un service d'abonnement comme celui que Microsoft offre aux Américains propriétaires du baladeur Zune. Ces usagers ne peuvent plus écouter de musique s'ils cessent de fournir leur écot mensuel. Dans le cas du iCloud, il semble prévu que les mélomanes puissent, en tout temps écouter les pièces qu'ils possèdent déjà.
On ignore pour l'instant à combien ce nouveau service sera offert et quels petits avantages l'accompagneront. On parle, par exemple, d'une centaine de gigs d'espace de stockage gratuit. On parle également d'une refonte de tout le bazar Mobile.Me. On verra bien assez tôt.
iQue j'ai hâte !
(1) Pour ceux qui ne comprennent pas ce mot, voici une brève explication. Les mots « Nuage » et « infonuagique » proviennent d'une analogie longtemps utilisée en télécommunications. C‘est que les données ont beau circuler localement sur un fil ou dans un câble, vient un temps où, pour voyager, elles sont pompées vers des satellites, ou bombardées de soucoupe ne soucoupe, etc. Bref, elles naviguent une bonne partie de leur temps « dans les airs ». Comme des ondes !
Par exemple, une entreprise installe un parc de serveurs (méga pièces climatisées pleines de gros ordis agissant en serveurs) dans la région de San Francisco et en donne l'accès à ses clients dont des entreprises de Montréal. Celles-ci y placent leurs trucs importants (archives, données, films, musique, etc.) et y accèdent quand elles le veulent. La magie des télécoms fait que `personne ne se rend compte que l'on est à cheval entre Montréal et San Francisco tellement c'est rapide. L'avantage pour les clients, c'est qu'ils n'ont pas à entretenir de serveurs avec tout ce que cela implique.
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Nelson Dumais - www.nelsondumais.com